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Archive pour juin
Casse-toi pov’con à Matignon! by Lofti Benayak 1/1
29.6.2009 par admin.
Casse-toi ‘pov’ con à Matignon! 1/1 par Lofti Benayak
Le journal de François F. soumis.
Les jours de remaniement c’est toujours difficile, il y a une ambiance tendue, ça téléphone de tous les côtés, moi comme d’habitude je me mets dans les coins, je me fais petit, ouais encore plus petit quoi parce que mon vénéré maître est très énervé, mais cette fois ça a été encore pire, la veille déjà on avait une entrevue vachement tendue, je m’étais rebellé, non mais pour de bon:
-J’en ai marre de passer pour un con et que tu fasses tout dans mon dos sans m’en causer, j’en ai parlé toute la nuit avec Pineulope et…
-Et…
Il avait son petit sourire cruel mais je me suis pas laissé démonter, de toutes les façons Pineulope, ma femme, euh mon mari, mon autre chef quoi, elle m’avait dit que si je me dégonflais encore un coup je pouvais aussi bien pas revenir à Matignon, et elle avait donné des consignes aux gardes républicains de pas me laisser entrer, vrai j’étais à bout, je me suis mis à pleurer:
-Et je veux des ministres à moi, rien qu’à moi, des que j’aurais choisis moi-même et qui m’obéiraient.
Il a dû sentir que j’étais prêt à tout parce qu’il a changé de sourire (il en a toute une panoplie qu’il transporte avec lui comme un lanceur de couteaux se baladent toujours avec son jeu de couteaux trafiqués), il m’a même tapoté l’épaule.
-Bon écoute, c’est vrai qu’à ton âge c’est normal de vouloir des ministres bien à soi, mais il faut comprendre mon garçon, que dans la vie tout n’est pas donné comme ça, j’ai des obligations tu le sais, tu es en âge de comprendre… mais enfin je vais voir ce que je peux faire.
Il est passé derrière son bureau et il a refait ses comptes, j’osais pas trop le déranger, enfin il a levé la tête:
-Bon… enfin ça va pas être commode… vo-yons… écoute je vais te donner les personnes âgées, tu aimes bien ça les personnes âgées, t’es toujours fourré avec eux, t’arrête pas d’inaugurer des foyers du troisième âge, tu t’entends bien avec eux n’est-ce pas, allez arrête de pleurer, là mouche-toi!
-Oh ce que t’es chic alors! Un ministre à moi, rien qu’à moi, un que personne jamais m’enlèvera ni ne me démissionnera, un que je nourrirai et que je soignerai et que…
-C’est ça… c’est ça, vas y réfléchir et puis tu me feras une liste et je verrais ce que je peux faire.
J’étais content mais content, les idées se bousculaient dans ma tête à l’arrière de mon tandem (il m’a collé un tandem avec chauffeur quand il a fait son ouverture aux écolos mais je m’en fous comme il m’avait déjà supprimé les motards et puis mon chauffeur monsieur Mouillard est ancien recordman de l’heure amateur du Chauvinois)
Arrivé à Matignon, je me précipite chez Pineulope, je lui avais déjà téléphoné la bonne nouvelle et elle m’attendait en haut de l’escalier d’honneur, elle avait pas l’air trop contente et qu’est-ce qu’elle était grande, trois marches avant le palier, j’ai osé:
-Ah ça y est j’ai mon ministre à moi!
-Les vieux ! It’s peanuts!
-Ah ne parle pas comme ça de nos aînés veux-tu, ce sont eux qui ont fait la France d’aujourd’hui…
Eux qui avaient élu Giscard et puis Mitterrand deux fois même quand il était déjà mort et puis Chirac et puis… et puis… ourps ah ouais ça commençait à chiffrer quand même! Salauds de vieux!
-Well, c’est mieux que rien, allez hurry up va manger ton soupe and tu fais ton coucher à neuf heures!
Dans mon petit lit de ma petite chambre sous les combles (Pineulope elle aime prendre ses aises dans un grand lit) j’arrivais pas à m’endormir, je pensais à mon ministre, qui j’allais bien pouvoir prendre, j’avais en tête quelques noms, tous des natifs de Pathétique-sur-Navrant comme moi, des “pays” quoi, le Père Laridondette peut-être qui s’occupe si bien de la salle paroissiale ou Mademoiselle Migeon si dévouée aux autres, oh oui une bien bonne personne et je m’endormis après avoir fait une prière de remerciement à Sainte Blondaine du Dahut qui avait si merveilleusement exaucé mon voeu.
Le lendemain, j’arrive tranquillement à l’Elysée avec ma petite liste, oh il y avait du monde partout, partout et ça téléphonait, je fais discrètement signe à l’huissier en chef Monsieur Boulon que je suis là et que je sollicite une entrevue, il m’avait pas vu, il me facilite bien les choses, lui aussi il est du Chauvinois et après trois heures d’attente sur mon petit bout de banquette enfin mon maître admiré me reçoit, il n’a pas l’air de bonne humeur.
-Quoi qu’est-ce que tu veux toi encore?
-Je… je t’ai apporté ma petite liste, si tu as le temps…
-Ta petite liste de Noël?
-Mais non c’est pour mon ministre que tu m’as promis hier, tu sais bien!
