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Archive pour 15.9.2010
NORDNMARK ONE POINT!H.T.Fumiganza 32…
15.9.2010 par admin.
31 Juillet… suite…
Elle porte une petite jupe à carreaux et toujours ses couettes, Dieu du ciel comme elle est restée gamine!
Une demie douzaine de ses amis, des garçons robustes en parfaite santé, viennent la saluer avant de partir:
-Bon Klo-Klop on doit y aller on a entrainement, et encore merci pour cette nuit. Tu étais partout, devant, derrière… Ah c’était…. c’était inoubliable!
-Oubliez ça, bon au revoir les garçons et de toutes les façons c’est pas tous les jours que vous gagnez contre les Rangers.
Une fois les garçons partis, Klopilde nous explique que c’était l’équipe de football de l’université et qu’ils ont remporté une importante victoire qui a été fêtée jusque tard dans la nuit… et même jusque tôt dans le matin.
-Et les voisins? M’interrogeai-je.
-Les voisins ils étaient là! Ils doivent même être encore sur la moquette du salon!
-Et vous mon cher Lopeck, malgré la fête ce matin quand je suis arrivé, fort tôt d’ailleurs, vous étiez déjà sur le pont .
-Moi le nuit je dormirrrr! Nous répond-il toujours depuis son dessous de baignoire.
-Bon et bien moi je vais mettre un peu d’ordre, aprés quoi on pourrait aller avec mon Papatkë chéri visiter un peu la ville.
Je l’aide dans ses tâches ménagères, ranger les coussins, pousser dehors les porto-ricains qui sont dessous ou vider les cendriers pleins:
-Ils fument de drôles de cigarettes tes amis, regarde elles sont coniques, on dirait… ne seraient-ce point là ce que l’on appelle des pétards!
-Que veux-tu papa chéri, ils sont jeunes.
-Tu n’en fumes pas j’espère?
-Lopeck me tuerait, il a bien trop peur pour son fils!
-Car un fils ce sera?
-Oui, oui un garçon c’est certain.
-Mais qu’est-ce qu tu fais?
Klopilde est en train de ramasser des bouts de plastique qui jonchent la moquette et de les lancer aux chiens qui restent sur le seuil comme au garde à vous et mâchent longtemps chaque morceau avant que de l’avaler avec un gros gloup!
-Regarde comme ça les amuse!
Je me penche un peu sur la moquette, je ramasse l’un de ces objets intrigants, on dirait des ballons de baudruche dégonflés et dégou… li… nants… de…
-Des capotes! Mais ce sont des capotes usagées!
-”Il faut bien que jeunesse se passe!” comme vous dîtes en France. Allez viens mon Papatkë joli on va se promener en ville et d’abord déjeuner, j’ai une de ces faims !
Ma douce Klopilde appelle un taxi, c’est un cubain, il s’adresse à mon enfant en cubain dans le texte… non plutôt dans le taxi. Il ne sait pas que j’entends fort bien l’espagnol, pendant des années nous y avons passé d’excellentes vacances sur l’Île de Majorque avant que je ne rachéte notre vieille terre de Bonpéze que monsieur mon père avait vendu à de vagues cousins: les Mairdleux de la Momerie.
-Il a une sâle gueule ton micheton, si tu veux on va te le faire crâcher un max, je lui fais faire le tour de la ville pendant que tu l’endors avec une gâterie, j’appelle les amis et on te l’arrange dans un terrain vague, j’en connais des très bien.
-Mais enfin Josépito tu n’y penses pas, c’est mon papa chérie.
-Ah ouais! Ah c’est pas vrai! T’as un père toi ma poule et depuis longtemps? Il a pas dû te faire beaucoup d’usage. Bon en route c’est moi qui régale, je te dois bien ça avec tous les coups que tu m’as servis!
J’interroge mon enfant en nordmois, langue peu usitée en ces contrées:
-Tu as d’étonnantes fréquentations ma fille?
-Oh je ne risque rien, ce sont des amis de Lopeck.
-J’aimerais connaître aussi quelques uns de tes professeurs…
Il en est de fameux à la Florida’s Surf and Smurf University (FSSUF).
-Si tu veux…. tiens j’inviterais ce soir le Professeur Jacques Alacan c’est un français très connu l’un des derniers philosophes structuralistes, il est passionnant quand il a trop bu il se met à destructurer, on ne peut plus l’arrêter.
