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Archive de la catégorie Journal de la France de pendant par François F. soumis

Votez beige ! Journal de la France de pendant par François F. soumis. 1/1 by Lofti Benayak

Votez beige !

Journal de la France de pendant par François F.soumis

1/1 by Lofti Benayak

Je venais de recevoir mon carnet de notes, j’avais pris dix points d’un coup Pineulope me chouchoutait en me coiffant le soir avant de me coucher (elle passe son temps à me coiffer et me recoiffer ! Cette obsession qu’elle a de ma raie ça doit vouloir dire quelque chose ?) :

-Je t’avais bien dit que quand tu voulais tu pouvais être la meilleur. Tu n’as pas oublié tes affaires d’état, tu as bien fait tous tes devoirs de gouvernement pour demain!

J’imaginais la tête qu’allait faire mon maître cyclopéen, lui il était stable dans les sondages, mais avec déjà les deux pieds dans l’eau, il était persuadé que c’était pas le pont supérieur qui descendait mais le niveau de l’eau qui montait à cause du réchauffement qu’on cause à la tévé.

Enfin je commençais à croire à ma chance, j’allais les avoir à l’écoeurement, voter pour moi c’était presque voter blanc mettons beige, le truc pas douloureux ni dangereux, le coup pour rien, la Pinouillette (comme ça que m’appelle Roselyne ma seule copine au gouvernement !) il la tenait sa revanche comme disait mon idole le regretté Alain Poher: « Je vais tous les niquer ces batards-lo! ».

Et pendant ce temps mon futur ex maître regrettable ne voyait rien venir, il était tout heureux, BBO (Barack Bomber Obama) l’avait invité à son anniversaire, enfin le lendemain parce que le jour même il recevait que ses amis, mais il pouvait venir le lendemain si sa mère voulait bien. Il m’a espliqué :

-Tu comprends les américains sont contents c’est la première fois qu’ils envahissent et occupent un pays sans avoir eu besoin de le bombarder, vrai ils ont pas eu de frais quand on sait ce que coûte le moindre nappage démocratique et libérateur en deux couches dressées gros au phosphore blanc sûr ça va leur faire faire des économies c’est comme une partie gratuite si tu veux, c’est bien simple ça leur économise une guerre et c’est important pour BBO surtout qu’il est un peu à court en ce moment rayon Tomawaks il en a tellement balancé sur les civils pakistanais et yéménites pour fêter son prix Nobel de la paix qu’ils sont en rupture, il vont pouvoir attaquer les Nouvelles Hébrides ou le Guatemala dés qu’ils sauront où c’est et qu’il les auront repérés sur une carte.

Pineulope a fini de me coiffer et elle m’a dit :

-Allez puisque tu as eu de bonnes notes, tu peux regarder le télévision ce soir.

D’habitude on regarde jamais TF1, ce doit être la même chose pour les types qui gavent les oies, ils bouffent pas de foie gras, là c’est pareil sauf que c’est les cons qu’on gave, et forcément quand on sait comment c’est fait, eh ben ça coupe l’appétit, mais ce soir-là je sais pas pourquoi, sans doute parce que j’aime souffrir, on s’est retrouvé sur l’émission spécial avec Laurence Dacia et Jean-Pierre Perniflard et alors là le choc, la révélation.

Avec Pineulope on a été ému, enfin elle pas tellement mais moi beaucoup, j’étais comme les autres et j’avais pensé jusque là que mon maître redouté n’était qu’une saloperie d’arriviste surbaissé préparé à toutes les compromissions et apte à toutes les bassesses et putasseries et il nous est apparu un saint homme, capable de miracles, il pouvait marcher sur le peuple sans y tomber et se noyer dedans.

Oui comme tout le monde j’avais découvert la vraie nature de mon maître incommensurable, un humain plein de compassion et d’humilité qui soulageait de sa main l’incontinent et rendait la joie de vivre au chômeur clochardisé et rayé des listes.

Quand je suis arrivé le lendemain à l’Élysée vrai j’étais encore tout impressionné de ce que j’avais vu :

Il est venu à moi les mains jointes, j’ai bredouillé :

-Oh ton émission… oh c’était beau comme le retable qu’il y a au-dessus du maître autel à la Cathédrale Sainte Blenneaux de Pathétique-sur-Navrant

-Ah oui et ça représente ?

-Sainte Ségolène branlant l’handicapé moteur sur le plateau d’Arlette Chabot. Oh vrai je t’ai découvert, excuse-moi…

Et je suis tombé en pleurs à ces genoux, je m’y suis même vautré abondamment, délicieusement, voluptueusement.

Il m’a tendu les mains et derrière lui ça rayonnait de partout, j’en prenais plein les mirettes :

-Relève-toi ami … ainsi homme de peu de foi tu as donc douté de moi, il est vrai que ton esprit était livré tout entier aux apparences… tu ne pouvais pas savoir que quand je me rendais au Fouquet’s c’était seulement pour apporter un peu d’humaine tendresse à la dame pipi qui a eu bien des malheurs. Et sur le yacht de Bolloré que de marins philippins, galériens des temps modernes, j’ai soulagé de peines, de paroles tues et de douleurs cachés. Ils se sont confiés à moi, et nous avons parlé comme l’autre soir avec les gardés à vue…

-Quels gardés à vue ?

-Eh bien les gardés à vue de TF1, ceux qui étaient sur le plateau.

-Ah parce qu’ils étaient en garde à vue ?

-Ben oui comme tout le monde.

-Et les journalistes ?

-Eux aussi c’est plus démocratique et comme ça on est sûr de pas être emmerdé. Mais ami tu voulais me parler.

-Ben oui j’ai apporté mon dernier plan d’action, le 74 bis corrigé 110b pour arrêter la paupérisation accélérée des classes moyennes.

J’en étais assez fier il faut dire que pour le rédiger j’avais utilisé que mon double décimètre, mon stylo quatre couleurs et des idées simples, d’ailleurs je crois pas qu’il y en ait de compliquées, en tout cas j’en ai jamais croisées personnellement en quarante années de vie politique. Comme disait le grand Alain Poher: « il faut faire simple et con, c’est ça qui plait à l’électeur! »

Il s’est assis sur une chaise toute droite, il était dépouillé et vibrait intérieurement, il avait tourné quasi janséniste:

-Marche je t’écoute Ami .

-Première mesure: hausse des salaires nominaux de 30 %… obligation faite au patronat de…

-Oui… oui… non je t’arrête ami… nous allons suivre les recommandations de soeur Christine des Finances plutôt que les tiennes.

Il avait retrouvé son petit sourire de gamin vicieux pour m’annoncer ça et là j’ai compris qu’une fois encore il s’était foutu de notre gueule… et j’ai joui.

-Et quelles sont-elles ces recommandations s’il te plaît !

Je lui ai répondu un peu sec, vrai j’étais remonté d’un coup.

-D’abord développer le pouvoir d’achat, permettre aux gens d’acheter (le dimanche de préférence) les chaussures ou les gants à l’unité plutôt que par paire, c’est trop souvent une dépense superflue, parce que c’est bien connu le pied droit s’use toujours plus vite que le gauche, ensuite mettre sur le marché des succédanés bon marché, qui a vraiment besoin de manger des pâtes aux oeufs quand on peut en consommer d’excellentes à la sciure. Le poisson pané, sans poisson, de toutes les façons c’est la panure que les mômes adorent et la confiture d’ersatz sans sucre ajouté c’est tellement meilleur pour la santé… il y en a comme ça des pages et des pages, de recommandations et d’idées astucieuses je sais pas où elle va chercher tout ça, elle me dit que c’est en observant sa bonne, c’est incroyable ce que ces gens-là peuvent jeter, enfin bref toute une série de mesures de bon sens et pas coûteuses… ah il y en a une qui te concerne, elle a compté les cheminées de Matignon, il y en a 113, à partir de maintenant tu te chaufferas au bois, c’est une énergie renouvelable et écologiquement neutre, de toutes les façons je t’ai fait couper le gaz, non… non ne me remercie pas Ami et casse-toi en paix.

Et s’il était con ! Journal de la France de pendant par François F. soumis by Lofti Benayak 1/1

Et s’il était con?

Journal de la France de pendant par François F. soumis.