A ce moment l’un de ses portables sonnent, il en a quatorze, je sais pas comment il s’y retrouve, quel homme!
-Oh Mister my Président! My deepest respects of the evening Mister my Président…
Et il commence à causer en anglais, langue que j’entends à cause de Pineulope qui m’engueule toujours en anglais, parce qu’elle dit que ça vient mieux, enfin il écoute surtout et il faut voir comme il est respectueux et obéissant, il raccroche enfin, il a tout blêmi du visage.
-Ah écoute je peux pas, le directeur des Finances Publiques sort d’ici, c’est la faillite, on peut même plus imprimer les papiers pour l’emprunt d’état, on va faire ça par Internet comme pour les crédits revolving, ils souscriront, ils sont tellement cons. En attendant je suis obligé de prendre plus que des ministres payants. Ah il faudra aussi que tu te charges de virer les arabes du gouvernement, tu te débrouilles comme tu veux tu fais un plan social, mais pas des mille et des cents, leur huit jours, la prime de retour au pays et basta on a plus le rond!
-Mais et ton grand truc, la Diversitude!
-Pour ça pas de problèmes il y en aura des arabes, mais des qui ont du fric pas du goinfrard de travailleur social, j’ai pris deux koweitiens très bien et un cousin du cheikh d’Abu-Dhabi, il n’y a qu’un problème je sais pas où je vais mettre l’américain?
-L’américain?
-Ouais un collègue de la CIA, John D. Kaykett, le chef vient de m’appeler et il veut absolument que je le prenne il part en retraite et il a besoin de s’occuper…
-Mais… mais tu as un chef?
-Ben oui comme tout le monde!
Quand même j’imaginais pas qu’il obéissait aussi bien lui aussi.
-Mais… mais ton type-là il est pas français!
-Mais on s’en fout de ça on lui trouvera des papiers, c’est pas un problême et puis il a une maison dans le Lubéron, il parle un peu français… enfin comme nous et moi quoi!
-Mais et mon ministre… mon ministre que tu m’avais promis !
Je recommençai de pleurer:
-Ah et puis arrête de chialer tu vas encore tâcher le parquet et après j’ai le petit personnel CGT sur le dos!
-Salaud! Salaud! Salaud! T’avais promis! Je répétais en serrant mes petits poings.
Là il s’est vraiment mis en colère:
-Casse-toi ‘pov con à Matignon! Il a gueulé… et je suis parti.
Depuis j’ose plus rentrer à Matignon, Pineulope doit être furax, je dors dans le garage à vélos
de Monsieur Mouillard, qui est bien obligeant, ce qui est marrant c’est que personne s’est aperçu de ma disparition.
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Nordnmark one Point! by H.T.Fumiganza 16…
26.6.2009 par admin.
Nordnmark one point! 16 by H.T.Fumiganza
30 Juin
Je suis dans la sidération la plus compléte, ma Klopilde, ma douce, ma virginale et candide, ma luminescente Klopilde, qui poursuit des études de Coiffure Internationale à la Puff and Surf University of Florida’s Bitch s’est mariée ce matin à Las Vegas avec un plombier polonais rencontré dans les toilettes de l’aéroport international de Vancouver où semble-t-il elle était en transit et lui en mission.
C’est l’agence de presse du Royaume, l’Agence Fröders qui l’annonce.
Sa mère est effondré, ses frères sont effondrés, je suis moi-même debout mais largement fissuré dans mes certitudes. On l’imaginera sans peine.
Que d’interrogations m’agitent: mais pourquoi aller si loin pour ça ? Des plombiers polonais il y en a partout en Europe, non ? Il me semble enfin oui.
Et que faisait-elle dans les toilettes de l’aéroport de Vancouver?
Et pourquoi Las Vegas pour une union ? Quand nous avons ici un certain nombre de cathédrales certes protestantes mais en parfait état de marche, lors de la prétendue Réfôrme les églises catholiques du Royaume ayant été rasées, ruinées ou laissées à l’abandon, sans doute par esprit de tolérance, mais malgré tout il eut été tellement plus agréable que les épousailles se fissent en famille et en même temps avec une certaine pompe (… mais de préférence sans le plombier!), d’autant que je me serais arrangé pour que le Père Fulmance Des Emplettes leur refile une petite bénédiction au passage Et puis… et puis que je sache la douce enfant ne parle point le polonais.
La famille est réunie dans la salle du Breakfeast de nos appartements privés du Palais et nous attendons, fébrilement les nouvelles, elles arrivent hélas portées par Urinald Fun Froeben comme autant de coups de canons démantelant la forteresse austère et que nous croyions inexpugnables de nos principes:
-Ce p… de s… d’o…. de Polak est divorcé trois fois et il a sept mômes! Ce Monsieur Lopeck Glissenski, c’est un nom parlant, a fait de la prison en Turquie pour trafic de blondes (Dieu merci Klopilde est auburn!) et en Polakie pour proxénétisme aggravé. M’écrié-je sans me départir totalement de la maîtrise de mes nerfs.
-Oui ce monsieur nous semble être un triste individu en vérité! Conclut Gretaetkë en se resservant du thé.