Nous déjeunons de salades, l’établissement en sert 9865 différentes au bord de l’eau dans une marina, le paysage est splendide, hormis les batîments tape à l’oeil, la pelouse artificielle, les palmiers racoleurs et la mer qui semble repeinte de la veille, le seul ennui c’est que Klopilde y connait une quantité de monde, de nobles quinquagénaires habillés en yachtman et toutes les trois minutes, elle sort son carnet pour noter des rendez-vous, mais ce sont surtout des femmes, le plus souvent fort jolies quoiqu’exagérément blondes et apprêtées qui l’abordent:
-Klo-Klop je vois que tu es en clientéle ….
-Mais non voyons c’est mon papounet chérie, qu’est-ce qu’il y a ma Cynthia?
-C’est pour mon client du 16, il voudrait qu’on fasse ça pendant une pêche au requin. Tu sais que je supporte pas le bateau, tu pourrais pas lui coller Sonja?
-On va arranger ça, je vais demander à Lopeck, je t’appelle, ciao.
-Enfin ma fille pourrais-tu m’expliquer ce que sont-ce au juste ces activités qui t’accaparent tant?
-Oh je fais juste un peu de… d’animation commerciale, je prends les rendez-vous de Lopeck, j’organise des fêtes, je procure des hôtesses, quelques fois je donne un peu la main comme avec les fôtbaleurs de cette nuit, les filles n’en pouvaient plus, c’est Lopeck qui m’a appris le métier.
-Il est très travailleur?
-Ah ça très.
Brave garçon ce Lopeck, je confesse que je goûte assez ces longues conversations sous l’évier que j’ai avec mon beau fils en lui passant la clef de 12 c’est un garçon attachant et qui s’est fait seul à la force du poignet, et il en faut de la force dans le poignet pour exercer ce métier de contraintes et d’effort. Quand soudain, amenée par je ne sais quelle tellurisme paternel en provenance directe des mes entrailles, passe devant mes yeux la fîche de renseignements que m’avait présentée cet imbécile de Thör Dupondsen et les deux condamnations pour proxénétisme du polak.
-Tu… tu ne te livres pas au… au proxénétisme au moins?
-Oh Papounet tu as de ces mots. Il faut être moderne, aujourd’hui c’est un bizeness comme un autre.
Je m’effondre dans ma salade cumin/betterave/pamplemousse, avant que de me ressaisir et de me redresser derechef en empoignant mon couteau… à salade:
-Mais je vais le crever moi ç’t empaffé de polak!
-Ah je vous en prie père pas de scandale, je suis connue ici.
La terre me manque, assailli comme je le suis par une mêlée de sentîments contradictoires: tue-je? Egorge-je? Ou Pardonne-je?
Je me rééffondre sur mon fauteuil au moment où le garçon apporte le dessert, une salade aux fraises chou rave et huitres chaudes sucrées.
-Enfin Klopilde mon enfant tu n’es pas raisonnable, as-tu oublié que tu es dans la liste de succession au trône de Nordnmark?
-Troisiéme! Il y a ce nazillon de Koonradt et ce demeuré d’Uurtikern avant moi, autant dire que sauf épidémie, tremblement de terre ou autres circonstances favorables…
-Ne parle pas comme ça de tes frères nous sommes une famille unie.
-Et puis de toutes les façons ça ne m’intéresse pas, j’ai vu pour maman c’est trop de soucis.
-Il est de fait que pour une femme, régner n’est jamais facile, c’est plutôt une affaire d’hommes.
-Qu’est-ce que tu racontes maman se débrouille très bien. Non moi je veux mon indépendance… parlementaire, être autonome, ne pas dépendre toute ma vie d’une bande de députaillons, médiocres et grégaires, imagine que ces imbéciles par démagogie me coupent ma liste civile, qu’est-ce qu’il me restera pour vivre et élever mon enfant, je préfére prendre les devants.
-Prendre les devants… et aussi les arrières !
-Ne soyez pas trivial père !
Je reconnais qu’elle n’a pas tout à fait tort, le parlementarisme est une plaie mais je ne peux pourtant lui donner entiérement raison.
