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Archive pour mai
Nordnmark one point ! 15 by H.T.Fumiganza
30.5.2009 par admin.
28 Juin
Hier soir aprés la lecture qu’il avait faite à la reine, et à moi-mâme, des souvenirs assez emmêlés d’un ex-chasseur alpin savoyard fort querelleur, qu’on en juge plutôt: le bonhomme avait successivement fait la guerre aux allemands, aux français (pétainistes), aux japonais, aux indochinois, aux coréens, aux algériens et pour finir il s’était re-colletés avec les français (gaullistes cette fois) sans doute faute d’autres candidats, le cher Petcho Larigaïe m’a demandé un entretien particulier. La Reine avait apprécié la lecture, tout en écoutant elle tricote des côtes de maille pour les armures des collections du Musée Royale de Boeuren, c’est un délassement pour elle.
J’opinai à la demande de ce cher Petcho et nous nous isolâmes dans mon bureau:
-Voilà j’ai caus… réfléchi à votre affaire Monseigneur et les ordr… mon opinion est que vous devriez accorder une audience à Erikten-Baxstaard ur Kingofzethof je me suis un peu entretenu avec lui, il est dans les meilleures dispositions à votre endroit!
-Êtes-vous fou mon cher Larigaïe. Kingööfzetof est de la dernières extrémitude, je ne saurais m’associer à lui non plus qu’à son mouvement le NFSN Natziunal Flankj Semultkë Nordnmarken.
Il me faut préciser pour ceux qui ne sont point au fait de la politique du Royaume que Baxstaard ur Kingööfzethof surnommé Erik le Mauve (Erikten Ôg Mövtkë) du fait de sa face souvent colorée a une vision assez extensive et somme toute désuéte du royaume, pour lui les frontières naturelles du pays devraient être la Mongolie extérieur et Majorque sous le prétexte que “nos” ancêtres les… vikings étaient d’impénitents touristes… et qu’il posséde une villa en Espagne.
Baxstaard ur Kingööfzethof appartient à l’une des plus anciennes familles du Royaume, les Kingööfzethöf étaient les seigneurs du Thöf l’une des provinces les plus septentrionales du Royaume, l’un de nos grands feudataires. Son ancêtre fit allégeance au légendaire Roi Bromurtkë I° le fondateur de la l’actuelle dynastie aprés un tournoi de Petantktkë acharnée. La Petantktkë était l’un de ces âpres et physiques jeux féodaux où les combattants après s’être convenablement saôulés de Pernovit (jus de crâne d’importation pressé et fermenté) s’affrontaient en se lançant des sortes de boulets ferrés à la figure, le premier qui parvenait à en faire pénétrer un dans l’orbite de l’adversaire avait gagné (un voyage à force de rames en drakkar en Seine Maritime tous frais pillés!), l’ancêtre d’Erik le Mauve y gagna sur le champ le surnom de Guttfriedt le borgne et se mit au service du roi Bromurtkë, depuis ses descendants s’étaient toujours fait tuer avec une grande assiduité et une parfaite ponctualité dans toutes les guerres qu’avaient organisées ou subi le Royaume.
Ainsi que je l’ai noté plus haut leur province du Thöf est la plus nordique du Royaume, la plus arriérée aussi, il faut dire que ces braves gens ne voient du fait de la latitude où ils se trouvent le jour qu’une heure par jour les mois d’été, un quart d’heure l’hiver et pas du tout les années bissextiles.
Il y fait si froid que le château seigneurial des Kingoöfzethöf est une sorte d’igloo en glace de 345 chambres qu’il faut rebâtir chaque hiver car il fond à peu prés complètement au printemps à la fonte des neiges, le plus soufflant c’est qu’ils le rebâtissent au complet chaque année depuis cinq siècles au moins.
Descendant d’une race aussi offensive, ce qu’il faut bien appeler la décadence du royaume l’a conduit aux pires extrémitudes de pensée et d’action, l’on ne compte plus les bureaux de planning familial incendiés par ses soins ou ceux de ses affidés du NFSN, les présentateurs tévés empalés et les féministes violentées. Homophobe, raciste, intolérant, discriminateur fanatique, centristophage, guerrier, patriote, machiste et fier de l’être il est l’épouvantail planté au milieu de ce parlement de chapons, de ce parquet de volailles. De temps en temps il se présente même en armure et masse d’armes aux séances et défenestrent au hasard l’un de ses collégues centropathes.
Il a été jugé plusieurs fois pour de tels faits, emprisonné, il en est toujours ressorti au meilleur de sa forme et plus décidé encore.
Nos tribunaux le condamnent, nos élîtes le condamnent, nos journalistes le condamnent et notre peuple le plébiscite.
Quoiqu’on en juge nos populations sont vikings et je ne pense pas qu’elle aient gagné quoique que ce soit à la civilisation industrielle dans l’ordre des qualités humaines, ils étaient courageux jusqu’à la folie, ils sont consentants jusqu’à la mort. Ils croyaient à des Dieux pragmatiques et légendaires, frères d’armes dans leurs conquêtes, on leur demande de rester parqués toute leur existence et de croire à des légendes sans dieux ni volonté. Comment ne point se rebeller
Son parti, très populaire dans le Thöf est représenté au Parlement par leur chef unique… et solitaire, ces messieurs du gouvernement ayant décidé iniquement de restreindre la représentation parlementaire de la province à un unique siége de député.
Malgré quoi le Nordnmark est un pays authentiquement démocratique comparées aux foutrocraties européennes où quelques personnes décident démocratiquement de ce que toutes les autres doivent penser et il ne viendrait à l’idée de quiconque ici de lui interdire la parole et le débat.