-Mummy je crains qu’il ne nous faille déshériter cette pauvre Klopilde et la retirer de la liste de succession au trône. Propose Koonrardt désespérant de calme dans son uniforme, et tout en beurrant sur les deux faces et les côtés (c’est un perfectionniste!) sa biscotte.
Ce qu’il peut être agaçant ce môme parfois!
-Tu vas te taire petit Koon! Explosé-je.
-Je vous rappelle Monsieur le Prince consort que vous vous adressez au futur et prochain souverain de Nordnmark.
-Pas si prochain que celà mon fils! Rectifie la reine en lui allongeant une baffe qui propulse sa biscotte beurrée sur le plastron de son bel uniforme.
Il faut reconnaître à ma Poupetkë un don quasi surnaturel, elle a toujours eu une trés bonne droite, pour apaiser les conflits et corriger les insolents.
-Vous énervez pas boyz’d'girlz, intervient mon brave Ulriktkë en slurpant plus que nécessaire son chocolat et en dévisageant son téléphone portable, quand elle en aura marre la Klo-Klo elle divorcera de son vieux et personne en parlera plus!
-Dois-je vous rappeler monsieur le Prince héritier en second que notre soeur est troisiéme dans l’ordre de succession et que s’il nous advenait quelque adversité, elle aurait à régner sur notre Royaume. J’imagine mal un plombier polonais en Prince consort, il est vrai qu’il est des précédents qui peuvent autoriser toutes les audaces et…
Avant même que cette petite peste de Koonrardt eut terminé sa phrase qui s’annonçait comme possiblement désobligeante à mon endroit ma Poupetkë lui en a retourné une seconde qui envoie la biscotte qu’il beurrait sur le col de son uniforme .
Il se léve toujours maître de lui et glacial mais avec de meilleures couleurs aux joues, des biscottes beurrées plein son uniforme et une trés chouette casquette sur le chef.
Il a de l’allure le fiston, il tient de son père.
-Majesté je demande la permission de me retirer dans ma caserne !
-Ta caserne? M’interrogeai-je de vive voix.
-Notre fils fait son service militaire mon ami. Me renseigne la reine.
J’avais complétement oublié, c’est pour ça qu’il est en uniforme, il faut dire aussi qu’il est plus souvent au Palais qu’à sa caserne.
-Tu ne sers pas dans la Marine au moins fiston ? Lui demandai-je un peu inquiet en lui tapotant paternellement l’épaule.
-Non dans l’armée de l’air.
-Ah je préfére. (Il faut dire que jusque là je ne leur ai jamais vendu de zincs). Allez amuse-toi bien petit Koon. (C’est son diminutif familial) Lui dis-je en l’embrassant sur le seuil du couloir, je l’accompagne du regard jusque dans les escaliers quand soudain retentit derrière moi un voix familière, oh tellement familière!
-Alors grolartkë tu as des nouvelles de la petite? Toi tu as encore pris du bide !
Cette voix tintammarante et boulevardière c’est celle de son altesse royale la Princesse Birgitkë de Nordnmark, pour les intîmes (et ils sont nombreux!) et le bon peuple Prinzipin Gui-Guitkte, la soeur jumelle de la Reine, née seconde elle n’eut pas droit au trône. Au naturel: une nature! Elle a longtemps défrayé la chronique du gotha par ses frasques et fait la une des journaux à scandales et autres pipolades, aujourd’hui elle est un peu comment dire? “rangée des voitures.” (à suivre…)
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La cellule de maintien idéologique by G.M.Neoletto 1/2
19.6.2009 par admin.
La Cellule de maintien idéologique 1/2 Par G.M.Néoletto.
Les aventures de Jean-Plaude et Jean-Cluc militants Umpistes de la Basse-Meuse
Avec Jean-Plaude on avait travaillé dur pour monter l’université d’été des jeunes de l’UMP Basse-Meuse à Moulzy-Benrond où on est élus municipaux. C’était un grand honneur qu’on nous faisait, pour plus de commodité et bien préparer les préparatifs on avait décidé d’organiser ça au mois de Novembre, il allait y avoir de l’affluence dans la plaine des sports (l’ancien champs d’épandage du père Mouillot qu’on lui avait loué pour 99 ans renouvelables) surtout qu’on avait réussi à avoir Nadine Morano en “guéste stare”. Mais enfin le jour dit tout était en place, le chapiteau, les stands, les attractions (on avait retiré in extremis le “lancer de nains” après un coup de fil furibard de l’Elysée-entertainment and resorts corp. TM).
Et voilà que la Morano débarque, toujours élégante dans un tailleur emperlé vert pomme à volants roses, cette femme a une classe ! Dés qu’elle voit la piste de danse, elle s’y précipite en entraînant à sa suite les photographes du “Bas-Meusien Libéré” qui n’en demandaient pas tant:
-Tiens toi Jean-Cluc tu me gardes mon sac et mes chaussures!
J’obéis, je prends le sac à main et les pompes et … zzzzllllunnngggg y a le T.G.V qui me passe au ras, ah vrai ça surprend, surtout qu’à Moulzy-Benrond, le TGV y s’arrête pas d’habitude, il y a même pas de gare.