Lofti Benayak 1/1

L’interrogation s’est lôgée dans ma tête pendant le “sommet mondial du réchauffement qu’on cause à la tévé”, à Copenhague moi j’y étais pas, déjà ça me tentait pas trop les pays nordiques en cette saison, je préférais me reposer chez moi à Pathétique-sur-Navrant, et puis Pineulope veut pas que je voyage en avion, et mon maître admiré depuis quelque temps m’a coupé les crédits et pour les voyages officiels il me donne plus que des tickets de bus ou de métro, pour Copenhague j’avais calculé, il me fallait 96 carnets et j’étais obligé de changer 187 fois. La dernière fois pour aller au Brésil il m’avait fallu 3897 carnets… et encore je m’étais retrouvé en Bolivie, dire si j’appréhende mon prochain voyage officiel en Chine, je prends Mairie d’Issy je change à la gare de Vladivostok rive-gauche puis Irkoutsk Chantiers mais après je sais pas si je sors à Bé-Kong-les-Lotus ou directement Place Tien-An-Men. Quand même qu’est-ce qu’il me fait pas faire!

Bon de temps en temps il faut se reposer aussi, penser à soi, la France ça va un peu… quand même il avait été dur avec moi:

-Tu comprends c’est un truc pour les grands… de la planète. Comme d’autres causent “couture ou chiffons” nous on va y causer “planète”, aérophagie bovine et jus de betteraves, t’y comprendrais rien, il faut être un visionnaire comme moi, mon horizon c’est le prochain millénaire toi c’est le bout de tes pompes, allez j’y vais, je te laisse la Roselyne elle me gonfle trop avec sa grippe du peigne-cul et puisque vous êtes “pays” vous avez qu’à aller inaugurer des vieux ensemble dans votre coin.

D’un autre côté ça tombait bien j’avais justement à inaugurer une maison de retraite à Noisillons-Les-Gommeux tout près de Pathétique-Sur-Navrant, j’ai appelé Roselyne:

-… on peut vacciner dans ton bled? Elle m’a demandé.

-Béh oui, comme partout.

-Et il y a beaucoup de vieux?

-Ah ben y a que ça!

-Super y a pas plus collabo que les vieux, on va en passer un max de doses, j’arrive Pinouillette.

-M’appelle pas comme ça, Pineulope elle aime pas.

“Pinouillette” c’était un surnom que Roselyne m’avait donné après m’avoir dépucelé dans la salle paroissiale de Pathétique-Sur-Navrant.

A peine arrivé chez moi, en TGV on y est en même pas 17 heures, voilà le téléphone qui sonne, c’est mon maître considérable, il est tout content parce que pour son petit Noël, Obama son chef vient de lui offrir, une laisse toute neuve et maîtresse Angela lui a acheté le collier à clous qui va avec:

Comme on s’inquiète d’un membre de la famille qu’on a jamais vu mais qu’on sait pas bien vaillant j’uis demande des nouvelles du “Réchauffement”:

-Tout va bien ça continue mais qu’est-ce qu’on se les caille, et ces enfoirés de la météo qui avaient prévu du grand beau temps ensoleillé sur Copenhague, bon je te quitte j’ai une réunion d’experts avec Nicolas Mulot et Laurence Lamborghini.

Là que je me suis demandé s’il méritait bien sa panoplie d’homme d’état que je lui avais acheté pour Noël, ça taillait peut-être un peu large pour lui, l’essentiel de sa morale politique pesait pas plus lourd qu’un numéro de Paris-Match bien retouché et quant à sa pensée de visionnaire de comptoir ça se résumait aux titres du journal de vingt heures. Un homme d’état ça bêle pas de concert avec les cons, il me semble non?

Je vais pour prendre mon petit-déjeuner quand débarquent dans la cuisine (on bouffe dans la cuisine de la Préfecture, pasque Pineulope elle préfère que je fasse des miettes chez le préfet que chez elle!) la Roselyne avec deux types en blouse blanche et seringue à la main:

-Bon on y va!

Je reste coi ma tartine beurrée levée haut à la main, (c’est Pineulope qui me les beurre, et comme c’est le beurre au préfet elle y va large, pas comme à la maison, et pareil pour la confiture, vrai je me régale et je regrette pas mon véquende!):

-On va t-où?

-Mais vacciner les vieux, allez il est huit heures.

-Mais l’inauguration est pour 14 heures moins vingt!

-Écoute ma Pinouillette, t’es bien gentil mais moi j’ai encore 92 millions de doses à passer, alors c’est pas encore cette semaine que j’aurai mon dimanche… à propos je t’ai piqué toi?

-Cinq fois déjà, je sens plus mon épaule.

-Dommage.Allez en route!

On arrive à la maison de retraite Raymond Radiguet de Noisillons-Les-Gommeux. Roselyne elle a fait distribuer des prospectus comme quoi il y en aurait pas pour tout le monde et ça se bouscule, vrai on se croirait en 40 pendant l’exode, il vient même des petits vieux des autres maisons de retraite les bras chargés de paquets de sucre parce qu’ils ont préféré faire des provisions au cas où la pénurie de vaccins s’étendrait aux denrées alimentaires et on est obligé d’ouvrir la Halle aux Cons Marcel Desnoeux pour faire face à la demande.

La Roselyne elle exulte et déballe les cartons de vaccins pendant que les infirmiers piquent à tout va et vaccinent même les bichons des veuves.

Je suis en train de me baisser pour féliciter de sa démarche citoyenne un vieillard en fauteuil roulant, quand la Roselyne en profite pour me vacciner traîtreusement dans le dos une fois de plus.

-Aïeouille! Putain ça fait mal!

-Et de six ma Pinouillette!

Le soir elle fait ses comptes:

-… ‘me reste plus qu’à liquider 91 978 789 554 doses de vaccin aprés Noël on essaiera ça sur les marchés et au porte à porte avec une convention obsèques gratuite ça pourrait marcher.

La pauvre elle me fait un peu chi… pitié avec ses vaccins, aussi a-t-on idée d’en commander comme ça un cent… millions d’entrée, je sais bien que c’était pour faire plaisir aux amis et faire marcher l’industrie mais quand même… en plus j’ai mal à l’épaule maintenant et je me couche fiévreux.

Le lundi matin de plus en plus vaseux, la sueur au front, je vais à l’aéroport accueillir le grand homme de retour de campagne, je suis un peu anxieux à l’idée de retrouver mon maître inestimable, il est de méchante humeur à ce qu’il parait, ça a foiré dans les grandes largeurs son happeningue mondialisé, les tauliers de la globalisation qui lui ont dit de se calmer, que c’était pour rire le “réchauffement” que personne y croyait vraiment mais que ça permettait de gouverner les couillons par la trouille, exactement comme dans les entreprises, comme ça ils sont pas dépaysés.

De fait il est en rogne, il a le nez tout rouge et une écharpe autour du cou:

-Putain de pays de berde! Putain de réchauffement à la con! Je grois bien que je b’ai enrhubé!

Maîtresse Angela et son caniche by Lofti Benayak 1/1

Maîtresse Angela et son caniche.

Journal de la France de pendant par François F. soumis

by Lofti Benayak 1/1

Quand j’arrivais à l’Élysée, mon maître admirable était tout songeur devant une truelle posée sur son bureau.

-Tu te souviens mon François en 89, on y était! Qu’est-ce que tu veux j’ai toujours fait l’histoire. C’est ça les grands hommes (à talonnettes).

-C’est pas le genre de souvenirs que je cultive, d’abord on est arrivé à la bourre, quinze jours après tout le monde, ensuite t’avais bouffé trois cerises au kirsch et t’étais complètement pompette, enfin on s’est bien tous retrouvés devant un bout du mur mais celui-là fermait les chiottes de Herr Schmuttsberger, un plombier poméranien et quand il a vu qu’on lui en avait fait tomber un morceau, il a fallu non seulement lui reboucher le trou mais encore lui refaire l’enduit, on y a passé la nuit avec Juppé, quand je suis revenu à l’hôtel, qu’est-ce qu’elle m’a passé Pineulope parce que j’avais sâli mes affaires de gouvernement… tu crois vraiment que tu veux entrer dans l’histoire comme le couillon de français qui a recrépi un bout du mur de Berlin au moment de sa chute…

-T’es sûr… c’est marrant je m’en souvenais pas comme ça, je me voyais avec une grande cape rouge volant dans les airs… putain t’as vraiment le don de gâcher tous mes beaux souvenirs…

-En attendant il y a la Merkel qui débarque tout à l’heure…

-Parle autrement de Maîtresse Angela tu veux!