Et puis il exsude de sa personnalité pétaradante et fuliginante un traumatisme collectif enfoui mais profond quant à la destinée du Royaume, nous sômmes au même tître que l’Autriche ou la Turquie un ex-empire, l’on pourrait penser que nous fûmes soudain abandonné par la Providence, autrefois puissant, fédérateur de toutes les peuplades vikings, étendu, le plus étendu des contrées septentrionales, le pays a perdu les quatre-cinquiéme de son territoire à l’avant-siécle dernier, entre les guerres napoléoniennes et les émancipations successives de nos provinces muées en voisins morgueux, nous avons été quittés par à peu prés tout le monde, funeste destin, il ne nous est plus demeuré que ce rataillon, ce bout de couenne qui flotte dans un brouet de liberté sexuelles, morales, sociales, individuelles, de toutes les fausses libertés et vrais égoïsmes dans quoi tombe une nation lorsque elle n’aspire plus à être une puissance.
Et pour clôturer le triste inventaire avant une quasi liquidation, notre voisin allemand nous avait confisqué une province entière après une guerre malheureuse imprudemment déclarée au saut du lit par le Roi Berthild XXII dit Berthild Ôg Pritentiardtkë (Berthild le Présomptueux) dans les manuels scolaires et selon le jugement populaire Hert Kondj Berthild soit “ce couillon de Berthild”..
Depuis le pacifisme régne sur les âmes plus encore que la Reine.
Je réfléchis un court instant, je l’ai dit, ce Petcho Larigaïe m’a toujours été de bon conseil:
-Eh bien soit j’y consens, organisez mon cher une entrevue mais discréte, précisément et exactement discrète… mettons sous quinzaine… mais pas le 17 j’ai revue navale.
J’adore les revues militaires et lui-même les prise beaucoup mais dans ce pays neutre et pacifique, inhibé quoi c’est presque un blasphême d’en organiser, mais là ils ont fait une exception c’est le tri-centenaire de je ne sais plus quoi, une victoire navale contre les français sans doute et puis je compte bien placer à l’occasion le porte-avions de ce cher John-Branke à la Reine: une revue navale sans porte-avions c’est petit. (à suivre…)
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Mon infernal féminin 2/2 par J.P Chassavagne
24.5.2009 par admin.
Mon infernal féminin 2/2 par Jean-Pierre Chassavagne
A mon premier entretien de reconformation je suis tombé sur une psychologue qui m’a dit qu’on allait faire un bilan psychologique afin de déterminer mon taux de conformabilité et d’opérabilité.
-Qu’est-ce que vous fabriquez dans cette usine ? Elle m’a demandé en se passant la main sur ses cheveux en brosse, elle me rappelait un peu mon chef de corps au 8 ° RPIMA de Castres, mais en moins féminin s’entend.
-Béh des ponts –z-élévateurs madame.
-Pas madame, je suis pour vous un proxem, c’est-à-dire un opérateur qui travaille avec vous.
Mon nom civil est Bertholon.
-Ah bien… et bien Bertholon nous fabriquons des ponts-z-élévateurs.
-Vous en êtes sûr ?
-Ben ouais. C’est difficile de passer à côté sans les remarquer.
-N’essayez pas de montrer de l’esprit, ou de vous défausser par la dérision, je vous demande si vous êtes certain que ce sont des ponts élévateurs de sexe masculin ou si ce n’est qu’une projection que vous faîtes sur eux ?
Là j’ai senti un truc comme on doit en connaître au moment du jugement dernier quand on est tous à poil, plutôt esseulé au milieu de quelques milliards d’autres bitards ressuscités de frais et qu’on attend que ça vous tombe dessus pendant que derrière tout s’écroule. Sûr on doit regretter de pas avoir assez révisé et les vacheries votées à bonne maman.
-Ben c’est des ponts… des outils quoi…
-Ils sont grands, ils sont puissants, ils sont inépuisables, ils ne peuvent donc être que des mâles c’est ce que vous pensez ? A ajouté ma cheffe qui venait d’entrer dans le bureau.
-Mais non, pas du tout, mesdames je…
-Pas mesdames… Bertholon et Michard.
-Ecoutez Michard…
-Cheffe Michard !
-Euh oui pardon… cheffe Michard ça s’est fait comme ça un pont est un pont.
-On vous le fait pas dire ! Elles se sont esclaffées.
-Et si je vous dis que ce pont-élévateur est femme… femme depuis la nuit des temps… alors comment l’appelleriez-vous ?
-L’appeler ? Euh… vo-yons l’appeler ?… euh un pont mais en femme… euh une ponte ?…
C’était le cas de le dire, je marchais sur des œufs :
-… une ponte… éléva-trice ?… touze ?… treuse ?… teuse ?… une ponte-t-élévateuse !
-C’est bien vous pouvez regagner votre poste.
J’ai rejoint la chaîne Ernest-Etienne m’a demandé de quoi on avait causé, je lui ai répondu sérieusement parce que je commençais à en douter:
-Du sexe des ponts-z-élévateurs.
Et il s’est mis à se marrer en grand.
Le soir c’était un vendredi, on a laissé les mômes à Bonne-Maman et on s’est fait une bouffe et un ciné avec ma Poupinette, on a vu le film obligatoire de la semaine: un polar social français qui racontait les malheurs d’une femme flic pour s’imposer dans un métier d’homme, c’est marrant mais j’ai jamais pensé, moi, que flic c’était un métier d’homme.
C’était très réaliste avec des flics qui avaient de vrais têtes de flics et des bandits qui avaient aussi des têtes de flics, il faut dire que dans la vie on est tous maintenant un peu flic… au moins jusqu’à ce qu’on aille en taule, eux ils étaient flics comédiens ou flics auteurs ou flics sociaux et que ça rigolait pas avec les consignes, on s’y croyait tellement qu’à la fin, quand on a rallumé les lumières j’ai vérifié qu’on m’avait bien rendu mes papiers, c’est divertissant le cinéma et reposant… quand on sort.