Ce coup-ci, exceptionnellement il s’est arrêté… dans la salle de télé de la polyclinique d’Orthogénie des Pinouillettes, il avait raté le strike de peu, à droite il y avait la maternelle Daniel Cohn-Bendit et dix mètres de plus et il entrait dans la maison de retraite échangiste Françoise Dolto qu’on venait d’inaugurer, là qu’on a regretté d’avoir déconstruit la cathédrale au milieu de la place de… la cathédrale, ça aurait amorti le choc surtout que la déchetterie modèle (elle a été bénie par Nicolas Hulot) qu’on a mise à la place, elle schmecte modéle les soirs d’été, enfin c’est le progrés, même s’il commence un peu à dater leur progrés. Bon je reviens au TGV, putain, je peux témoigner que ça impressionne un événement comme ça, ‘faut l’avoir vécu.
Et comme un couillon je restais immobile avec mon sac et mes pompes roses à la main, enfin je tourne la tête vers l’endroit où se trouvait encore, il y avait même pas dix minutes, leur légitime propriétaire: plus rien. Tout avait été labouré, et pour labourer la Morano il en faut, vrai un sillon de trois mètres de haut qui traversait l’agglomération jusqu’au Pinouillettes. Autant dire que de la Morano il en restait plus grand chose juste un faux cil et un bout de ficelle de string ministériel tricolore!
Là-dessus le père Mouillot qui arrive, bien avant les secours, furibard, il nous montre avec sa cannes les corps éventrés, le sang et la tripaille partout jusque dans les arbres, les mômes qui pleurent, les dames qui cherchent leurs slips:
-Avec toutes vos orgies vous m’avez tout salopé mon bien ‘Va falloir me remettre tout ça en ordre ou sans quoi je reprends le bail!
Heureusement les secours arrivent… mais non c’est pas les secours c’est la Cellule de soutien psychologique que la Préfecture a envoyé sur place en urgence, les secours y sont bloqués par le pont du TGV qui s’est effondré sur la nationale, pour ça que le TGV il a déraillé nous esplique le chef du CUMP (Cellule d’Urgences Médico-Psychologiques, c’est comme ça que ça s’appelle officiellement!) le Docteur Craquebume qui d’après ce que je comprends est psycho-sociogogue de formation:
-Mais nous on est passé avec le 4X4 par le Plessis-Les-Meules et le Parc naturel de la Brêle sur Meuse, eux y sont pas au courant du raccourci, c’est aussi bien comme ça on va pouvoir faire le tri tranquillement… vous portez toujours à la main un sac et des chaussures roses à talons ou bien c’est seulement les jours de fête?
-Non… non c’était pour la danse je…
-Eh ouais je comprends les talons ça gêne pour danser… on va verbaliser tout ça…
Il avait commencé de passer en revue avec ses collègues les victimes exploitables, il faut dire qu’il avait le choix, tout était en vitrîne et il y en avait partout:
-… non celui-là on le prend pas, il a paumé un bras, çui-ci il va claboter, tiens y fait de drôles de bruits lui… marrant… vous comprenez nous on s’occupe que des “impliqués” et encore à peu près indemnes, ‘faut pas faire les difficiles non plus mais les blessés on les laisse aux collègues…
-Et les morts?
-Ah ça on s’en fout bien, on sous-traite à une usine d’aliments pour chiens, avant on faisait des chapelles ardentes mais c’est plus trop la mode aujourd’hui les gens y comprendraient rien, à la limite des mosquées ardentes oui peut-être… tenez venez on va commencer par vous cette histoire de sac à mains ça me trotte pendant que les collègues chinent on va faire un petit “défusing” sur le pouce.
Un “defusing” quézaco ça me disait trop rien, heureusement, Jean-Plaude est arrivé avec des nouvelles. Le plan Samerdouille+ avait été déclenchée, il s’agissait d’abord comme le lui avait espliqué sur son portable le sous-préfet de secourir les secours qui étaient toujours bloqués par le pont effondré, surtout qu’ils s’en étaient pris un bon bout sur la tronche à force de lanterner là-dessous et qu’il commençait à neiger.
-… ils voulaient envoyer des hélicos mais le plafond est bas et de toutes les façons le seul hélico en état de vol qu’ils avaient il est en Afghanistan pour lutter contre l’Axe du Mal.
En plus les passagers du TGV commençaient à débarquer et à venir dans la Plaine des sports morts, c’était en majorité des cadres d’une grosse boîte d’informatique qui se rendaient à un séminaire et ils commençaient à renauder parce qu’ils allaient être en retard pour le Corporate Meeting d’ouverture. Ils marchaient au milieu des cadavres et des agonisants en faisant attention à ne pas se tâcher, le portable à l’oreille, le sac à dos hyperlight à l’épaule, ils regardaient, comme un môme un sacarbée sur le dos. Les plus charitables filmaient les agonisants avec leur I-Phone pour mettre le film sur “You tube” si Paris-Match ne se décidait pas à leur acheter “les images du drâme” pour les retoucher dans les tons “fin du monde/ce que c’est que de nous!” (à suivre…)
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Le Schtroumpf aux étoiles by Lofti Benayak 1/1
12.6.2009 par admin.
Le Schtroumpf aux étoiles
Chagrins de bureau (étoilé) by Lofti Benayak 1/1.