Je demeurais stupéfait:

-Maîtresse Angela? Ah parce que toi aussi… ah ben merde alors!

-Qu’est-ce que tu veux elle me fait du mal… mais elle me fait du bien, je peux plus m’en passer… et puis c’est tellement bon d’obéir! Écoute j’en ai connu des pas commodes, avec la Cécilia c’était revue de paquetage tous les matins mais avec Maîtresse Angela c’est autre chose, c’est une vraie dominatrice, l’éducation prussienne quand même c’est pas comparable, avec ça elle m’a raconté que comme job d’été elle faisait garde-frontière, il parait qu’elle faisait même peur aux clebs, si tu ajoutes les cours du soir à la Stasi, un vrai caractère quoi! Tu vois c’est quand je lui ai parlé à Berlin du Gross Paris Plage et qu’elle s’est mise à se marrer et à se foutre de moi devant tout le monde que j’ai compris combien j’avais besoin d’elle.

-Enfin, j’ai lu le programme du 11 Novembre, on va quand même pas lui faire ranimer la flamme à ta Prussienne…

-J’ai tout prévu, j’ai demandé au fiston, il m’a eue en promo chez Darty une plaque quatre feux comme ça on aura chacun une flamme à allumer et on pourra encore inviter du monde! Tiens elle est là dans le coin, il y a plus qu’à l’installer!

Je regardais l’ustensile avant que de bailler d’effroi:

-Mais c’est une plaque halogène, il n’y a pas de flammes!

-Eh ben comme ça on risquera pas de se brûler et puis il faut vivre avec son temps… et puis c’est plus écolo, cette flamme qui bouffait du gaz à longueur de temps, ça la foutait mal après mon Grenelle du pique nique écolo. Pourvu que la cérémonie plaise à Maîtresse Angela. J’aurais peut-être dû mettre plus de motards tu crois pas.

-Les motards c’est comme la crème au beurre quand il y en a trop ça écoeure.

-Et des chaînes, tu crois qu’il y en aura assez à l’Arc de Triomphe? Delanoé m’a promis de venir en cuir.

-Écoute, une passion aussi soudaine à ton âge!

-Elle me veut, je suis à elle, je suis sa chose, tu peux pas comprendre. Je lui obéirai toujours, je suis son soumis, tiens l’autre fois elle m’a parlé de l’Alsace-Lorraine…

J’ai pâli, je m’en souviens très bien, dans le Chauvinois on est patriote.

-Non déconne pas tu vas pas…

-Je m’en fous si elle re-veut l’Alsace et la Lorraine je les lui donne et la Haute-Marne avec, après tout on s’en fout tant que ça menace pas les frontières d’Israël et des États-unis!

J’étais là en pleine expectative, oui carrément les deux pieds dedans, quand a retenti une voix sèche et coupante comme un coup de trique:

-Nicolas ich bin da! Nicolas hier sofort! Kleinen Zwerg, wo bist du ?

(Nicolas, je suis là, Nicolas ici tout de suite! Petit nain où es-tu?)

-Merde elle est déjà là la prusko!

-Mais tais-toi je te dis, elle va t’entendre et je vais pas être puni. J’arrive, je suis là Maîtresse! Tu m’excuses hein mon petit François.

Le salaud, le dégueulasse, c’était bien la première fois qu’il s’excusait!

J’étais tourneboulé, je suis rentré en retard à Matignon et Pineulope m’a privé de télé, pour me consoler.

Le Bellâtre et le Merdaillon by Lofti Benayak 1/1

Le Bellâtre et le Merdaillon
Journal de la France de pendant par François F. soumis
Lofti Benayak 1/1

“Le Bellâtre et le Merdaillon

Il était une fois dans un ex-royaume enchanté, un Bellâtre et un Merdaillon. Quoique aucun ne fut chevalier ou seulement digne de l’être, tous deux rêvaient de prendre la suite du chef de l’ex-royaume enchanté devenu république gueusarde et pourrissant à l’ombre de l’empire du Bien, voisin, trop souvent mitoyen.
Le Merdaillon s’aboucha avec les ambassadeurs de l’Empire et, par les engagements qu’il prit envers l’Empire, il obtint d’eux sa puissance puis sa nomination et, à force de promesses au peuple rompu et affaissé, son élection.
Le pays était en banqueroute, il en doubla les effets, multiplia les traites, ruina ce qui était encore debout et se reposant satisfait de l’ouvrage accompli décida qu’il était temps de prendre sa revanche sur le Bellâtre, l’ancien et principal ministre de son prédécesseur, au motif qu’il avait tenté au temps de sa plus grande puissance de faire grand dommage à ses maîtres et de porter atteinte à son honneur personnel.
Or dans sa famille l’honneur était un dépôt sacré, tellement sacré que personne ne se souvenait de l’adresse du Mont de Piété où il avait été déposé trois générations auparavant.
Il demanda à trois des plus grands légistes de l’ex-royaume enchantée de faire une estimation raisonnable de son honneur et de sa probité à fins d’exiger par le droit de ses juges un juste et proportionné dédommagement.
Les travaux furent longs, enfin le premier parut, vieillard chenu et borné qui lui fit son compte comme à un brelan de taverne et estima son dû à pas moins de dix années de prison au pain sec et à l’eau dans un cul de basse-fosse non climatisé, il retournait sur ses terres et avait fait la somme au plus juste sans s’inquiéter des conséquences funestes de son honnêteté.
Le deuxième qui avait une carrière en cours, des fils à élever et une parentèle encombrante à placer présenta une toute autre estimation:
-A tout le moins monseigneur, il ne faut point tabler sur un petit peu plus que 16 milliards 935896…
C’était à peu près l’estimation que le Merdaillon se faisait de sa personne, honneur et probité compris.
-C’est tout compris? S’inquiéta-t-il.
-Oui Monseigneur.
-Répétez le chiffre!
-16 milliards 935896…
-Bien, bien… attendez 896 quoi?
-Euh… euh… bolivars.
-Ce qui fait ?
-Au cours de la veille à peu près 9 sols, trois pistoles et 25 casseroles (11 euros et 23 cents) Monseigneur.
Le troisième légiste vint, il s’avança vers le Merdaillon, tendit la main et dit:
-Vous me devez Monseigneur huit sols pour la plume et le parchemin.
Ce qui revenait à dire qu’il comptait l’honneur et la probité du Merdaillon pour rien et qu’il n’avait point l’envie de faire dépense pour lui.”

-Alors c’est ça que tu fais lire à tes enfants?
-Tiens tu étais là.
Vrai je n’avais pas vu arriver dans mon salon mon maître admiré. Il avait l’air très énervé, j’essayais de le calmer.
-C’est un conte contemporain. Une parabole.
-Mais ce grand con a 23 ans! Dit-il en désignant mon mien gamin couché sur le divan.
-Oui mais il n’arrive pas à dormir, il a eu des ennuis avec une dame motarde.
-Une parabole, comme ce qu’on met sur les toits c’est ça? Ouais et en même temps on en profite pour dire du mal de son bon maître. J’ai écouté, je vais te foutre tout ça en garde à vue, moi!
-Mais… mais je croyais que tu t’étais mis à la littérature?
-La littérature c’est comme la peinture quand elle est trop fraîche, elle tâche les doigts.
Mais dis-moi François tu trouves vraiment que je suis un bellâtre?
-Non!