Après je me suis mis sur ma Poupinette, comme tous les vendredis, mais ce vendredi-là ça venait pas, à chaque fois que je bandouillais m’arrivait devant les yeux le visage de la Cheffe Michard qui, c’est marrant je venais de m’en rendre compte, avait elle aussi une tête de flic et quand je rouvrais les yeux, je voyais ma Poupinette qui convenons-en avait un peu une vocation dans les tons, oh j’aurais tant voulu que m’apparaisse un vrai visage de femme et le regard qui allait avec, dodu et apitoyé comme il y en avait plein dans mon enfance. C’est le regard, je crois qui a le plus changé chez les dames, il a pris ce côté cureteur et fouailleur des mâles, maintenant elles marchent au comptant, paiement à la livraison, le crédit est mort aussi chez elles.
Le lendemain je suis allé voir le toubib de l’usine, le docteur Bastien pour lui expliquer que je bandais mou, Bastien c’était un vieux type, veuf et clopeur, pas très propre que la direction essayait de balancer depuis des années mais qui bénéficiait de la protection toujours agissante du vieux Ploquet en son exil suisse :
-Ouais, ouais c’est normal vous z’êtes dans le programme de rééducation ?
-Oui.
-Eh ben ça fait partie du programme, si vous voulez mon avis ces dames en veulent à vos couilles c’est tout, ma défunte c’était ça qui l’emmerdait, quand je lui tapais à la porte en pleine nuit ou que je la bourrais au matin quand elle venait de finir de se maquiller, alors si elle peuvent nous rendre impuissant et arriver à l’heure au boulot c’est bingo vous pensez. De toutes les façons c’est comme ça que ça finira, à force de passer l’aspirateur et de torcher les mômes les mâles finiront tous impuissants, ça mute, ça mute… j’ai lu un truc là-dessus dans Ze niouve Inglande Journal of Medicine… allez et en attendant fais-toi une pute mon gars, histoire de voir si tout fonctionne normalement.
Le soir je suis allé rôder dans le vieux quartier de la cathédrale, quand j’étais môme c’était là que se tenaient les putes, mais il faut croire qu’elles avaient toutes déménagées, les vieilles boutiques suiffeuses avaient été rénovées, il y avait plein de galeries d’art et de magasins d’antiquaires, c’est là que j’ai rencontré Jean-Loup le chef de chaîne sablage, il était avec des copains, il m’a invité à venir bouffer avec eux chez lui, c’était tous des garçons charmants, cultivés et amusants. Il a un appartement délicieux, ce garçon a un goût! Et puis il fait très bien la cuisine et il est plein de douceur, d’attention et de gentillesse, bref cela fait six mois que l’on est en ménage.
A l’usine on a validé mon stage de rééducation et j’ai quitté la chaîne pour rejoindre les bureaux, Ernest Etienne M’Bomba, lui il est toujours sur la chaîne, et il en bave, et il se marre.
De toutes les façons si ça continue comme ça il faudra bientôt qu’on se cherche tous une nouvelle place, Ploquet c’est mal parti
Le fils Ploquet et ces dames ont voulu qu’on baptise la ponte élévateuse de la commande malaisienne « Angela Davis », vu de prés, à dix mètres cela ressemblait plus à grand-chose, on avait tout lissé même les boulons, c’était mauve et vert pomme on aurait dit un téléphone portable géant ou un gode multi têtes, un sex-toy flashy.
Quinze jours après les Malaisiens nous ont téléphoné furibards, ils venaient de se prendre « Angela Davis » sur le coin de la gueule et en plus tout le monde se foutait de leur gueule à Kuala Lumpur à cause de la couleur, ils nous envoyaient un huissier en recommandé pour savoir quelle herbe on fumait et les lawers suivraient parce que sous le pont il y avait encore cinquante ouvriers de coincés.
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Exclu: la sextape de Christine Broutin et Jean-Louis Boorla (extraits)
19.5.2009 par admin.
La sextape de Christine Broutin et Jean-Louis Boorla (extraits).
…
-Ce putain de conseil des ministres qu’en finissait pas, je tenais plus! Je suis sûr que t’as rien sous ta jupe cochonne!
-Jean-Louis vous êtes fou! Ah Jean-Louis prenez-moi toute!
-Toute? Il va au moins falloir que je fasse deux voyages! Ouah il est bien ton bureau! Il est quand même vachement mieux que le mien ton ministère!
-Il est normal que je sois bien logé Jean-Louis…
-Ah ouais et pourquoi t’est-ce ça? Ch’uis ministre d’état quoi ou merde?
-Mais je suis au logement vo-yons, Jean-Louis.
-Ah ouais et moi je suis-t-à quoi déjà?
-Mais au rayon jardinerie et puis il me semble… vous voyez le truc dont on parle à la télé tout le temps: l’éconologie, le sous-développement durable et toutes ces choses!
-Ouais des piéges à con… tribuables quoi! Ce que j’en ai marre de discuter dans les champs avec des barbus en gros pull de laine qui me parlent tout le temps du réchauffement climatique pendant que je me les caille dans mon petit costard de ville!
-En tout cas quelle bonne idée ce tas de fumier dans la cour de votre ministère c’est tellement emblématique de l’engagement de tout notre gouvernement pour… vers… en avant… ensemble… contre…
-Ah non le tas de fumier c’est pour masquer l’odeur quand on reçoit le président de l’assemblée nationale et les délégations de parlementaires UMP; les voisins se plaignaient! Bon ça te dérange pas si je m’allume un petit pétard ma grosse, histoire de se mettre en train? Puf! Puf!
-Jean-Louis vous êtes en train de fumer mon serin!
-Ah ouais… ah bon… je me disais aussi qu’il tirait mal! Bon éteins la lumière je vais te filmer avec mon portable. Comment ça marche cette merde y a pas de boutons!