-Allo nous t’écoutons, parle tu es sur l’antenne de NHS la radio des nases qui z’ont peuvent plus d’NRJ!
-Alors voilà moi c’est Nicolas et je…
-Une minute de quoi veux-tu parler Nicolas?
-Béh des rapports que j’ai au bureau avec mon nouveau chef?
-D’accord. Et depuis quand travailles-tu dans cette boîte Nico?
-A la CIA ? Oh là ça fait un bail, il m’ont engagé quand j’étais en 6° B2 au Lycée Pasteur à Neuilly, j’avais dénoncé mon prof d’anglais comme agent double parce qu’il faisait aussi prof d’espagnol… ouais enfin il donnait des cours à l’ambassade de Cuba et puis mon père qui m’a un peu pistonné ‘faut dire que dans la famille on est tous dans la CIA, mon père, ma mère, ma deuxième belle-mère, mon troisième vice-beau-père, tous mes sous-cousins et mes quart de frère même le siamois de ma 1/8° de soeur en est et c’est comme ça depuis le 17 ° siècle mais à l’époque c’était pour empêcher les turcs de rentrer en Europe et ça s’appelait la Sainte Ligue .
-C’est une sorte de tradition familiale.
-Ouais tout ça pour dire que je connais bien la maison et j’ai toujours été bien noté par mes chefs jusqu’à ce que le nouveau arrive…
-Et comment s’appelle ton nouveau chef Nicolas?
-Bicock… non c’est pas ça Baraque! Et alors ouhaiiiiiiiiiiin… inin…slurp…
-Mouche-toi Nicolas…
-Scchhhhnnllouffle!Et alors je fais tout pour lui plaire, et il me rembarre tout le temps, il me met ridicule devant tout le monde même devant la Merkel et… oh putain j’en ai marre! Marre! marre! ouhaiiiiiiiinn…
-Re-mouche-toi Nicolas…
-Re-schhhhllnnnouffle!
-Là ça va mieux? Et tu t’entendais bien avec ton précédent chef?
-Dobeliou, ah ouais ça super, il faut dire qu’on partageait plein de choses, on avait le même idéal démocratique: la prison pour tous, même les mômes, c’est la meilleure des écoles y avait que sur la couleur des tenues de bagnards qu’on était pas d’accord moi je préfère le mauve c’est plus couture. Je l’ai soutenu à fond quand il a fait la guerre pour le Golf
-La guerre du golf tu veux dire?
-Non, non c’était pour que les arabes y deviennent des civilisés comme nous et moi, qui boivent du coca, bouffent de la merde hydrogénée et pasteurisée, regardent des films pour psychopathes attardés, qu’ils deviennent des vrais démocrates obèses et surtout qu’y jouent au golf, c’était sa passion à Dobeliou pour ça qu’ils ont fait autant de trous avec leurs bombes pour les terrains de golf mais forcément comme ils débutaient on leur a fait les trous un peu plus gros c’est tout… oh toi barre-toi tu fais chier!
-Pardon Nicolas?
-C’est rien c’est Fillon, mon clébard qui me lèche les pompes… mais casse-toi pov’con à Matignon! Allez à la niche saloperie!
-Est-ce que tu n’es pas en train de reproduire le même schéma avec ton chien que celui dont tu souffres avec ton chef Nicolas?
-Non mais lui on s’en fout, il compte pas je l’ai pris pour ça, je t’ai dit de te casser tiens prends ça connard! Shlaaag!
-Kaïekaïekaïekaïeohouiencorec’estbooon!!!
-Nicolas tu as bu?
-Oh rien, trois verres de vodka… mais c’est vrai que ça me réussit pas trop!
-Est-ce que tu crois pouvoir continuer cette conversation Nicolas?
-Ouais, ouais c’est bon
-Et alors donc tu t’opposes à ce Masure ton nouveau chef?
-Pas Masure, Baraque mais non je m’oppose pas au contraire, il dit qu’il faut que les filles se voilent, je dis pareil, que la Turquie entre en Europe, j’ouvre tout grand les fesses, qu’il faut niquer sa femme le samedi matin plutôt que le jeudi soir, en avant pour la semaine anglaise!
-Et malgré tout il continue de t’humilier?
-C’est de pire en pire à la dernière conférence de presse commune il m’a dit de prendre les patins parce qu’on venait de cirer, devant toute la presse mondiale, j’avais l’air fin avec mes patins à talonnette. J’y comprends rien, Dobéliou il m’avait demandé de liquider la filiale, la première fois que je vois mon nouveau chef ch’uis arrivé tout fiérôt avec ma liste: l’armée française liquidée, la défense ridiculisée, l’industrie délocalisée, l’Afrique abandonnée, la finance reformatée U.S Bananas, et pour finir l’Otan réintégrée comme ça il a plus à se faire de souci pour ses chiottes, on les lui nettoiera. J’uis dis: c’est bien simple Mister President…
-Mister President?