-Bon écoute vous fermez votre petite entreprise et vous revenez au Nordnmark, ton mari a un bon métier, je parle de la plomberie, pas de l’autre… et toi tu pourrais t’inscrire à l’Université de Boeren ou d’Upschlout et je ne dis rien à Maman c’est promis…
-Faire du surf à Upschlout sur la baltique? Entre les icebergs peut-être?
-Mais bon Dieu il n’y a pas que le surf dans la vie! Je ne sais pas moi tu pourras faire de longues balades en traineau au printemps dans le Proomsberg ou de la luge l’été dans le Thöf. Et en attendant, puisque l’année universitaire est terminée, sais-tu ce que nous allons faire? Nous allons tous ensemble passer un bon mois de vacances à Bonpéze, je demanderais une permission à son chef de corps pour Koonradt et tu peux même emmener ton… ton polak, mais il faudra bien l’attacher qu’il nous bouffe pas les poules… ah te souviens-tu quand tu étais petite ce qu’on s’amusait là-bas à cueillir les cerises, ou à faire la moisson avec les paysans… songe aux champs de blé dur mûr…
-Le blédurmur? Qu’est-ce que c’est que ça? Mais merde j’ai grandi depuis et les péquenots ça m’a toujours fait chier.
-Ah ne parle pas comme ça ma fille ! Pas de nos gens!
C’est peut-être les fraises, ou les huitres ou les propos de Klopilde ou le mélange de tout ça mais j’ai comme un poids sur l’estomac.
-Bon si tu me faisais visiter un peu cette ville, j’en suis curieux.
Miami est une ville sans doute d’antique peuplement mais de construction récente et de civilisation quasi inexistante, toute sillonnée de retraités, de culturistes, d’étudiants et de caniches en shorts, lunettes de soleil et casquettes, étonnant ce culte rendu à l’accessoire sous un ciel vide meublé d’un soleil célibataire, l’on se croirait dans un meublé mais en plein air, une contrée éternellement vacante comme entre deux locations, un pays bande mou bien loin de nos plages méditerranéennes tellement érectiles.
Quand nous retournons chez Klopilde, au petit trôt, les bras chargés de victuailles en vue de la petite réception qu’elle veut donner ce soir, Lopeck Glissanski est dans le garage, sous sa bagnole en train de s’amuser avec le delco, c’est comme ça qu’il se détend: en bricolant sa voiture, c’est définitivement un c… euh… un garçon intéressant, je lui balance préventivement sa clef de 12 et m’en vais prendre une douche.
(à suivre…)
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NORDNMARK ONE POINT! H.T.Fumiganza 31
15.9.2010 par admin.
31 juillet
La Floride nous voilà! Non ce ne doit pas être ça.
L’avantage avec un sous-marin atomique c’est que l’on n’a nul besoin en route de s’arrêter pour ravitailler, l’inconvénient c’est que l’on ne peut collecter et collectionner ces petites figurines ou ces gadgets amusants que distribuent chaque fois que vous y faîtes le plein, les pétroliers ravitailleurs véritables stations service à la mer.
Malgré tout la propulsion atomique vous donne une liberté étonnante et fort agréable. Imaginez cela sur un pédalo et le concept même de loisirs en est changé. Je jette sur le papier ces quelques idées originales, il me semble, en prévision d’un prochain livre que je prépare où j’entends bien livrer ma vision du monde actuel et à venir. Le réchauffement climatique, la fonte de la culôtte glaciaire après un régîme dissocié même la place du caleçon dans nos sociétés contemporaines, j’essaierais d’aborder tout sans idées préconçues et avec ma propre sensibilité d’écrivain.
Dés que nous abordons au matin, je fonds sur un taxi, lui donne l’adresse de ma douce mais coupable Klopilde, depuis ses épousailles surprenantes elle loue une grande maison en ville, à proximité de l’Université.
Quand j’arrive chez elle la maison est pleine de jeunes gens avachis sur les canapés défoncés, défoncés je pense que les jeunes gens sus nommés le sont aussi un peu, cela sent une drôle d’odeur, une manière de parfums de tabacs turcs qui flotte dans l’air, j’ouvre en grand les fenêtres, il fait un soleil magnifique, après quoi j’appelle :
-Klo-Klop ! C’est Papatkë!
