15.1.2012 par admin.
7 Septembre
J’embarque donc, certes à regrets mais mon esprit de sacrifice est tout entier aux commandes de mon âme. On m’a proposé de voyager en brise-glace atomique, j’ai préféré l’avion c’est plus rapide somme toute… et moins dangereux.
Je pose devant les photographes en haut de l’échelle dans un chaud et épais manteau de fourrure et à l’escâle de Reyjkavik je découvre dans les journaux que m’apporte l’hôtesse des Nordnmark Airlines que je suis à nouveau source s’un scandale fabriqué de toutes piéces par les journalistes et les ligues de vertu écologistes, tous m’accusent d’avoir arboré un magnifique manteau de fourrure en peau de Panda, ce que je ne nie pas mais je ne vois pas où est le scandale? Il fait froid là-bas m’a-t-on dit, auraient-ils voulu que j’y débarquasse en slip?
J’arrive enfin à Kloonberg la capitale du Brümnland. Notre Boeing a tourné pendant une heure, à cause de la brume il ne trouvait pas l’aéroport. C’est l’été il fait froid, l’hiver il fait inhumain. Le gouverneur actuel du Brümnland m’attend à la descente de l’avion… avec ses valises, il tient dans une main une torche enflammée pour se repérer et dans l’autre, ses raquettes de tennis et ses cannes de golf.
-Ah Monseigneur!
-Vous pouvez m’appeler “Sous-Altesse ou vice-majesté” maintenant j’y ai droit.
C’est qu’avec tout ça j’ai pris du grade, à propos de grade, il ne m’en reste plus qu’un à franchir, on l’aura remarqué mais re-chuuut !
-Ah oui… comme il plaira à Monseigneur, quel plaisir de vous voir sous-Altesse je vais enfin pouvoir rejouer au tennis!
Il fait signe de sa moufle droite à la fanfare de majorettes en jupettes de fourrure de jouer le “Humpfkë unt Pumpfkë” me salue et monte l’escalier à toute allure et enfin claque la porte du Boeing. Sur ce que le seul journaliste présent, le correspondant du “Kloonberg-Soir” me prend en photos. J’ai l’impression que les adductions de paparazzi n’ont pas encore été installées ici, enfin une heureuse nouvelle.
Le conseiller du gouvernement pour les affaires Brümnlandaises m’explique le tempérament et la complexion mentale des habitants de l’endroit dans la chenillette qui nous emméne au palais du gouverneur vice-roi.
De son long exposé voilà ce que je retiens: les Brümnlandais boivent leur quatre litres de Krüppen par jour, le Krüppen est un alcool fort tiré d’une ancestrale recette à base de jus de couille de phoque pressé et fermenté, ils battent leur femme, violent leur fille quand elle est en âge, jouent de la corne de brûme avec quelque virtuosité, certains hasardent même qu’il en sont les inventeurs, font des embarcations défectueuses avec quoi ils bravent la mer par pure inconscience, éthylisme chronique ou surestimation de soi, pêchent la morue en bande ou périssent seuls en mer selon l’humeur du jour, érigent des tumulus à tous les croisements de chemins, se suicident plus souvent qu’à leur tour et font leurs courses au supermarché du chef-lieu chaque samedi bref pour résumer: de vrais bretons ces Brümnlandais!
Le chauffeur arrête la voiture:
-Nous sommes arrivés? S’enquiert le conseiller.
-Non panne d’essence!
Les brumes nous environnent, toutes sortes de brumes, je l’ai dit ici ils s’en font une spécialité.
-Le mieux c’est de finir en raquettes.
Nous chaussons donc les raquettes et en route. Kloonberg est sans doute une ville charmante mais nous n’en voyons rien, à un carrefour nous voulons demander notre route à un agent de police en manteau de fourrure qui se révéle être un ours polaire qui fait son shoppingue dans les poubelles du centre-ville.
-Les putes doivent avoir un mal fou ici? Interrogeai-je le conseiller.
-Avec un bon sonar à morue on s’y retrouve Majesté.
-Là-bas une lumière! Nous crie notre chauffeur à pied en nous désignant un clignotement au milieu de la tempête de neige qui commence à hanter la brume, nous faisons aussitôt route vers la lumière et après dix minutes de marche contre le vent nous débarquons dans un … sex-shop esquimaud.
C’est très étonnant car les esquimauds étant quoi qu’on en pense frileux, au moins toujours chaudement vêtus, ils ne se mettent jamais tout à fait nus, même pendant leur nuit de nôces et pour eux le sommet de la pornographie est de montrer ses oreilles, on imagine la débauche d’oreilles de toutes tailles le plus souvent congestionnées et mouilléesqu’arborent les jaquettes de films. C’est étonnant mais à force cela en devient troublant et j’en rougis un peu.
La tempête se calmant nous quittons l’établissement et après trois bonnes heures de marche nous arrivons enfin au palais, malheureusement impossible d’y pénétrer à cause des congères qui en bouchent toutes les entrèes.
