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La cellule de maintien idéologique by G.M.Neoletto 1/2

Posté par admin le 19.6.2009 @ 04:06 Dans Feuilletons | Aucun commentaire



La Cellule de maintien idéologique 1/2 Par G.M.Néoletto.
Les aventures de Jean-Plaude et Jean-Cluc militants Umpistes de la Basse-Meuse

Avec Jean-Plaude on avait travaillé dur pour monter l’université d’été des jeunes de l’UMP Basse-Meuse à Moulzy-Benrond où on est élus municipaux. C’était un grand honneur qu’on nous faisait, pour plus de commodité et bien préparer les préparatifs on avait décidé d’organiser ça au mois de Novembre, il allait y avoir de l’affluence dans la plaine des sports (l’ancien champs d’épandage du père Mouillot qu’on lui avait loué pour 99 ans renouvelables) surtout qu’on avait réussi à avoir Nadine Morano en “guéste stare”. Mais enfin le jour dit tout était en place, le chapiteau, les stands, les attractions (on avait retiré in extremis le “lancer de nains” après un coup de fil furibard de l’Elysée-entertainment and resorts corp. TM).
Et voilà que la Morano débarque, toujours élégante dans un tailleur emperlé vert pomme à volants roses, cette femme a une classe ! Dés qu’elle voit la piste de danse, elle s’y précipite en entraînant à sa suite les photographes du “Bas-Meusien Libéré” qui n’en demandaient pas tant:
-Tiens toi Jean-Cluc tu me gardes mon sac et mes chaussures!
J’obéis, je prends le sac à main et les pompes et … zzzzllllunnngggg y a le T.G.V qui me passe au ras, ah vrai ça surprend, surtout qu’à Moulzy-Benrond, le TGV y s’arrête pas d’habitude, il y a même pas de gare.
Ce coup-ci, exceptionnellement il s’est arrêté… dans la salle de télé de la polyclinique d’Orthogénie des Pinouillettes, il avait raté le strike de peu, à droite il y avait la maternelle Daniel Cohn-Bendit et dix mètres de plus et il entrait dans la maison de retraite échangiste Françoise Dolto qu’on venait d’inaugurer, là qu’on a regretté d’avoir déconstruit la cathédrale au milieu de la place de… la cathédrale, ça aurait amorti le choc surtout que la déchetterie modèle (elle a été bénie par Nicolas Hulot) qu’on a mise à la place, elle schmecte modéle les soirs d’été, enfin c’est le progrés, même s’il commence un peu à dater leur progrés. Bon je reviens au TGV, putain, je peux témoigner que ça impressionne un événement comme ça, ‘faut l’avoir vécu.
Et comme un couillon je restais immobile avec mon sac et mes pompes roses à la main, enfin je tourne la tête vers l’endroit où se trouvait encore, il y avait même pas dix minutes, leur légitime propriétaire: plus rien. Tout avait été labouré, et pour labourer la Morano il en faut, vrai un sillon de trois mètres de haut qui traversait l’agglomération jusqu’au Pinouillettes. Autant dire que de la Morano il en restait plus grand chose juste un faux cil et un bout de ficelle de string ministériel tricolore!
Là-dessus le père Mouillot qui arrive, bien avant les secours, furibard, il nous montre avec sa cannes les corps éventrés, le sang et la tripaille partout jusque dans les arbres, les mômes qui pleurent, les dames qui cherchent leurs slips:
-Avec toutes vos orgies vous m’avez tout salopé mon bien ‘Va falloir me remettre tout ça en ordre ou sans quoi je reprends le bail!
Heureusement les secours arrivent… mais non c’est pas les secours c’est la Cellule de soutien psychologique que la Préfecture a envoyé sur place en urgence, les secours y sont bloqués par le pont du TGV qui s’est effondré sur la nationale, pour ça que le TGV il a déraillé nous esplique le chef du CUMP (Cellule d’Urgences Médico-Psychologiques, c’est comme ça que ça s’appelle officiellement!) le Docteur Craquebume qui d’après ce que je comprends est psycho-sociogogue de formation:
-Mais nous on est passé avec le 4X4 par le Plessis-Les-Meules et le Parc naturel de la Brêle sur Meuse, eux y sont pas au courant du raccourci, c’est aussi bien comme ça on va pouvoir faire le tri tranquillement… vous portez toujours à la main un sac et des chaussures roses à talons ou bien c’est seulement les jours de fête?
-Non… non c’était pour la danse je…
-Eh ouais je comprends les talons ça gêne pour danser… on va verbaliser tout ça…
Il avait commencé de passer en revue avec ses collègues les victimes exploitables, il faut dire qu’il avait le choix, tout était en vitrîne et il y en avait partout:
-… non celui-là on le prend pas, il a paumé un bras, çui-ci il va claboter, tiens y fait de drôles de bruits lui… marrant… vous comprenez nous on s’occupe que des “impliqués” et encore à peu près indemnes, ‘faut pas faire les difficiles non plus mais les blessés on les laisse aux collègues…
-Et les morts?
-Ah ça on s’en fout bien, on sous-traite à une usine d’aliments pour chiens, avant on faisait des chapelles ardentes mais c’est plus trop la mode aujourd’hui les gens y comprendraient rien, à la limite des mosquées ardentes oui peut-être… tenez venez on va commencer par vous cette histoire de sac à mains ça me trotte pendant que les collègues chinent on va faire un petit “défusing” sur le pouce.
Un “defusing” quézaco ça me disait trop rien, heureusement, Jean-Plaude est arrivé avec des nouvelles. Le plan Samerdouille+ avait été déclenchée, il s’agissait d’abord comme le lui avait espliqué sur son portable le sous-préfet de secourir les secours qui étaient toujours bloqués par le pont effondré, surtout qu’ils s’en étaient pris un bon bout sur la tronche à force de lanterner là-dessous et qu’il commençait à neiger.
-… ils voulaient envoyer des hélicos mais le plafond est bas et de toutes les façons le seul hélico en état de vol qu’ils avaient il est en Afghanistan pour lutter contre l’Axe du Mal.
En plus les passagers du TGV commençaient à débarquer et à venir dans la Plaine des sports morts, c’était en majorité des cadres d’une grosse boîte d’informatique qui se rendaient à un séminaire et ils commençaient à renauder parce qu’ils allaient être en retard pour le Corporate Meeting d’ouverture. Ils marchaient au milieu des cadavres et des agonisants en faisant attention à ne pas se tâcher, le portable à l’oreille, le sac à dos hyperlight à l’épaule, ils regardaient, comme un môme un sacarbée sur le dos. Les plus charitables filmaient les agonisants avec leur I-Phone pour mettre le film sur “You tube” si Paris-Match ne se décidait pas à leur acheter “les images du drâme” pour les retoucher dans les tons “fin du monde/ce que c’est que de nous!” (à suivre…)


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