-Mais Jean-Louis c’est une banane!
-Une ban… ah le con j’ai oublié mon portab’ au restau’ ! Tu veux que je te la pèle coquine?
-Je vous en prie Jean-Louis je suis catholique!
-Et alors le pape il a pas interdit la banane! Enlève ton slip j’te dis!
-Je… je deviens folle… vous me rendez folle Jean-Louis… je… je vous obéis toute voilà!
-Euh bon tout compte fait remets-le… ou éteins la lumière!
-J’éteins…
-Merde ma banane elle filme pas dans le noir… appelle l’huissier pour qu’il me prête son portab’!
-Vous y tenez tant à filmer ces… ces choses-là?
-Béh tiens sans quoi je perds mon par… euh ça fait des souvenirs quoi!
-C’est bon prenez le mien.
…
-J’ai perdu ma capote!
-Ce n’est pas grave, prenez en une autre Jean-Louis, la femme de ménage la retrouvera.
-Mais c’est dedans que je l’ai perdue!
-Alors là on la retrouvera pas.
-Mais j’y tenais beaucoup c’était une collector dédicacée par Carla herself. Je vais appeler mon officier de sécurité c’est un ancien de l’équipe Cousteau.
-Ah ça non je vous en prie…
-Bon j’en remets une autre! Tiens une à tête de mickey dédicacée par Chantal Goya!
-Oooh ouiii je sens bien les oreilles!
-C’est pas les oreilles c’est mon trousseau de clefs qu’a glissé là-dedans! Oh là c’est profond ‘faut que je reprenne des forces, je vais me faire une p’tite ligne blanche!
-Jean-Louis non si nos motards vous voyaient!… Ah mon Dieu mais c’est de la cocaïne, mais c’est très mauvais pour la santé m’a dit le père Jean-Marie Descouettes…
-C’est quoi ça?
-L’aumônier du tiers ordre des soeurs de Sainte Radaz de Ploumanach auquel j’appartiens.
-Ton toto y dit que des conneries, c’est rien que du naturel, du bio, de l’afghan “spécial effort de guerre contre l’axe du mal”, il est en promotion en ce moment dans tout le bloc occidental, à l’OTAN ils prennent que ça! Ah ça va déjà mieux, je me sens une pêche, deux cachetons de Viagra là-dessus… oups! Tu vas entendre passer le train ma fille c’est moi qui te le dit!
…
-Son excellence le Nonce Apostolique est arrivé Madame la Ministreuse… ( il est là pour la demie m’est avis qu’il faudrait voir à se magner de finir d’éponger l’aut’ glandillon!)
-Je vous ai déjà demandé de frapper avant d’entrer monsieur Plombard et je n’ai que faire de vos conseils! Ah mais non mais!
-C’était quoi ça?
-C’était l’huissier, il est impossible mais je ne peux pas le muter il est délégué C.G.T ! J’avais complètement oublié ce rendez-vous avec le Nonce mon Dieu… rhabillez vous Jean-Louis… rhabillez-vous…
-Non mais tu rigoles avec la forme que je tiens… putain je vais te lui faire des jumeaux moi au nonce!
-Nooon Jean-Louiiiis!!! Noooooooon pas le Nooonce!!!
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Mon infernal féminin 1/2 par J.P.Chassavagne
10.5.2009 par admin.
Mon infernal féminin . 1/2 par J.P.Chassavagne.
Je travaille chez Ploquet fils & belle-mère depuis 14 ans. J’ai 44 ans, je suis marié, j’ai 2,14 enfants, jusque là j’étais plutôt dans la moyenne. Aujourd’hui je suis ingénieur production, chef de projet.
Chez Ploquet fils & belle-mère (c’est le belle-mère de Ploquet fils qui a insisté pour figurer sur la raison sociale et présider le conseil de surveillance en contrepartie d’une participation conséquente au capital social) Nous fabriquons des ponts élévateurs depuis 1861, les Ponts élévateurs Ploquet étaient parmi les plus renommés en Europe, jusqu’à ce que la belle-mère en question donc, qui au temps de sa jeunesse bourgeoise avait été militante féministe et l’était demeurée: bourgeoise et féministe, décide de moderniser nos méthodes de production et de commercialisation.
Le fils Ploquet qui est belge par sa maman et directeur général par son papa a été chargé de mettre en œuvre la réforme, il faut dire qu’à part « réformer » on voit pas bien ce qu’il pourrait faire le fiston, il a fait des études de fumette à Rotterdam, de fondue à Courch et de marketing et partouzing international à Patpong, dire s’il est cosmopolite !
Il s’est tout de suite mis au travail et il a décidé de rajeunir et de féminiser nos « process » (c’est du belge international et c’est intraduisible !)
On imagine que pour fabriquer un pont élévateur de 30 tonnes il faut plus qu’une lime à ongles. Mais lui le côté soudure autogène ça le passionnait pas, ce qu’il voulait c’était rendre nos ponts élévateurs : « trendy ! » Tout de suite on s’est rué sur nos dictionnaires belgo-français, ça voulait dire : tendance, à la mode, dans le coup quoi. Il avait peut-être dans la tête de faire de nos ponts élévateurs un accessoire de mode.
Surtout et c’était ça l’idée: il fallait un regard, une approche plus consensuelle et donc féminine.
-Aussi Ploquet & Fils a signé une convention avec l’Union Européenne dans le cadre d’un programme de rééducation volontaire des cadres de l’industrie, je vous rassure cela se pratique déjà couramment en Suède, pour les sensibiliser aux préjugés et aux stéréotypes sexistes encore tellement prégnants dans le secteur primaire…
Il a regardé un instant les velus qui l’entouraient avant de reprendre :
-… euh secondaire l’industrie lourde quoi afin de mieux les combattre.