Blondeur vagale by Lofti Benayak 1/1



Blondeur vagale by Lofti Benayak 1/1
Journal de la France de pendant par François F… soumis

Quand j’ai appris que mon maître vénéré s’était effondré dans un massif de fleurs du parc de Versailles, je me suis effondré à mon tour, mais sur les gravillons de Matignon pour que ça fasse plus mal.
J’étais désespéré en me rendant à son chevet au Val-de-Grâce-Kelly en brouette officielle (il m’a supprimé le tandem parce que c’était encore trop polluant mais je m’en fous, j’ai pris comme chauffeur un jardinier culturiste de Matignon, un costaud pas croyab’ qui vient du Chauvinois comme moi, Monsieur Blémont de Laturluthe-Poursanbal tout près de Pathétique-Sur-Navrant mon pays natal et avec lui je peux vous assurer qu’on lambine pas même dans les embouteillages et puis quoi de plus démocratique que la brouette même noire métallisée avec les vitres fumées !)
J’imaginais que ça devait être grave, c’est pas dans les habitudes de mon maître vénéré de s’effondrer dans les massifs, je pensais que s’il était trop diminué, il ne me punirait plus jamais et que la vie deviendrait invivable, bien sûr il me resterait Pineulope qui en connait un bout question dressage mais quand même ce serait pas pareil.
Je m’en voulais aussi, ces derniers temps j’étais très remonté contre lui, je m’étais même carrément rebellé et j’avais changé… ma mèche de côté, ni Pineulope, qui me coiffe pourtant tous les matins avant de me conduire à … Matignon, ni mon maître vénéré ne s’en étaient aperçu, mais quand même je l’avais fait et pire encore je m’y étais tenu.
Quand je suis entré dans la chambre il n’était pas seul, il y avait un monsieur et une dâme qui étaient en train de le coiffer.
Le plus étonnant c’est qu’il m’a reconnu tout de suite, pourtant depuis le dernier remaniement on ne se voit plus que le mercredi.
Il était souriant:
-Tu es là toi… c’est gentil d’être venu, viens plus près… tiens tu as changé ta mèche de côté, tu as bien fait ça te va bien… je te présente Josy et Jean-Marcel tu vois je suis en train de me faire faire une couleur, c’est Carla qui en a eu l’idée, elle a que des bonnes idées…
-Hum… hum… j’ai toussé, pas convaincu du tout.
Mais ce coup-ci il ne m’a pas engueulé et il a commencé une véritable confession:
-Il faut que les gens comprennent que je suis comme les autres, je suis très émotionnel, certaines de mes copines américaines me trouvent même:”glandularious”, c’est vrai que tout part de là chez moi, il faut que je sois au top toujours bien dans mon corps, bien dans ma tête, j’ai essayé tous les régîmes, les dissociés, l’allégé complet avec juste des bols d’air toutes les deux heures, il y a que le régime pénitentiaire que j’ai pas encore essayé, il parait que ça marche bien les types qui se suicident pas y perdent en moyenne une bonne douzaine de kilos, je demanderai à Villepin quand il sortira…
Il parlait un peu comme un article de fond d’un journal féminin, j’ai pensé à son évaporation pardon son malaise qui était lui aussi assez dans le ton, j’ai compris que j’allais penser mal et me moquer de la nature pétassogêne de mon maître admirable et pour me changer les idées j’ai regardé les bouquins sur la table de nuit:
-Oui je prends un peu de temps pour lire, ce que je préfère c’est les bouquins américains, il y a plus de pages mais c’est normal c’est plus grand l’Amérique mais j’aime aussi les romans français surtout ceux où ça se termine bien et que le héros finit en garde à vue, pour ça Émile Zorba et les Roujons-Macquards c’est bien mais il y a pas assez de garde à vue tu trouves pas… dis donc toi qu’est au courant c’est vrai qu’il était grec?
Il y a eu un silence, les coiffeurs en avaient terminé et il était maintenant d’un blond éblouissant mon maître vénéré, il m’a pris le bras et il m’a murmuré:
-Écoute j’ai fait un retour sur moi, j’en ai même fait plusieurs grâce à Clara qui connait un tour-opérator spécialiste du retour sur soi (et aller sur les autres), eh bien j’ai compris une chose, il faut mo-ra-li-ser.
Ah là j’étais content, enfin il avait compris:
-Ah bien on en parlait justement avec Pineulope, c’est ce que je pense aussi, toute cette putasserie klaxonnante ce n’est plus possible, les gens voient bien que vous vous foutez du monde et conduisez comme des maffieux susceptibles, ils en sont réduits à bouffer des ersatz pendant que les épicemards se font des fortunes comme leurs pères sous l’occup’ bientôt les pères de famille s’échangeront des pneus de Traction contre des boîtes de lait concentré…
-Eh bien alors ils s’adaptent, je vois pas le problème?
-Mais vous vous rendez pas compte on va tous finir tondus et encore dans le meilleur des cas si c’est pas plutôt pendus aux lampadaires de la Place de la Concorde, le français c’est un côcu de naissance…
-Et alors c’est justement ça, ça rentre tout seul pourquoi se priver…
-Mais dans les belles histoires de cul c’est le cocu qui se congestionne soudain et se met à buter à tout va… mais enfin excuse-moi je t’ai coupé, oui tu disais que tu voulais moraliser… les pratiques financières scandaleuses d’abord je suppose …
-Non mais tu n’as rien compris c’est le peuple qu’il faut moraliser, j’en parlais dernièrement avec des copains banquiers, ce n’est plus acceptable, on a été trop bon, on les a tolérés trop longtemps, pourtant j’ai été hu-main, j’ai fait de la pédagogie pour qu’ils comprennent, j’ai supprimé l’amnistie, installé des miradors… enfin des radars à tous les coins de rue, je les ai pénalisés, fliqués, verbalisés, adéhenisés comme du bétail, encartés comme des putes tout en laissant s’installer la violence quotidienne pour que pris entre deux feux ils puissent plus bouger une antenne et voilà pas qu’ils s’arrêtent de consommer ces salauds-là!

-Mais je te dis qu’ils peuvent plus.

-Qu’est-ce que tu racontes, consommer on peut toujours, c’est un devoir sacré, moi-même depuis que j’ai quatre ans j’ai toujours consommé, d’abord des roudoudous et puis des figurines Panini et ensuite des putes suisses à crédit et puis des montres en platine et… pas un jour où j’ai pas consommé, quand on veut on peut.

Je ne pouvais m’empêcher de l’admirer, quel sens du devoir, quel dévouement… à soi!
-Alors j’ai réuni une commission de moralisation du peuple, ici même, présidé par le patron de T F Huns qui a lui même une grande expérience dans les domaines du peuple et de la morale et il a été décidé quelques mesures simples et je pense efficaces. D’abord autoriser le cannibalisme en praïme-taïme de soirée, non c’est vrai pourquoi interdire à Bryan le dominant de dévorer Jonathan le dominé en direct parce qu’il louchait sur Vanessa la pute en chaleur, c’est une vision saine de la société et puis c’est un loisir simple, pas cher et familial, ensuite réintroduire la corvée seigneuriale le dimanche devant les établissements bancaires histoire qu’ils comprennent qui sont leurs maîtres, enfin rendre obligatoire le passeport intérieur biométrique, le collier bipeur et le servage à mi-temps afin d’améliorer l’employabilité chez les 8/88 ans…
Il caressa longuement sa nouvelle blondeur avant de reprendre:
-Mais attention cela ne va pas sans contreparties, s’ils font des efforts, leurs bons maîtres doivent en faire aussi alors j’ai décidé de réduire ton salaire de moitié, vrai tu t’en rendais pas compte mais ça la foutait mal tout ce fric que tu touchais pour rien!

Réveillon chez les régressifs by Lofti Benayak 1/1



Avec les policiers de la Brigade Anti-chouquettes.
Réveillon chez les régressifs
Chroniques de la France de pendant.

Journal de François F. soumis.

Avec Roselyne, on avait décidé de frapper un grand coup pour le réveillon du nouvel an. Roselyne c’est ma copine, elle est ministreuse de quoi déjà ? Mais si comment ça s’appelle ? L’avortement, l’euthanasie ? La santé voilà ! C’est de ça qu’elle s’occupe: de notre bonne santé, physique, morale et intellectuelle. Avec Roselyne on est pays, je la connais de tout môme, c’est elle qui m’a dépucelée dans la salle paroissiale de Pathétique sur Navrant où je suis né, ça s’est passé après une causerie débat organisée par la JEC sur la « libération de la femme et ses conséquences sur la traite laitière», elle s’y est reprise même à trois fois avec moi tellement j’étais pressée.

A l’époque, à la campagne c’était pas facile de trouver des partenaires euh… qualifiées, alors quand il passait une conférencière, on en profitait, un peu comme avec les boulangers ambulants si vous voulez : c’est pas toujours fameux, c’est plutôt cher, ça rend malade quelques fois mais ça dépanne, la Roselyne question dépucelage elle dépannait sur trois cantons au moins.

Elle a toujours été une dominante elle aussi, comme mon maître pipeulisé, pour ça que je l’admire, rien que sa manière de s’habiller en pute provinciale à l’ancienne : cuir noir et jupette rose vous fait de l’effet, ajoutez-y sa voix rauque et épicière de sous maquerelle elle en impose, convenons-en.

Roselyne, quand elle débarque chez l’électeur il faut voir comment elle te vous le secoue, c’est pas des campagnes électorales qu’elle organise mais des rafles.