Mais elle ne répond point, je visite la maison, toutes les chambres sont pareillement occupées par des jeunes gens, plus ou moins jeunes d’ailleurs, mais tous ronflants et débraillés, certains sont même fort nus!
-Klopilde où es-tu?
-Ici! Me répond une voix mâle qui n’est nullement celle de mon enfant, elle provient de la cuisine, j’y cours, un homme en cottes bleus est à demi enfoui sous l’évier de la cuisine:
-Je Lopeck Glissenski. Vous cherche Klopilde ma femme, elle être bibliotek Universitek? La clef de 12 je please!
-Ah bien: Fort bien! Vous êtes donc son époux! Fort bien je suis son papa Prin….
Je me retiens de décliner mes tîtres et dignités, qui risqueraient de quelque peu amidonner nos relations que je veux ouvertes et dénué de tout préjugé, ce n’est pas parce que ce foutu prolo slave s’est payé une petite pute dans les toilettes d’un aéroport international et que cette petite pute était ma fille qu’il me faut lui en tenir éternellement rigueur!
-Raoul de Bonpéze.
Il me tend la main, je la lui sers, cela dure, il ne veut pas la lâcher enfin il dit toujours sans sortir de sous son évier:
-’pouvez pas passer moi la clef de 12 ! Je please.
-Mais… mais bien sûr, la clef de 12 donc…
Je fouille dans sa sacoche en cuir de plombier et je la lui rapporte triomphant:
-Voilà la clef de 12!
-Pas la débouchée, la plate! Je please.
Je me conforme à ses souhaits, je les satisfais même, il grogne quelque chose en polonais non sous titré mais qui ressemble fort à un remerciement mal articulé.
-Ce sont des camarades de Klopilde?
-Ah ça êtrrre petits cons! Marrrteau je please!
Je lui dis toute l’estîme que j’ai pour les métiers manuels.
-Gagner crrroûte bientôt môme faut bien!
Je lâche son marteau sur mes pieds:
-Aïe! Vous voulez dire que Klopilde est enceinte?
-Tac! Pas elle dirrrre papa?… Moi dirrre Marrrrteau!
Il commence à m’agacer avec ses outils, je ne suis pas infirmière mais bientôt… grand-pérrre! Je lui passe quand même son foutu marteau.
-Vouloirrrr café?
-Je… je veux bien.
-Toi fairrrre deux tasses, cafetiérrrres là-bas!
Il m’énerve ze polish plumber avec ses roulements de “r”!
Enfin, je fais du café pour deux, je lui tends la tasse, il est toujours en immersion sous son évier, il aurait du faire sous-marinier plutôt que plombier ce garçon.
-Je vais un peu m’aérer et me détendre les jambes.
Je le laisse à ses problèmes de tuyauteries pour aller marcher dans le jardin et méditer un peu. Le jardin est charmant quoique salissant, il est jonché d’énormes crottes de chien Je suspends très vite me exercices et laisse là mes méditations car deux énormes molosses viennent à ma rencontre en aboyant et en me montrant les dents.
Je retourne à la cuisine, mais mon … beau-fils a disparu, j’appelle:
-Lopeck! Cher ami où êtes-vous?
-Je être là!
Je le retrouve dans la salle de bains, sous la baignoire.
- Pas énerrrevez les chiens! Clef de 12 je please.
Je suis à deux doigts de la lui balancer à la figure mais un: de figure je ne vois point et deux: c’est alors que j’entends la douce voix de ma tendre Klopilde:
-Bonjour les gentils chiens… oui vous êtes mignons mes amours… oh mais dîtes donc vous êtes encore là vous! Coquins! Allez mes bons amis rhabillez-vous et remettez un peu d’ordre voulez-vous… Lopeck mon ravichou adoré tu es là?
-Je être sous baignoirrrre! Répond l’homme des sanitaires.
Klopilde vient à nous:
-Oh papatkë! Mon papatkë jolitkë! Que je suis contente de te voir!
Elle se jette dans mes bras, quelle bonne enfant! Malgré tout je la gourmande un peu:
-Tu comprendras que j’attends des explications!
-Eh bien moi j’attends un bébé.
-Je sais notre ami me l’a appris.
-Ah vous avez fait connaissance, je suis contente tout plein, je suis sûre que vous allez sûrement vous entendre merveilleusement!
(à suivre…)
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