-C’est comme ça que je l’appelle, lui il m’appelle “little asshole” c’est plutôt amical je pense… bon je continue, j’uis dis, vrai j’étais à bout, j’avais les nerfs, regardez Mister President les français maintenant: y passent leur vie devant la tévé à regarder les mêmes putasseries larmoyantes que les américains, c’était des queutards et des gueulards et il ont peur du grand méchant Cholestérol, y votent même pour moi c’est dire si ils se ressemblent plus, à la fin de mon premier conquenat j’aurais liquidé la filiale, y restera plus rien de la France pire que l’ex-yougoslavie et sans tirer un coup de feu alors quoi qu’est-ce que vous me reprochez:
Il m’a regardé longuement, de bas en haut, ouais finalement ça a pas duré si longtemps, et puis il m’a dit:
-C’est justement ça little asshole. Moi j’aime le France !
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Happeningue! by J.P.Chassavagne 1/1
7.6.2009 par admin.
Performance
C’était un mardi et je pensais déjà au ouiquinde à venir. Je m’appelle Jean-Pierre Rolin-Gueustone et je suis chercheur titulaire à l’Observatoire de Cognition Sociale en Pédalologie et Vélocipédologie Urbaine de la Mairie de Paris. Mes travaux personnels, mais j’en parlerai peu, tournent autour d’une renouvelée pratique citoyenne du pédalo, dans une perspective transgenre bien entendu. Afin de limiter ce qu’il peut y avoirde petit bourgeois et de déviant socialement dans un usage égotiste et personnel du vélocipéde et pour encourager au développement du transport en commun dans sa définition minimale soit le co-pédalage à Paris, nous avons fait acheter sur le budget de l’Institut: des tandems, et nous avons formé des binômes comme au temps de nos études urniversitaires.
Lors du tirage au sort le hasard ne m’a guère favorisé et j’ai hérité d’un collégue obése flatulozoïde et boulimique: Jean Gaétan Pinnequeux-Floïdeux dont la quête scientifique se résume à une comparaison des divers big-cheese en vente sur la place de Paris, il faut dire qu’il a une hérédité chargée: son père est conseiller de Paris, de droite bien entendu.
Quand je pense que nous avons adopté cette solution du co-pédalage pour polluer le moins possible et qu’il me faut promener ce personnage qui, partout où il est, pollue, la vue, le paysage, l’athmosphère, il faudrait songer à mettre un nouveau bac pour le tri sélectif: un bac à obése dont on veut se débarasser, après tout il y a bien un bac à foetus, une proposition qui a été votée par la majorité municipale avec le succés que l’on sait (bleu pâle pour les foetus mâle, rose clair pour les filles) et malgré l’opposition du père Pinnequeux-Floïdeux bien entendu dont l’éthique écologique est simplement inexistante.
Bref je suis obligé de balader partout ce type paresseux qui ne pédale jamais et ne sait pas même écrire son nom au complet.
Ce mardi je… nous quittâmes donc l’Observatoire vers les trois heures de l’après-midi après une rude journée de travail consacrée à la recherche… des clefs de la cafétéria que Patrick Zedoursse de l’unité de recherche “Grand Bi et monocycle” avait égarées. J’avais rendez-vous avec Piwoine Charençon une amie qui est attachée de presse au Musée d’Art Contemporain du Plessis-Bouchard, une fille attachante et très ouverte, enfin elle ne s’était pas encore pleinement ouverte à moi mais je ne désespérais pas, elle préparait une thése sur le général Horatz von Shmutz du haut état major allemand qui avait fini dame pipi à la gare de l’Est en 1927, la très belle histoire de quelqu’un qui avait assumé sa différence jusqu’au bout et avait fini par s’asseoir sur son casque à pointe.
Pour ma part j’avais quelques soucis personnels, afin de lutter contre la montée de l’extrémitude, je m’étais en effet inscrit au Parti Socialiste pendant la pause déjeuner entre onze heures et treize heures mais la touche de l’ordinateur s’était bloquée (le manque de moyens dans l’administration parisienne est scandaleux!) et le mail de confirmation m’indiquait que je m’étais bien inscrit quatorze fois au PS, j’avais donné mon numéro de carte bleue et je calculais tout en pédalant:
-14 fois 20… 280 teuros!
J’arrivais au Plessis-Bouchard après deux heures d’effort intense, c’est plein de faux plats ce coin, et l’autre obése derrière moi ne faisait aucun effort et quand j’avais tenté de m’en débarasser en le raccompagnant chez lui ou en le jetant au premier Mc Do, il n’avait rien voulu entendre:
-Non, non je viens-t-avec toi , ce doit être être plein chouette le Plessis-Bouchard.
Il avait son langage à lui il aurait du faire de la littérature comparée.
Et puis j’étais fatigué, je suis dégonfliste, de nature dit la chére Piwoine, enfin bref je fais partie d’une brigade de dégonflistes qui opére à la nuit dans les rues de Paris et nous avions justement procédé à une opération la nuit dernière, au moment où je dégonflais l’ultime pneu d’un énorme 4X4 américain immatriculé dans le Texas, le propriétaire tout aussi énorme et américain avait surgi, j’avais bien tenté de regagner mon tandem mais ce salaud d’obése avait retrouvé pour l’occasion toutes ses jambes et il était parti sans m’attendre, pédalant comme il ne l’avait sans doute jamais fait de sa vie et il m’avait fallu regonfler, seul et à la bouche les trois pneus, heureusement le texan avait une roue de secours toute neuve.