Bon où en étais-je don’ ? Oui je vous disais cette année nous avions décidé à fins de leur rendre hommage d’accompagner dans leurs périples en ce soir du Nouvel An les policiers de la toute nouvelle Brigade anti-chouquettes en charge de l’application sur le terrain de la nouvelle “loi gaufrette” visant à la répression du gaufrettisme passif et des déviances sociales agglomérantes. (Une anecdote en passant… Il faut savoir qu’au départ après consultations de spécialistes reconnus mondialement…du doigt mouillé dans le vent et à l’issue d’une réunion interministérielle nous nous étions entendus sur un chiffre (départ d’usine/franco de port) de 800 morts annuels du fait du gaufrettisme passif, bien heureusement l’un des membres du cabinet du premier ministre de l’époque eut l’idée ingénieuse d’indexer le bilan annuel communiquée à la presse sur les prix du pétrole ce qui nous donne aujourd’hui plus de 5000 morts annuels et c’est pas fini avec le baril à bientôt 150 $ vous imaginez!)

De toutes les façons il est bien admis aujourd’hui que la gaufrette tue, par atteinte des voies zaériennes et bronchiques et pollution sonore, mais la chouquette aussi !
Car, quoique plus silencieuse et donc mieux tolérée par le corps social (corps social qui tolère aussi d’ailleurs beaucoup mieux dans le métro la bande de jeunes banlieusards en débordement que le sexagénaire fumeur solitaire, allez savoir pourquoi ?), la chouquette par de subtiles menées sub-enzymatiques et autres exaltations glucidiques, sans oublier la pollution énorme crée par les grains de sucre inhalables abandonnés en fond de sac, sac le plus souvent utilisé, une fois gonflé avec la bouche et écrasé d’un coup sec, pour faire peur au copain, sans s’apercevoir que l’on peut causer ainsi de multiples défaillances cardiaques dans le voisinage (347,12 décés l’année dernière dus à de tels agissements !), la chouquette dis-je n’est pas moins dangereuse sur le plan de la santé publique, c’est pourquoi dans le même temps nous avons lancé une grande campagne d’affichage et d’information sur le thème : « votre voisin a du cholestérol dénoncez-le !
(www.monvoisinaducholesteroljeledenoncependantlespubsalatv.gouv.enc)

Roselyne m’avait donné rendez-vous à la mairie du 2° arrondissement où elle devait m’attendre à la tête de sa demi-brigade de képis mous (c’est d’un bien meilleur rapport que le képi dur, qui s’enfonce au premier coup de tuyau en plomb, le képi mou lui il est réutilisable, il n’y a qu’à changer le fonctionnaire en dessous !).

Tous, je peux en témoigner, tous ces fonctionnaires sont animés par le même idéal sublime… de garde-champêtre fanatisé : verbaliser le contrevenant à la modernitude.

Malheureusement en face le contrevenant manque tragiquement. L’assujetti, il ne demande qu’une chose : obtempérer ! Circuler, ne rien avoir à voir, à entendre ni à critiquer, bref il se planque devant le grotesque .

J’arrive en retard, j’espère que Roselyne va être colère et me punir sévèrement mais je suis déçu, elle est entrée dans un magasin de jouets tenus par un couple de jeunes gens de ses amis : Jean Fernand et Jean Marcel, le magasin de jouets qui s’appelle : « Pumpini » (23, rue Charly Gaul (2°)) est bien entendu interdit aux enfants et ils sont une bonne quinzaine d’adultes baveurs à faire: prout ! prout ! tuuut ! tuuut ! bang ! bang ! en jouant avec des petites voitures de pompiers et des poupons pisseurs.

-Ah te v’la toi tu sais que tu es en retard ! Tu as un mot de tes parents ?

Heureusement j’y ai pensé, j’en ai apporté un de Pineulope.

-Bon on verra plus tard, allez en avant !

Je la regarde, je la contemple, je l’admire: on dirait Jeanne d’Arc s’en allant inaugurer un sex-shop.

Pour commencer nous débarquons dans un salon de thé, les policiers de la Brigade Anti-Chouquettes que nous accompagnons ont un peu… les chouquettes quand même, mais comme l’a dit mon maître enrhumé : « Il ne doit pas exister de zone de bon droit dans botre république ! », bien sûr c’est dangereux, s’attaquer à un salon de thé, comme ça en plein jour: surtout vers les cinq heures, parmi les petites vieilles il peut y en avoir une plus affamée que les autres, ou en état de manque. Aussi tout de suite et sans faiblir ils utilisent les grands moyens, on fait ranger la clientèle contre le mur et doigt devant fouille au corps intégrale, on ouvre et renverse les sacs à main des fois qu’il y en aurait une qui y planquerait un paquet de gaufrettes. Bon il y a rien… une petite vieille essaie bien de ramasser un truc sur une table pour le planquer et se l’enfouir, aussi vite, on la plaque au sol, on se met à une dizaine dessus, au bout de deux minutes elle bouge plus rien la septuagénaire, même pas les oreilles :

-Un macaron ! Gueule triomphante la cheffe Josiane Chopinot en relevant ses grosses fesses du visage de la petite vieille cyanosée.

-Allez on l’emmène au poste. Décrète le commissaire, une jeune con éthique, souriant, sympathique qui ferait sans grand effort un parfait directeur de stalag souriant, sympathique, éthique, tout barbelés de préjugés lâches et de slogans commodes.

-Vous savez pas que c’est interdit aussi les macarons ! On vous enverra la convoc’ devant le tribunal.

Car le macaron est assimilé, à juste titre, dans la loi, à la gaufrette, il est certes moins offensif, la pollution sonore est moindre que pour la gaufrette mais des études ont montré qu’une consommation régulière de 97.3 macarons/jour pendant 84 ans réduit l’espérance de vie de 4 ‘’27 par trimestre ouvrable, déductions faites des congés compensatoires.

Et que l’on ne me parle pas du macaron mou, lancé et vanté par quelques artisans et industriels peu scrupuleux, c’est loin d’être la panacée espérée.

La petite équipe repart, sur un passage clouté des vélibeurs sur le sentier de la guerre sont en train de tourner autour et de crever les pneus et de casser les vitres d’un retraité barricadé dans sa voiture immobilisée, il vient de refuser une priorité à gauche à des réformateurs du code de la route, très vite grâce à la cheffe Chopinot le dialogue s’établit avec les emplumés à vélo et l’on emmène le retraité à moitié scalpé au commissariat pour le mettre en garde à vue.

Soudain la cheffe Chopinot s’immobilise, sort son 9 mm para H. und K. et entre en trombe dans une laverie automatique, les mômes se couchent à terre comme dans les séries tévé et les mères « sans papiers » montent à l’étage pour se jeter par la fenêtre comme dans les articles de journaux.

Nous suivons la Cheffe Chopinot toute à son inspiration et l’on découvre dans l’un des tambours un mangeur de chouquettes planqué, on arrête le tambour, on essore le contrevenant dans le séche-linge attenant et hop en route !

-Tiens on s’arrête là, je les connais c’est des amis ! S’écrit Roselyne rosissante :

C’est un café délicieux que je vous conseille: L’Intromis rue Roger Pingeon. Les serveurs sont des jeunes gens charmants en slips kangourous. Le concept est original: boissons froides ou chaudes à la demande et slips kangourous. On peut acheter une quantité incroyable de slips kangourous tous différents tout en buvant un thé à la menthe. Il y a aussi un coin « antiques » où l’on peut chiner des vieux slips d’occasion. C’est rafraîchissant !

Seule fausse note : mon officier de sécurité qui demande un demi pression !

Nous repartons, quittant à regrets ce havre du bon goût.

Après quelques minutes de marche souriante, le commissaire reçoit un appel, c’est un signalement (en allemand : Ein Dénonciation !!!) dans une maison de retraite :

-Un mangeur de gaufrettes, fumeur de pipe, déprédateur d’arbres à la Résidence des Aubépines ! Articule-t-il avec quelque angoisse. Chacun des fonctionnaires de vérifier que son arme, son gilet pare-balles et son tampax sont bien accrochés.

-Il faut y aller ! Murmure magnifique la Cheffe Chopinot, avec Roselyne nous sommes émus, vrai ils en deviennent émouvants !

Bien sûr des renforts sont aussitôt demandés et très vite la maison de retraite est cernée par deux escadrons de gendarmerie.