Il fallait des volontaires, le soir j’en ai causé à ma Poupinette qui était en train de décongeler deux œufs au plat pour le souper, elle m’a dit de me dépêcher de mettre la table, d’aller me laver les mains, de me mettre en rang par un sans faire de bruits et que pourquoi pas après tout c’était une bonne idée parce que cela m’obligerait peut-être à me débarrasser enfin des mes derniers réflexes machistes.
-Tu as raison ma Poupinette.
Aussi sec le lendemain j’étais volontaire.
Elles ont débarqué un dimanche les dames en charge de nous rééduquer, il y avait un peu de tout: des psycho-machins et des socio-choses l’idée de base c’était de rendre le produit moins agressif, de le lisser, de le féminiser et de nous redresser les mentalités en proportion. Nous on bossait dur pour rattraper les retards dans une commande malaisienne. On s’est regardé avec Jean Loup le chef de chaîne sablage, un nouveau très sympa et décontracté: il était pas trop convaincu non plus.
La nouvelle directrice de production s’est entretenue avec la nouvelle directrice produits, puis elles se sont entretenues avec la belle-mère à Ploquet fils qui s’est entretenue avec toutes les autres, à la fin ça piaillait tellement qu’on arrivait même plus à entendre la presse de 50 tonnes, après quoi elles ont mise en place une structure structurante d’encadrement entièrement féminine pour nous apprendre à obéir naturellement à des femmes et l’on s’est tous retrouvé nous les ingénieurs sur la chaîne.
J’étais à côté d’Ernest-Etienne N’Bomba, un ingénieur d’origine togolaise qui avait vingt années d’expérience sur tous les chantiers de la planète et vous calculait une flèche d’un seul coup d’œil.
Notre cheffe était une petite jeune avec des anneaux et des piercings, des tatouages et des scarifications autant qu’une jeune mariée papou qui aurait raté un virage au volant de son pick-op Toyota. Elle n’avait pas de seins et pas de fesses et surveillait sa ligne, droite, pour être sûre de ne pas dépasser d’un poil par devant ou par derrière, elle chantonnait des trucs en anglais mal orthographié à longueurs de journée en écoutant son I-Pod, n’écoutait pas ce qu’on disait, se foutait de nos remarques mais tortillait du dargeot ou arborait des décolletés désespérément muets pour allumer les mâles.
Dans les réunions elle ne savait articuler que des slogans et des platitudes pré emballées et normalisées comme dans un feuilleton social de la 3.
Personnellement je la trouvais pas bandante du tout et même comment dire, et c’était la première fois, elle me faisait un drôle d’effet, elle me débectait.
Les gonzesses, je les ai toujours regardées et toujours je leur trouvais quelque chose d’émouvant, elle c’était comme un rat mort, un rat mort que l’on aurait vraiment pas eu envie de pleurer, une sorte de mammifère hostile, un singe grotesque qui avait perdu toutes les grâces féminines jusqu’à l’ingénuité et le parfum natif sans parvenir pour autant à sentir des pieds et se gratter les couilles avec le naturel parfait d’un gendarme corrézien.
Elle remplissait les formulaires comme personne, surtout elle mettait beaucoup d’application. Les filles, je crois que ça les rassure d’occuper des postes comme ça avec plein de papiers à remplir et des cases à cocher.
Ernest-Etienne N’Bomba en rigolant m’a fait remarquer :
-C’est marrant parce que chez vous en Europe les gonzesses occupent maintenant des emplois de petit blanc, ce sont elles qui vous refusent un crédit, elles qui vous coupent les allocs, elles encore qui vous mettent des prunes, vous jugent et vous mettent en taule. Au temps des colonies tu sais le grand colonat nous foutait la paix, d’ailleurs ils étaient plus souvent en métropole qu’au pays, ce qui était insupportable c’était les petits blancs, pas indispensables ni même nécessaires ou vraiment utiles mais toujours répressifs, réglementaires et pesants, maintenant vos p’tits blancs à vous c’est vos gonzesses !
Le soir quand je rentrais au quartier à la maison, je sais pas pourquoi dés que je voyais ma Poupinette, j’allais vomir dans les chiottes. ( à suivre…)
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Nordnmark one point ! by H.T.Fumiganza 14…
3.5.2009 par admin.
27 Juin
Muni d’une fausse barbe, d’une perruque, d’un imperméable, de lunettes noires mais beaucoup plus noires que d’habitude, d’une canne sabre télescopique je m’en vais à travers la ville incognito. J’ai pris rendez-vous avec un professionnel reconnu, français qui plus est, qui vit maintenant en notre belle ville capitale pour se reposer d’une longue et trépide carrière parisienne. Je ne me suis confié à personne j’ai regardé dans le bottin à la rubrique « artisses managère » et je suis tombé sur ce nom le seul de sa rubrique: Charley Bédouani. Il me parlait. Où l’avais-je rencontré ? Je me suis souvenu enfin: il m’avait été présenté lors de l’inauguration d’un festival des traditions et folklores à Upsalup, il manageait une troupe folklorique : Herk Trahüdertkë à forte teneur en grandes blondes mamelues. Une merveille, quoique leur prestation, eut été quelque peu dérangée par les dissipations de l’ourse polaire qui était sensée les accompagner dans leur chorégraphie et avait fini par s’échapper et éventrer le Groombler-solo (il joue du Groomble, une sorte de cornnemuse à double-panse et dont il sort un son qui imite quelques fois celui de souris que l’on écrase, d’autres celui d’un lavabo qui se vide ! Un bon instrumentiste peut réussir des merveilles avec cet engin qui ressemble un peu à une énorme paire de testicules (c’est étonnant comme en ce moment le sujet revient dans mes écrits, j’y vois comme un intersigne du destin.). C’est très curieux ! Pas désagréable mais au bout de six heures de Groomble on a envie de lui crever la panse, c’est dire si l’intervention de l’ourse polaire avait été pour moi plutôt une délivrance. ). (a-t-on remarqué que dés que je me lâche un peu la bride ma phrase se fait proustienne, un critique littéraire à écrit que quelques fois dans mes écrits l’on se croirait invité à une fondue ! J’ai pris cela pour un compliment bien sûr.).