On peut m’appeler un activiste mais enfin quoi il faut bien faire bouger les choses, par exemple je ne comprends pas comment l’on peut prendre sa bagnole pour aller travailler, cela me semble appartenir à ces pratiques compulsives qu’il faut proscrire si l’on veut laisser une terre décente à nos enfants… à nos neveux… oui enfin aux enfants du gardien de l’Observatoire, un sri lankais charmant quoique un peu trop travailleur d’après ses collégues.
Pour ça aussi que je me suis inscrit au PS… quand même 280 teuros! Il faudra que je leur téléphone pour me faire rembourser, au moins une dizaine d’adhésions.
Cela me rappelle une aventure récente, j’étais à la montagne, dans les alpages, j’arrive en haut d’une côte, le désert bienvenu, quand j’aperçois un gros boeuf qui fumait son cigare, seul au milieu de la nature, je ne sais pas si l’on voit combien une telle pratique est simplement de nature profanatoire, sans compter les risques d’incendie, certes nous étions dans les Vosges au mois de Novembre mais enfin pour le principe je me suis approché et je lui en ai fait la remarque en ajoutant que que nous n’avions qu’une terre et qu’il nous fallait y vivre ensemble, il m’a répondu que je n’avais qu’à ouvrir la fenêtre, on voit le niveau, alors là je me suis énervé, je ne l’ai peut être pas dit mais je pratique un art martial helvético-thaïlandais le Taïïï-Ku dans une salle du deuxiéme arrondissement et je suis premier lotus, je l’ai agrippé par le col et je lui ai fait un septiéme de hanche, il est tombé sur le cul, étonné il a regardé son cigare tout écrasé et il a gueulé:
-Mon Trinidad! Cet espéce de connard de foutriquet à pédales m’a bousillé mon Trinidad à 150 balles!
Il est revenu sur moi tout soufflant et je lui ai fait une huitiéme de coude… et il m’a foutu son poing dans la gueule. J’ai perdu deux dents. Il faudra que je retravaille mon huitiéme de coude.
Quand nous arrivâmes Piwoine était débordée, elle préparait les cartons d’invitation pour l’installation qui allait être inaugurée le lendemain. Elle avait trouvé un truc original pour attirer l’attention de la critique, elle leur envoyait des lettres piégées qui explosaient quand on les ouvrait, ils en raffolaient, bien entendu elle dosait la charge mais enfin le critique de Télérama avait quand même perdu un oeil, depuis les autres faisaient ouvrir leur courrier par leur concierge.
-Ah tiens t’es là toi! Me dit-elle… je n’ai pas beaucoup de temps à te consacrer on est en pleine bourre, on a la performance de Napoléone Chapoutaud demain… tiens je ne t’ai pas montré ma petite Sabrina le nouveau sex-toy que j’ai trouvé à Monoprix…
Elle me fit une petite bise juste tutoyante avant de sortir de son sac un énorme godemiché rose et tremblotant:
-… ‘t’en penses Sabi? Cinq vitesses plus la marche arrière…
Sabrina son assistante, une petite beurette était toute rougissante, mais Pivoine s’amusait de son embarras et mit en marche l’engin. C’est à ce moment que l’autre obése entra, il avait encore ses pinces à vélo.
-Bonjour m’sieurs-dames.
Il tendait à la ronde sa main toute flasque.
-Un ami à toi?
-Une… une relation de travail.
-T’avoueras qu’il est pas très décoratif… ton ami, je savais pas que tu fréquentais des obéses, tu devrais te méfier, ils sont sournois et voleurs… tiens je vais te montrer l’installation, c’est une première mondiale!
Elle me gâtait.
Dans la première salle on avait pendu des barbelées et des merguezs au plafond et si Piwoine avec agilité la traversa sans dommage, je laissais pour ma part dans la traversée une partie de mon sac à dos et de mon maillot cycliste en soie naturelle.
-C’est un parcours tu comprends: de l’arrière au front, Napoléone Chapoutaud a fait ça en hommage aux femmes violées d’Irak et pour dénoncer la persécution machiste et toutes les appressions… il y a quelques mines antipersonnels à droite fais attention où tu mets les pieds ou tu me mettrais en l’air mon installation, un travail de deux ans!
Je redoublais de prudence et d’attention, tout en omettant de prévenir l’autre obése qui nous suivait comme un toutou et de temps en temps boulottait une merguez.
J’essayais de le raisonner en lui expliquant qu’il blasphémait sans même s’en rendre compte.
-Ben quoi c’est des saucisses et j’ai faim.
Enfin je dois reconnaître que cette chronique de l’ordre périssable selon une historicité déportée par rapport à un lieu construit/déconstruit était très bien rendue.
Dans la seconde salle on avait mis en broche des mouettes repeintes en rouge Coca-Cola ailes déployées, une bonne cinquantaine au moins.
-La contextualisation du moi dans un refus de l’altérité…
-Pas du tout un questionnement sur l’oeuvrabilité du mal en une simultanéité isotopique!
Merde j’aurais du y penser, je me retournais mais l’obése n’était pas tenté par les volatiles.
-Pas assez cuites! Ce fut là sa sentence.
Au moment d’entrer dans la troisiéme salle, Piwoine nous tendit des casques lourds, et une fiche à remplir:
-C’est une décharge, l’artiste veut un réel confrontement à la réalité pour le visiteur/acteur.