Le contrevenant qui a été signalé est un dangereux récidiviste, un fumeur de pipe bien connu des services de police, ancien officier d’Indochine et d’Algérie aussi héroïque qu’une miss France découronnée.

C’est un couple de retraités des Pets et Têts qui l’a dénoncé.

-Il arrête pas de nous bouffer des gaufrettes sous le nez, c’est bien simple l’été, à cause de ç’t engeance, on arrive plus-z-à écouter la tévé et puis il fume aussi tout le temps, sa fenêtre ouverte, d’ailleurs sentez, c’est à cause de lui que le parc pue ! Alors on s’est dit : il faut faire quelque chose contre le réchauffement qui monte à la tévé… ah aussi on vous a fait une liste de tous ceux qui ont du cholestérol dans le quartier. C’est pas seulement pour la prime c’est aussi pour aider.

Ach les praves gens !

Les policiers de a brigade anti-chouquettes tentent bien d’engager des négociations avec le multi délinquant, mais il ne veut rien entendre, et continue de multi-délinquer de plus belle, la pipe au bec, le paquet de gaufrettes dans une main, son couteau suisse dans l’autre il s’obstine sur l’écorce de ce pauvre arbre.

Le spectacle est insoutenable, scandé par le craquement des gaufrettes.

Finalement après une demi-heure de tractations stériles autant que dangereuses, il est armé, ne l’oublions pas ( ben tiens et le couteau suisse !), le commissaire se résout à faire intervenir les tireurs d’élite syndiqués qui dégomment la concierge et son chat avant de casser la pipe au fumeur de pipe .

Sur l’arbre odieusement mutilé il a gravé :

« Vive la France … d’avant ! »

Mickaël Jackson est ressuscité… et il tente de violer un nain de cirque! by Lofti Benayak 1/1



Michaël Jackson est ressuscité… et il tente de violer un nain de cirque !
by Lofti Benayak 1/1

Témoignage de Nike Sarkozaïe 54 ans qui travaille comme clown-nain-chef de piste à l’Elyséum-Circus of Paris Entertainment and resorts corp. TM.

“Il était assis sur un banc… on rentrait de Deauv’ où j’avais pris une culotte au casino avec une partie de l’emprunt d’état, le plus con c’est que j’avais essayé de me refaire avec le fric du RSA, sûr que l’alsaco psycho-rigide que j’ai mis au Budget il allait encore me les casser, il faisait déjà nuit, la pizza au caviar avait du mal à passer et j’avais envie de pisser j’ai fait arrêter les motards sur l’aire de repos des Patouillettes et je suis allé m’alléger incognito dans les buissons, à ces heures je préférais éviter le bain de foule avec les routiers et les putes.
Soudain j’ai vu une forme noire, non plutôt grise, je me suis approché, il était assis sur un banc, il faisait pas peur, je l’ai pas reconnu tout de suite il avait son visage à gros pif, premier modèle, avant le restyling de calandre raté des années 90, il m’a dit:
-Approche… approche mon petit Nicky?
-Comment que vous savez mon nom? J’uis ai demandé. En me rebraguettant par précaution.
-Oh mais je sais tout maintenant que je suis au Paradis des pop-stars?
Je m’ai dit: encore un poivrot! Il y en a plein qui rôde dans le coin à ces heures.
-Je suis Michaël Jaquessone tu ne me reconnais pas?
-Ah ouais et moi je suis Eléanor Roosevelt!
-Non mais je ne plaisante pas tiens regarde mon garçon:
Et il s’est mis à chanter et à danser et à remuer de partout c’était assez convaincant, et il s’est rassis:
Carla qui était allé boire un demi est revenue et elle m’a dit à l’oreille (elle me parle toujours à l’oreille sinon j’entends rien quand elle me cause):
-Je te dis que c’est lui, je le connaissais bien, il venait souvent nous voir chez Mum, il garait son hélicoptère sur le toit de la cabane du jardinier.
Putain elle devait être grande la cabane au jardinier! Je m’ai pensé.
-Maïchaël! Qu’elle a dit en lui ouvrant les bras.
-Oh Carlaïta comme je suis content!
Ils se sont faits la bise, j’étais un peu jaloux, après tout c’était de la méga-pipole, mort d’accord mais il sentait pas, et puis moi ça m’attire les pipoles depuis que j’ai perdu ma fleur en 69 avec Georgette Lemaire lors d’un métingue de soutien à Alain Poher à Bagneux où on avait pas mal fumé et bu et dégueulé, un vrai Voudstock centriste, c’est depuis ce jour que j’adore les pipoles… et que je déteste les centristes. J’ai demandé à un des 877 officiers de sécurité de ma suite d’aller m’acheter rapido un appareil photo jetable sur les fonds secrets au Shopi de la station-service.
Personnellement c’est pas trop mon truc la Massive-Pop pourtant j’aime bien l’industrie lourde mais moi ce que je préfère c’est notre vraie bonne musique nationale, celle qui parle vraiment de notre pays l’Amérique: la country music quoi!
-Et ça c’est mon mari Naïcolaï.
-Ton mari! Ah bon je croyais que c’était ton gamin, il est chou mignon quand même c’est marrant mais il croit toujours pas que je suis Michaël Jackson ressuscité, pas vrai Nickie viens là mon p’tit bonhomme tu peux me toucher si tu veux.
J’avais pas trop envie, mais Carla insistait tant et il a pris ma main et il l’a posé sur son pantalon collant juste sur la moulure de la bite.
-Tu sens comme ça bouge je suis bien ressuscité de partout!
Déjà que quand Cohn-Bendit il vient me voir à l’Elyséum-Circus, je suis mal à l’aise et avec les autres nains, garçons de piste ou chef de cabinet on se planque les plumes et on sert les fesses. Là je sais pas ce qu’y m’a pris mais j’ai pas pu m’empêcher de lui en coller une sur son gros pif.
-Putain le con y m’a cassé le nez! Ooooh grand Lucifer roi de la Pop industrielle, laisse-moi encore une chance d’en enfiler un ce soir s’il te plait!
Mais il s’est soudain mis à fondre, on aurait dit un gros Marshmallows brûlant ou un ingénieur de la DCN karachisé et vrai ça sentait pas bon.
-Toi t’en rates jamais une, on aurait pu faire un fabulous album hype posthume ensemble! Qu’elle m’a engueulé Carla.
L’officier de sécurité est revenu avec l’appareil photo jetable et on a fait des photos avec les putes et les motards.”

Casse-toi pov’con à Matignon! by Lofti Benayak 1/1



Casse-toi ‘pov’ con à Matignon! 1/1 par Lofti Benayak

Le journal de François F. soumis.

Les jours de remaniement c’est toujours difficile, il y a une ambiance tendue, ça téléphone de tous les côtés, moi comme d’habitude je me mets dans les coins, je me fais petit, ouais encore plus petit quoi parce que mon vénéré maître est très énervé, mais cette fois ça a été encore pire, la veille déjà on avait une entrevue vachement tendue, je m’étais rebellé, non mais pour de bon:

-J’en ai marre de passer pour un con et que tu fasses tout dans mon dos sans m’en causer, j’en ai parlé toute la nuit avec Pineulope et…

-Et…

Il avait son petit sourire cruel mais je me suis pas laissé démonter, de toutes les façons Pineulope, ma femme, euh mon mari, mon autre chef quoi, elle m’avait dit que si je me dégonflais encore un coup je pouvais aussi bien pas revenir à Matignon, et elle avait donné des consignes aux gardes républicains de pas me laisser entrer, vrai j’étais à bout, je me suis mis à pleurer:

-Et je veux des ministres à moi, rien qu’à moi, des que j’aurais choisis moi-même et qui m’obéiraient.

Il a dû sentir que j’étais prêt à tout parce qu’il a changé de sourire (il en a toute une panoplie qu’il transporte avec lui comme un lanceur de couteaux se baladent toujours avec son jeu de couteaux trafiqués), il m’a même tapoté l’épaule.

-Bon écoute, c’est vrai qu’à ton âge c’est normal de vouloir des ministres bien à soi, mais il faut comprendre mon garçon, que dans la vie tout n’est pas donné comme ça, j’ai des obligations tu le sais, tu es en âge de comprendre… mais enfin je vais voir ce que je peux faire.