A la fin de la représentation il avait tenu à me présenter ses artistes, toutes magnifiquement douées, j’avais d’ailleurs eu une liaison avec… les choristes (il y en avait quatorze, mon record personnel est de 22, toute une ligne de caissières dans un hypermarché que j’avais inauguré en province, j’étais plus jeune alors, et la Reine moins jalouse, heureux temps.)
Ses bureaux se tiennent dans le quartier du Port, pas le plus sélect donc, mais plein de vie et de passage. Au septiéme sans ascenseur, sans doute la vue sur le port doit-elle être particuliérement remarquable pensai-je pour m’encourager, je suis décidé à prendre les choses du bon côté.
Arrivé, essoufflé, malgré ma pratique quotidienne des sports, on le serait à moins, sur le palier du septiéme étage, je respire un temps, je m’apprête à sonner quand j’entends des voix, une discussion, presqu’une dispute derrière la porte :
-Ah Mauricette tu me fous bien la paix ma fille, je rentrerais quand mon avocat me dira que je risque plus rien, moi aussi je me fais chier dans ce trou pourri mais j’ai pas envie de retourner en taule ! Entre les douânes, les impôts et les trafics du beau-frère tu crois pas qu’ils vont me laisser en paix. C’est les poucettes dés ma descente d’avion ouais !
A l’accent, aux intonations je reconnais la gouaille d’un natif d’Algérie, quelque pied-noir babelouédien très haut en couleurs et propre à animer la grisaille de notre capitale nordique!
Je toque à la porte :
-Qu’est-ce que c’est encore quoi merde ?
Il m’ouvre, l’homme a dans la soixantaine et quelques et il porte une perruque blonde et chevelue de travers et de grosses moustaches postiches dans les mêmes teintes, l’on pourrait croire qu’il s’est déguisé en viking fausse-blonde, ou en supporter de football.
-C’est pourquoi ?
-Je vous ai téléphoné, j’ai pris rendez-vous je suis monsieur Hank Dedank…
-Ah ouais c’est vous l’artisse de variétés,… venez allons dans mon bureau… permettez je dis un mot à ma secrétaire…
J’entends :
-Mauricette merde !
Son bureau tient plutôt du cagibi, il me rejoint, replie vivement la planche à repasser et balance le chat dans le vide ordures:
-Vous avez un accent ? Vous êtes belge ou quelque chose comme ça ?
-Je suis français.
-‘pas possible, ça alors ça fait plaisir un pays et qu’est-ce que vous venez foutre dans ce pays de merde ? Ah oui vous m’avez dit de la variété. Vous tombez bien j’implante un bureau ici, j’ai décidé de m’ouvrir à l’international, en ce moment je lance un groupe de pop blonde, deux barbus blondinets et deux pétasses d’anthologie c’est de l’ukrainienne d’importation, diplômées de Mathématiques et de Physique Appliquées, je les ai eues pour rien mais sans mentir on croirait de la caissière suédoise, OBBO ça s’appelle, vous saisissez le concept, on importe les chansons de Roumanie et les chorés de Moldavie, là-bas la main d’œuvre est bien moins chère, on a un parolier/plongeur pour 80 Brelotkën et un musicien/arrangeur/ qui sert en terrasse pour moins de cent. Ce qu’il nous faudrait ce serait d’être sélectionné pour l’Eurovision mais ça c’est magouilles et compagnie… il y a des choses que Charley Bédouani ne fait pas…
J’aurais bien voulu savoir lesquelles ? Mais trêve de jugements moraux il me semble être l’homme de la situation: un professionnel.
Je m’assois, retire barbe, perruque et lunettes :
-Et ce groupe folklorique Hërk Trahüdertkë vous ne vous en occupez plus ?
-J’ai eu des problêmes avec le bétail, je les ai vendus à l’export à un collégue libanais qui s’occupe de la remonte de blondes pour les émirats… mais…mais on se connaît… vous… vous êtes… oh misère !
-Pas de nom je vous prie !
Je lui explique dans le détail ce que j’attends de lui et il convient de la justesse de mon analyse :
-Vous avez raison, il faut professionnaliser la fonction. Regardez en France le Président qui a été nommé ! Il est professionnel, dynamique lui ! Il est éclaboussant de classe !
-Oui mais il tâche un peu non !
-Bah ça c’est normal… quand on éclabousse on tâche toujours un peu !
-Quand même je voudrais quelque chose de moins tapageur et puis j’ai besoin d’une attachée de presse qui…
-Mauricette !
-Plaît-il ?
-Ma fem… secrétaire est une ancienne attachée de presse, elle fera très bien votre affaire.
-Fort bien, convenons d’un rendez-vous… mettons le 18 en 15.
-C’est noté Mons… Monsieur Dedank. Je vous raccompagne.
-Charley oublie pas de descendre les poubelles et de remonter le chat ! Crie sa secrétaire, la charmante Mauricette, ma future attachée de presse.
Sur le trottoir je le quitte rasséréné, ai-je tort, l’avenir en décidera.
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Vacances actives ! 1/1 par H.T.Fumiganza
1.5.2009 par admin.
Vacances actives !