-Ah oui je… je comprends, je remplis ma fiche puis celle de l’autre obése qui s’approcha pour demander:
-La caféte où qu’est qu’elle est la caféte?
-On ira tout à l’heure. Signe là.
Les formalités artistico-administratives réglées nous pénétrâmes dans la salle.
-Attention c’est du lourd! Murmura la chère Pivoine en me poussant.
De fait on nous tirait dessus à balles réelles.
-C’est de la 12.7 murmura connaisseur et rampant l’autre obése.
J’atteignais la première rangée de barbelées quand je l’entendis hurler:
-’utain chuis-t-été touché les copains!
Mais Piwoine me fit signe que nous devions suivre le parcours muséal jusqu’au bout et ne pas revenir en arrière.
-Les agents techniques viendront le ramasser avant de finir leur service.
Il y avait maintenant des explosions et des cris de femme tout autour de nous, je pris une cisaille, gracieusement mise à la disposition des visiteurs, et découpais les barbelés un peu ému malgré tout, je réussis enfin à passer tous les obstacles et je gagnais l’entrée de la dernière salle quand une grenade explosa à côté de moi.
Je ne sais comment mais je me retrouvais dans une salle d’opération très bien imitée avec un chirurgien et deux infirmiers: une re-création de la réalité la moins récréative, je sentais bien combien la carcéralité de cet univers formaliste dénonçait dans une sensible affirmation l’enfermement contemporain et comment le désordre voulu et agi des successivitées m’avait conduit ici, vrai je ne regrettais pas mon mardi. Mais c’était quoi déjà le théme de l’expo? Ah oui la persécution machiste… l’un des infirmiers me mit un masque sur la bouche et je m’endormis en pensant à Napoléone Chapoutaud, une créateuse importante, c’était indéniable, je fis mieux que d’y penser, je la vis pencher au dessus de moi un scalpel à la main…
Quand je me réveillais, assez longtemps après je crois, j’étais allongé sur un brancard dans le hall du Musée et plein de gens que je ne connaissais pas, me regardaient, me contemplaient, me félicitaient, je notais néanmoins que j’avais une certaine gêne en partie basse et que l’on m’avait abondamment bandé.
Seul couac dans ce concert d’éloges que je ne méritais sans doute pas, un borgne ricanant me contempla longuement avant de dire:
-Ah le con!
Et il s’en alla.
-Ce n’est rien mon Poupounet, c’est le critique de Télérama, il est un peu aigri depuis… mais moi je suis très fière de toi et Napoléone Chapoutaud te remercie tu as été très bien.
Mes actions étaient au plus haut chez la chère Piwoine, elle m’appelait son “Poupounet”.
Napoléone Chapoutaud entra, elle tenait un bocal dans ses mains gantées de latex, elle le leva très haut, et l’assistance applaudit, dans le bocal il y avait deux testicules, c’était les miens.
Depuis ce jour mes rapports avec Piwoine sont très… satisfaisants, enfin surtout pour elle, je crois que nous allons nous pacser, un jour quand même j’ai hasardé un début de reproche:
-Tu aurais quand même pu me prévénir avant ma poupounette !
-Mais mon Poupounet tu me répétais tout le temps qu’elles te gênaient quand tu faisais du vélo!
-Oui… oui sans doute mais enfin quand même…
-Papa depuis sa prostate est très bien à la maison, il dérange plus maman la nuit. et puis tu as la chorale maintenant!
J’étais en effet dans une chorale où je tenais à la satisfaction de tous un registre de haute contre très apprécié. Ma voix avait mué d’une manière étonnante.
J’avais quand même téléphoné un peu partout et même au ministère de la Culture pour essayer de récupérer le bocal et tenter une opération, mais le décés accidentel de Napoléone Chapoutaud lors d’un happening à Maubeuge, le type qui devait lui tirer dessus n’avait pu venir et s’était malencontreusement fait remplacer par un sien ami champion de ball trap, les avait incités à classer le bocal.
Piwoine avait réalisé un superbe catalogue, d’ailleurs je le regarde souvent non sans quelque nostalgie, je le confesse.
Je suis revenu plusieurs fois voir l’expo, vraiment une très belle dénonciation du pouvoir et en même temps du totalitarisme latent et castrateur de tout créateur contemporain.
Une fois devant le bocal une femme disait à son compagnon qu’elle ressentait comme si elle les touchait la mollesse de mes couilles mais je ne me souviens pas qu’elles fussent si molles que ça.
Je fais de plus en plus de politique, au PS mon adhésion multiple m’a fait remarquer, et puis j’ai parait-il toutes les qualités du candidat socialiste idéal: je ne suis plus du tout machiste, je fais du vélo, je ne fume pas, je milite contre où on me dit de militer contre et je suis très propre, d’ailleurs on m’a désigné comme candidat dans le 5 °, l’arrondissement de maman, le seul vrai probléme c’est que j’engraisse comme un chapon et que j’ai du mal à suivre mon régîme sans graisse, sans sucre, sans emballage avec juste des édulcorants de synthése et de la créme de tartre allégée, ‘manquerait plus que je devienne obése, quelle horreur! Autant me mettre à cloper!
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