Il est passé derrière son bureau et il a refait ses comptes, j’osais pas trop le déranger, enfin il a levé la tête:

-Bon… enfin ça va pas être commode… vo-yons… écoute je vais te donner les personnes âgées, tu aimes bien ça les personnes âgées, t’es toujours fourré avec eux, t’arrête pas d’inaugurer des foyers du troisième âge, tu t’entends bien avec eux n’est-ce pas, allez arrête de pleurer, là mouche-toi!

-Oh ce que t’es chic alors! Un ministre à moi, rien qu’à moi, un que personne jamais m’enlèvera ni ne me démissionnera, un que je nourrirai et que je soignerai et que…

-C’est ça… c’est ça, vas y réfléchir et puis tu me feras une liste et je verrais ce que je peux faire.

J’étais content mais content, les idées se bousculaient dans ma tête à l’arrière de mon tandem (il m’a collé un tandem avec chauffeur quand il a fait son ouverture aux écolos mais je m’en fous comme il m’avait déjà supprimé les motards et puis mon chauffeur monsieur Mouillard est ancien recordman de l’heure amateur du Chauvinois)

Arrivé à Matignon, je me précipite chez Pineulope, je lui avais déjà téléphoné la bonne nouvelle et elle m’attendait en haut de l’escalier d’honneur, elle avait pas l’air trop contente et qu’est-ce qu’elle était grande, trois marches avant le palier, j’ai osé:

-Ah ça y est j’ai mon ministre à moi!

-Les vieux ! It’s peanuts!

-Ah ne parle pas comme ça de nos aînés veux-tu, ce sont eux qui ont fait la France d’aujourd’hui…

Eux qui avaient élu Giscard et puis Mitterrand deux fois même quand il était déjà mort et puis Chirac et puis… et puis… ourps ah ouais ça commençait à chiffrer quand même! Salauds de vieux!

-Well, c’est mieux que rien, allez hurry up va manger ton soupe and tu fais ton coucher à neuf heures!

Dans mon petit lit de ma petite chambre sous les combles (Pineulope elle aime prendre ses aises dans un grand lit) j’arrivais pas à m’endormir, je pensais à mon ministre, qui j’allais bien pouvoir prendre, j’avais en tête quelques noms, tous des natifs de Pathétique-sur-Navrant comme moi, des “pays” quoi, le Père Laridondette peut-être qui s’occupe si bien de la salle paroissiale ou Mademoiselle Migeon si dévouée aux autres, oh oui une bien bonne personne et je m’endormis après avoir fait une prière de remerciement à Sainte Blondaine du Dahut qui avait si merveilleusement exaucé mon voeu.

Le lendemain, j’arrive tranquillement à l’Elysée avec ma petite liste, oh il y avait du monde partout, partout et ça téléphonait, je fais discrètement signe à l’huissier en chef Monsieur Boulon que je suis là et que je sollicite une entrevue, il m’avait pas vu, il me facilite bien les choses, lui aussi il est du Chauvinois et après trois heures d’attente sur mon petit bout de banquette enfin mon maître admiré me reçoit, il n’a pas l’air de bonne humeur.

-Quoi qu’est-ce que tu veux toi encore?

-Je… je t’ai apporté ma petite liste, si tu as le temps…

-Ta petite liste de Noël?

-Mais non c’est pour mon ministre que tu m’as promis hier, tu sais bien!

A ce moment l’un de ses portables sonnent, il en a quatorze, je sais pas comment il s’y retrouve, quel homme!

-Oh Mister my Président! My deepest respects of the evening Mister my Président…

Et il commence à causer en anglais, langue que j’entends à cause de Pineulope qui m’engueule toujours en anglais, parce qu’elle dit que ça vient mieux, enfin il écoute surtout et il faut voir comme il est respectueux et obéissant, il raccroche enfin, il a tout blêmi du visage.

-Ah écoute je peux pas, le directeur des Finances Publiques sort d’ici, c’est la faillite, on peut même plus imprimer les papiers pour l’emprunt d’état, on va faire ça par Internet comme pour les crédits revolving, ils souscriront, ils sont tellement cons. En attendant je suis obligé de prendre plus que des ministres payants. Ah il faudra aussi que tu te charges de virer les arabes du gouvernement, tu te débrouilles comme tu veux tu fais un plan social, mais pas des mille et des cents, leur huit jours, la prime de retour au pays et basta on a plus le rond!

-Mais et ton grand truc, la Diversitude!

-Pour ça pas de problèmes il y en aura des arabes, mais des qui ont du fric pas du goinfrard de travailleur social, j’ai pris deux koweitiens très bien et un cousin du cheikh d’Abu-Dhabi, il n’y a qu’un problème je sais pas où je vais mettre l’américain?

-L’américain?

-Ouais un collègue de la CIA, John D. Kaykett, le chef vient de m’appeler et il veut absolument que je le prenne il part en retraite et il a besoin de s’occuper…

-Mais… mais tu as un chef?

-Ben oui comme tout le monde!

Quand même j’imaginais pas qu’il obéissait aussi bien lui aussi.

-Mais… mais ton type-là il est pas français!

-Mais on s’en fout de ça on lui trouvera des papiers, c’est pas un problême et puis il a une maison dans le Lubéron, il parle un peu français… enfin comme nous et moi quoi!

-Mais et mon ministre… mon ministre que tu m’avais promis !

Je recommençai de pleurer:

-Ah et puis arrête de chialer tu vas encore tâcher le parquet et après j’ai le petit personnel CGT sur le dos!

-Salaud! Salaud! Salaud! T’avais promis! Je répétais en serrant mes petits poings.

Là il s’est vraiment mis en colère:

-Casse-toi ‘pov con à Matignon! Il a gueulé… et je suis parti.

Depuis j’ose plus rentrer à Matignon, Pineulope doit être furax, je dors dans le garage à vélos

de Monsieur Mouillard, qui est bien obligeant, ce qui est marrant c’est que personne s’est aperçu de ma disparition.

Le Schtroumpf aux étoiles by Lofti Benayak 1/1



Le Schtroumpf aux étoiles
Chagrins de bureau (étoilé) by Lofti Benayak 1/1.

-Allo nous t’écoutons, parle tu es sur l’antenne de NHS la radio des nases qui z’ont peuvent plus d’NRJ!
-Alors voilà moi c’est Nicolas et je…
-Une minute de quoi veux-tu parler Nicolas?
-Béh des rapports que j’ai au bureau avec mon nouveau chef?
-D’accord. Et depuis quand travailles-tu dans cette boîte Nico?
-A la CIA ? Oh là ça fait un bail, il m’ont engagé quand j’étais en 6° B2 au Lycée Pasteur à Neuilly, j’avais dénoncé mon prof d’anglais comme agent double parce qu’il faisait aussi prof d’espagnol… ouais enfin il donnait des cours à l’ambassade de Cuba et puis mon père qui m’a un peu pistonné ‘faut dire que dans la famille on est tous dans la CIA, mon père, ma mère, ma deuxième belle-mère, mon troisième vice-beau-père, tous mes sous-cousins et mes quart de frère même le siamois de ma 1/8° de soeur en est et c’est comme ça depuis le 17 ° siècle mais à l’époque c’était pour empêcher les turcs de rentrer en Europe et ça s’appelait la Sainte Ligue .
-C’est une sorte de tradition familiale.
-Ouais tout ça pour dire que je connais bien la maison et j’ai toujours été bien noté par mes chefs jusqu’à ce que le nouveau arrive…
-Et comment s’appelle ton nouveau chef Nicolas?
-Bicock… non c’est pas ça Baraque! Et alors ouhaiiiiiiiiiiin… inin…slurp…
-Mouche-toi Nicolas…
-Scchhhhnnllouffle!Et alors je fais tout pour lui plaire, et il me rembarre tout le temps, il me met ridicule devant tout le monde même devant la Merkel et… oh putain j’en ai marre! Marre! marre! ouhaiiiiiiiinn…
-Re-mouche-toi Nicolas…
-Re-schhhhllnnnouffle!
-Là ça va mieux? Et tu t’entendais bien avec ton précédent chef?
-Dobeliou, ah ouais ça super, il faut dire qu’on partageait plein de choses, on avait le même idéal démocratique: la prison pour tous, même les mômes, c’est la meilleure des écoles y avait que sur la couleur des tenues de bagnards qu’on était pas d’accord moi je préfère le mauve c’est plus couture. Je l’ai soutenu à fond quand il a fait la guerre pour le Golf
-La guerre du golf tu veux dire?
-Non, non c’était pour que les arabes y deviennent des civilisés comme nous et moi, qui boivent du coca, bouffent de la merde hydrogénée et pasteurisée, regardent des films pour psychopathes attardés, qu’ils deviennent des vrais démocrates obèses et surtout qu’y jouent au golf, c’était sa passion à Dobeliou pour ça qu’ils ont fait autant de trous avec leurs bombes pour les terrains de golf mais forcément comme ils débutaient on leur a fait les trous un peu plus gros c’est tout… oh toi barre-toi tu fais chier!
-Pardon Nicolas?
-C’est rien c’est Fillon, mon clébard qui me lèche les pompes… mais casse-toi pov’con à Matignon! Allez à la niche saloperie!
-Est-ce que tu n’es pas en train de reproduire le même schéma avec ton chien que celui dont tu souffres avec ton chef Nicolas?
-Non mais lui on s’en fout, il compte pas je l’ai pris pour ça, je t’ai dit de te casser tiens prends ça connard! Shlaaag!
-Kaïekaïekaïekaïeohouiencorec’estbooon!!!
-Nicolas tu as bu?
-Oh rien, trois verres de vodka… mais c’est vrai que ça me réussit pas trop!
-Est-ce que tu crois pouvoir continuer cette conversation Nicolas?
-Ouais, ouais c’est bon