1/1 par H.T.Fumiganza
L’autre jour nous regardions les offres de destination vacances sur EasyCattle.com avec Pervenche rien ne nous tentait vraiment, on avait déjà tout fait : le Bengladéche en ski nautique, le Yémen en parapente furtif aussi bien que l’Afghanistan en char T.92 hybride. Le plus important dans les vacances pour nous, et pour tout le monde aujourd’hui, je crois, c’est les activités, c’est vrai quoi sinon on s’ennuie tout de suite en vacances, comment s’occuper ?
J’ai abandonné un instant l’écran pour descendre les poubelles et l’enfant, on lui a pas encore donné de nom, on l’a fait il y a trois ans quand on parlait des bébés médicaments, le concept nous a tout de suite plu, on s’était dit avec Pervenche que ce serait peut-être pas bête d’en faire un pour les piéces détachées et un pour la route, on a commencé par la remonte et puis finalement on en est resté là, on le gardera peut-être même si on prend un chien plutôt qu’un enfant.
Josy qui tient l’agence de voyages Emergency Tour sur la place Lolo Ferrari (18°) où nous habitons était en train de fermer, je lui ai demandé des nouvelles de Jacky son époux, un merveilleux tour opérator avec lequel j’ai fait dans le temps pendant un congé-maladie les sept plus grands sommets de l’Hymalaya en patins à roulettes (nous étions jeunes, le plus physique c’est la descente !) et qui est actuellement détenu comme otage remplaçant par les FARC (et attrapes) en Colombie septentrionale où il était allé reconnaître de possibles parcours de trek :
-Jacky ? Oui j’ai eu de ses nouvelles par Internet, il devrait passer otage titulaire au Printemps, si tout va bien.
-Ah chouette.
-Il dit que c’est dur d’avoir de l’avancement, ils sont tellement nombreux là-bas, et puis tu sais comment ça marche ? Comme partout il y a les pistonnés, les pipeules qui passent avant tout le monde. Tu prends un café, j’allais fermer, on a le temps.
Nous avons un peu discuté, je lui ai dit notre embarras, nous avions regroupé nos RTT pour pouvoir partir trois semaines avec Pervenche, en laissant le môme en consîgne (mais non pas à la Gare de Lyon ! Dans un parking à bébémédicament, un établissement très bien, très propre, très moderne où on leur fait les niveaux tous les jours.). Je suis sous-directeur-Adjoint du Centre d’Information, d’Orientation et de Documentation sur l’Autosexualité et les Altersexualités (Cinfodaa.) de la Ville de Paris (Numéro vert 0 800 000 001 ) où Pervenche est archiviste, c’est pas un travail facile avec toutes ces pages collées, aussi avions-nous bien besoin de vacances, mais pas des vacances genre Flôts bleus, non des vacances, modernes actives .
-Et pourquoi pas le Prukhménistan !
-On connaît, on l’a fait il y a cinq ans quand on s’est pacsés.
Nous étions allés à Prukhmout-City avec Pervenche peu de temps après notre rencontre elle revenait d’ un stage de Inch Climbing au Tibet et moi d’un parcours de réoxygénation spirituelle et mentale dans une lamasserie autant dire qu’on avait les chaussures encore fumantes et tout de suite sexuellement on s’est trouvé, cela va faire cinq ans le mois prochain, à l’époque la destination était peu connue, nous en gardions un souvenir délicieux, c’était le printemps et les champs de betteraves étaient en fleur.
-Il parait que ça a bien changé depuis, j’ai un séjour SocialWaves de trois semaines…
-SocialWaves c’est what ?
-C’est un nouveau concept de vacances actives et equitabeule trade que l’Office de Tourisme Prukhméne a développé. ils sont très réactifs, très compétitifs tu sais, il y a plein d’activités dirigées et vous traversez tout le pays en raquettes de tennis ! Le côté athlétique je sais que ça compte pour toi.
-Ouais, pourquoi pas.
-Et puis c’est un pays merveilleux, la population est tellement accueillante… et en ce moment c’est pour rien, en hôtel international **** avec vue sur la mer, il me reste deux places et pas en low costs sur la compagnie nationale: Prukhmen Airways.
A la vérité ce n’était pas un charter mais nous voyageâmes en Worker Class, c’est-à-dire qu’à l’arrivée, nous avons perdu une bonne heure à vider et ranger les plateaux-repas, passer l’aspirateur et repasser les rideaux.
Quant à l’hôtel à nom de matelas : The Imperial Confort il donnait certes sur les plages mais il était niché entre les hauts-fourneaux et l’usine d’incinération d’ordures ménagères.
De fait Prukhmout-City avait pris un développement étonnant, ce n’était plus la petite capitale provinciale entourée d’immenses champs de betteraves et ses marchés à tout le moins bigarrés et parcourue d’innombrables Tire-Tire (l’ancêtre du pousse-pousse mais pratiqué à l’inverse de la croyance la plus répandue dans le reste de l’Asie et dans lequel le conducteur moteur vous fait face et vous prévient des dangers qu’il ne peut éviter et qu’il vous faut alors prendre à votre compte, une manière de brouette kamikazée si l’on veut!) que nous avions connue, mais une métropole incalculable, ressemée en buildings babéliens, ponts suspendus, bretelles et ceintures autoroutières. Ils venaient d’ailleurs d’inaugurer leur neuvième périphérique souterrain. Incroyable le trafic et donc la pollution, à côté Paris ressemblait à une sous-préfecture de garnison.
C’était un mouvement incroyable, les prukhménes ont toujours été d’énergiques travailleurs mais là ils se surpassaient, tout le monde courrait en regardant la montre du voisin et en lui marchant sur les pompes.
Quand nous sommes sortis de l’hôtel après avoir défait nos bagages, passé une tenue d’expédition urbaine et mis nos raquettes de tennis aux pieds, nous avons interrogé notre guide-interprète:
-Tire-Tire ?
-No more trop métier de con ! Nous a-t-il expliqué sans que nous comprenions tout ce qu’il expliquait, il avait fait français seizième langue au lycée et tout en se foutant de notre gueule à cause des raquettes.