-Et alors donc tu t’opposes à ce Masure ton nouveau chef?
-Pas Masure, Baraque mais non je m’oppose pas au contraire, il dit qu’il faut que les filles se voilent, je dis pareil, que la Turquie entre en Europe, j’ouvre tout grand les fesses, qu’il faut niquer sa femme le samedi matin plutôt que le jeudi soir, en avant pour la semaine anglaise!
-Et malgré tout il continue de t’humilier?
-C’est de pire en pire à la dernière conférence de presse commune il m’a dit de prendre les patins parce qu’on venait de cirer, devant toute la presse mondiale, j’avais l’air fin avec mes patins à talonnette. J’y comprends rien, Dobéliou il m’avait demandé de liquider la filiale, la première fois que je vois mon nouveau chef ch’uis arrivé tout fiérôt avec ma liste: l’armée française liquidée, la défense ridiculisée, l’industrie délocalisée, l’Afrique abandonnée, la finance reformatée U.S Bananas, et pour finir l’Otan réintégrée comme ça il a plus à se faire de souci pour ses chiottes, on les lui nettoiera. J’uis dis: c’est bien simple Mister President…
-Mister President?
-C’est comme ça que je l’appelle, lui il m’appelle “little asshole” c’est plutôt amical je pense… bon je continue, j’uis dis, vrai j’étais à bout, j’avais les nerfs, regardez Mister President les français maintenant: y passent leur vie devant la tévé à regarder les mêmes putasseries larmoyantes que les américains, c’était des queutards et des gueulards et il ont peur du grand méchant Cholestérol, y votent même pour moi c’est dire si ils se ressemblent plus, à la fin de mon premier conquenat j’aurais liquidé la filiale, y restera plus rien de la France pire que l’ex-yougoslavie et sans tirer un coup de feu alors quoi qu’est-ce que vous me reprochez:
Il m’a regardé longuement, de bas en haut, ouais finalement ça a pas duré si longtemps, et puis il m’a dit:
-C’est justement ça little asshole. Moi j’aime le France !

Exclu: la sextape de Christine Broutin et Jean-Louis Boorla (extraits)

La sextape de Christine Broutin et Jean-Louis Boorla (extraits).

-Ce putain de conseil des ministres qu’en finissait pas, je tenais plus! Je suis sûr que t’as rien sous ta jupe cochonne!

-Jean-Louis vous êtes fou! Ah Jean-Louis prenez-moi toute!

-Toute? Il va au moins falloir que je fasse deux voyages! Ouah il est bien ton bureau! Il est quand même vachement mieux que le mien ton ministère!

-Il est normal que je sois bien logé Jean-Louis…

-Ah ouais et pourquoi t’est-ce ça? Ch’uis ministre d’état quoi ou merde?

-Mais je suis au logement vo-yons, Jean-Louis.

-Ah ouais et moi je suis-t-à quoi déjà?

-Mais au rayon jardinerie et puis il me semble… vous voyez le truc dont on parle à la télé tout le temps: l’éconologie, le sous-développement durable et toutes ces choses!

-Ouais des piéges à con… tribuables quoi! Ce que j’en ai marre de discuter dans les champs avec des barbus en gros pull de laine qui me parlent tout le temps du réchauffement climatique pendant que je me les caille dans mon petit costard de ville!

-En tout cas quelle bonne idée ce tas de fumier dans la cour de votre ministère c’est tellement emblématique de l’engagement de tout notre gouvernement pour… vers… en avant… ensemble… contre…

-Ah non le tas de fumier c’est pour masquer l’odeur quand on reçoit le président de l’assemblée nationale et les délégations de parlementaires UMP; les voisins se plaignaient! Bon ça te dérange pas si je m’allume un petit pétard ma grosse, histoire de se mettre en train? Puf! Puf!

-Jean-Louis vous êtes en train de fumer mon serin!

-Ah ouais… ah bon… je me disais aussi qu’il tirait mal! Bon éteins la lumière je vais te filmer avec mon portable. Comment ça marche cette merde y a pas de boutons!

-Mais Jean-Louis c’est une banane!

-Une ban… ah le con j’ai oublié mon portab’ au restau’ ! Tu veux que je te la pèle coquine?

-Je vous en prie Jean-Louis je suis catholique!

-Et alors le pape il a pas interdit la banane! Enlève ton slip j’te dis!

-Je… je deviens folle… vous me rendez folle Jean-Louis… je… je vous obéis toute voilà!

-Euh bon tout compte fait remets-le… ou éteins la lumière!

-J’éteins…

-Merde ma banane elle filme pas dans le noir… appelle l’huissier pour qu’il me prête son portab’!

-Vous y tenez tant à filmer ces… ces choses-là?

-Béh tiens sans quoi je perds mon par… euh ça fait des souvenirs quoi!

-C’est bon prenez le mien.

-J’ai perdu ma capote!

-Ce n’est pas grave, prenez en une autre Jean-Louis, la femme de ménage la retrouvera.

-Mais c’est dedans que je l’ai perdue!

-Alors là on la retrouvera pas.

-Mais j’y tenais beaucoup c’était une collector dédicacée par Carla herself. Je vais appeler mon officier de sécurité c’est un ancien de l’équipe Cousteau.

-Ah ça non je vous en prie…

-Bon j’en remets une autre! Tiens une à tête de mickey dédicacée par Chantal Goya!

-Oooh ouiii je sens bien les oreilles!

-C’est pas les oreilles c’est mon trousseau de clefs qu’a glissé là-dedans! Oh là c’est profond ‘faut que je reprenne des forces, je vais me faire une p’tite ligne blanche!

-Jean-Louis non si nos motards vous voyaient!… Ah mon Dieu mais c’est de la cocaïne, mais c’est très mauvais pour la santé m’a dit le père Jean-Marie Descouettes…

-C’est quoi ça?

-L’aumônier du tiers ordre des soeurs de Sainte Radaz de Ploumanach auquel j’appartiens.

-Ton toto y dit que des conneries, c’est rien que du naturel, du bio, de l’afghan “spécial effort de guerre contre l’axe du mal”, il est en promotion en ce moment dans tout le bloc occidental, à l’OTAN ils prennent que ça! Ah ça va déjà mieux, je me sens une pêche, deux cachetons de Viagra là-dessus… oups! Tu vas entendre passer le train ma fille c’est moi qui te le dit!

-Son excellence le Nonce Apostolique est arrivé Madame la Ministreuse… ( il est là pour la demie m’est avis qu’il faudrait voir à se magner de finir d’éponger l’aut’ glandillon!)

-Je vous ai déjà demandé de frapper avant d’entrer monsieur Plombard et je n’ai que faire de vos conseils! Ah mais non mais!

-C’était quoi ça?

-C’était l’huissier, il est impossible mais je ne peux pas le muter il est délégué C.G.T ! J’avais complètement oublié ce rendez-vous avec le Nonce mon Dieu… rhabillez vous Jean-Louis… rhabillez-vous…

-Non mais tu rigoles avec la forme que je tiens… putain je vais te lui faire des jumeaux moi au nonce!

-Nooon Jean-Louiiiis!!! Noooooooon pas le Nooonce!!!