Plus de Tire-Tire, c’était dommage car cela participait pour une bonne part du pittoresque des lieux.
-Louer un vélo est-ce possible ? Avons-nous demandé bien décidés à lâcher nos raquettes au profit d’un moyen de transport moderne et éthique.
-Ding-ding. Biçaïkeule in Prukhmout-City, you die in few minutes.
Bon nous décidâmes d’aller sur la plage, cette plage où nous nous étions aimés avec Pervenche à de multiples et satisfaisantes reprises.
Les plages brillaient au soleil… pourtant faiblard de ce début d’après-midi :
-Ferro-nickels bioutifoule !
Ces imbéciles avaient répandu sur les plages de sable porphyroïde les scories de ferro-nickel venant de l’usine sidérurgiques voisine.
On s’était mis pieds nus avec Pervenche et forcément on s’est blessé les pieds et on a remis nos raquettes soudain une musique a retenti, diffusée tout le long de la plage, et tous ceux qui s’y trouvaient se sont raidis instantanément :
-Casquettes ! Enlevez casquettes pendant hymne saligoo ! Nous a intimé notre guide.
C’est devenu assez vite lassant cette histoire d’hymne et de saligoo. Il retentissait toutes les heures et même les touristes étaient tenus de se mettre au garde à vous pendant l’exécution.
Sans nous en rendre compte à la suite de notre guide, nous nous sommes retrouvés dans une banlieue de Prukhmout-City devant l’entrée d’une usine immense qui fabriquait de tout en très grandes séries: International Prukhmen Company of Engineering and Industrials for Equitabeule Trade Corporation ça s’appelait. Notre guide a absolument tenu à nous faire visiter, c’était immense, ils fabriquaient de tout: des réveils aussi bien que des presses purées électroniques, des extincteurs ou des fours à pain, des brouettes et des pompes à main et même des ouvriers pour leurs propres chaînes: il entrait des paysans et elle vous sortait des travailleurs parfaitement calibrés.
Le guide nous a désigné deux places en milieu de chaîne, il voulait absolument qu’on essaye, il y avait plus de trois milles ouvriers dans l’immense halle, nous nous y sommes mis avec Pervenche, un contremaître est venu a regardé notre travail et nous a dit en le jetant dans une corbeille en plastique:
-Not good ! Frenchies bad ! Belgians good !
Et en même temps il nous désignait un couple très appliqué sur la ligne de production devant nous.
-Brigitte et Jean-Luc Van Der Berk ! Se sont-il aussitôt présentés sans quitter leur travail. Nous sommes de Liége, vous aussi vous vous êtes fait avoir avec le séjour actif SocialWaves de ces salauds de l’Office de Tourisme Prukhméne. Quand je pense qu’on pourrait être bien tranquilles en pull marin sur une plage ventée de chez nous à ne rien faire que de combattre le vent et de faire des mots fléchés en écoutant le transistor!
Nous avions le droit de revenir le soir à l’hôtel à pied sans supplément mais c’était loin (19 Kms !) et les taxis sont chers là-bas, et puis on était fatigués, les cadences étaient très élevées, ils montaient un scooter en 3‘27‘’ il faut suivre, surtout quand on a pas l’habitude de travailler, alors avec les Flohic’ de Perros-Guirec, les Martin-Besnard de Livry-Gargan et les Van Der Berk de Liége le soir nous restions couchés au dortoir 116W et nous prenions nos repas dans la grande salle commune 23 B. Et puis comme ça on se faisait des souvenirs en même temps que l’on avait un vrai contact avec la population… bâillante et somnolente. Avant de monter on allait s’en fumer une, j’avais recommencé, je sais c’est mal mais ça détend aussi quand on est crevé comme ça, devant le grand dégueuloir du collecteur central des égouts de Prukhmout-City, on en profitait pour écrire des cartes postales avec plein de couchers de soleil aux amis restés à Paris:
-Gros bisous de Prukhmout-City !
L’écriture était un peu tremblée, à cause des cadences de la journée. On nous avait changé de chaînes on était au rechapage des brouettes. C’était intéressant.
On a traversé tout le Prukhménistan comme ça en raquettes de tennis au gré de nos différentes affectations, d’activités dirigées en activités obligées on a fini dans une taule sordide, un bob pour mineurs au plus profond du pays profond. Pervenche se faisait jusqu’à 50 passes par nuit, moi pas plus d’une vingtaine, je suis très étroit (enfin beaucoup moins maintenant.).
On comptait les jours jusqu’à notre départ et le moment où on pourrait retrouver le boulot à Paris pour enfin se reposer… et peut-être même s’asseoir.
Au retour, après avoir retiré l’enfant de la consigne (en l’accrochant sur le vélib, je me suis rendu compte d’ailleurs qu’il m’avaient donné le N° 5468 alors que j’avais le ticket N° 5467, mais je n’avais aucune envie de refaire la queue pour réclamer, et puis à un chiffre prés, ça ne valait vraiment pas le coup d’y retourner!) je suis allé voir Josy pour lui faire un scandale, vrai j’étais indigné, au moins très colère, enfin assez remonté :
-Ouais je sais c’est limite arnaque comme plan mais tu voulais des activités t’en as eu !
-Ah ça c’est sûr.
-C’était éthique ? T’as exploité personne ?
-Ce sont eux qui nous ont exploités. Tu te rends compte qu’on a payé pour travailler à la chaîne… et je te raconte pas tout…
-Forcément t’avais jamais travaillé de tes mains…
-Oh s’il n’y avait eu que ça…
-Ouais… ça t’a fait une expérience humaine. Et puis qu’est-ce que tu veux, la com’ est bonne, je suis bien obligé d’en placer un max pour payer la rançon de ce connard de Jacky !
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