-Il faut grimper jusqu’au cinquiéme étage, c’est là qu’est la lôge du concierge, mais moi je peux pas je sors d’arrêt maladie. Nous explique le chauffeur.
Le conseiller se déclarant sujet au vertige et donc fort peu volontaire pour une grimpette, me voilà parti, par la face est, la plus difficile dit-on, à l’assaut de mon propre palais vice-royal., élégant batîment de style “guillauminien triomphant”.
A-t-on idée aussi d’installer le concierge au cinquiéme et pourquoi pas sur le toît?
Malgré les engelures et sans l’aide d’un quelconque ustensîle alpin j’aborde au cinquiéme, réveille le concierge afin qu’il précipitât une cordée de secours pour mes camarades dans le même temps où je me fais connaître et lui demande le chemin de mes appartements, il m’y conduit sans plus de formalités ni d’égards et derechef j’entre en fonction et commence à vice-régner en vidant le frigidaire, j’ai une de ces faims moi, l’altitude ça creuse!
(à suivre…)
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17.10.2011 par admin.
La rubrique sexo-petassing
Spéciale régimes
Ce mois-ci les filles nous parlons des régîmes, aujourd’hui ils occupent une place essentielle dans notre vie (et dans celle de nos caniches aussi… pardon je veux dire de nos mecs !), avec la machine à café et les sextoys ils ont avantageusement remplacé la croyance et la pratique religieuse, oui les filles il faut croire en notre ligne même si ce n’est pas toujours facile et que les preuves et la grâce souvent manquent, pour vous aider nous avons testé les régîmes vedettes du moment:
- Le régime dissocié du docteur Bronstein-Petiaux :
Comptable de devoir le jour, étrangleur de jougueuse la nuit :
-Point fort: une réelle dépense physique, courir pour attraper la jougueuse, la maîtriser, la violer, l’étrangler puis la découper et l’enterrer.
D’autant que le viol selon une étude de l’Alabama State Lynch University est un exercice extrêmement énergétivore bénéfique à la concentration et à l’acuité visuelle.
Alors pourquoi se priver ?
-Point faible: se faire surprendre par les flics en plein exercice mais là encore nouvelle dépense d’énergie pour leur échapper très favorable à une perte de poids.
-Le régime constructif alternatif du docteur Bismuth-De Oliveira Teixeira Hernandez Olivares ect…
Chaque week-end vous coulez une dalle de béton de 35 m² ou vous creusez une tranchée de 35 mètres de long sur trois de large et deux de profondeur.
-Point fort: vous êtes trop fatiguée le reste de la semaine pour penser à vos fesses, de toutes les façons au bout de trois semaines vous n’avez plus de fesses.
Peut être combiné avec un collègue pratiquant le régime Bronstein-Petiaux vous vous occupez alors de la partie terrassement.
-Point faible: risque de dérèglement vertébral et de redressement fiscal pour travail au noir.
-Le véritable et seul authentique régime Dukon :
Le régime ventre plat/classe moyenne du Professeur Sarkollabo (de l’Otan !)
Vous supprimez, la viande, le poisson, la charcuterie, les laitages, tous les fruits et les légumes, de toutes façons vous pouvez plus vous en payer et le frigo est vide, c’est comme sous l’occup’, les patates à l’eau (à vingt balles le kilog!) sont devenus un plat de luxe sauf que maintenant même les topinambours et les rutabagas sont rationnés et hors de prix alors vous sucez votre bâton caséiné ou vous mâchez inlassablement votre pain fantaisie à la sciure de bois en crachant sur le portrait en pied grandeur nature (10cmx15cm) de l’idole des vieux, le petit père des pépères, le vainqueur d’Al Bezouf (bourgade du désert libyen peuplé de 7 habitants et de 11 chameaux prise héroïquement par nos troupes grotescotanesques après trois semaines de bombardements intensifs!)
-Point fort: en même pas quatre ans vous êtes économiquement, moralement et cliniquement mort et donc adieu les problèmes de ligne.
-Point faible: « Salauds de vieux ! »
Critique littéraire :
Une histoire de couenne! de Pervenche Broutmeux-Leuzgig
aux Editions Marie-pas-Claire. 63.99 zeuros.
C’est un sujet des plus douloureux dont nous parle Pervenche Broutmeux-Leuzgig Socioguogue au CNRS: la couenne à travers les âges (et dans une perspective transgenre bien entendu !).
Bannie de notre paysage culturel, proscrite de tout régime alimentaire moderne, chassée des frigos vides de nos cuisines intégrées, la couenne a pourtant longtemps régné en France tel un symbole de prospérité et d’art de vivre, elle est aujourd’hui mise au ban de notre société allégée mais Pervenche Broutmeux-Leuzgig ne biaise pas (depuis longtemps !) elle sait éviter, avec légèreté, tout ce que le sujet pourrait avoir de scabreux et même de blasphématoire envers l’hygiénisme contemporain (les âmes sensibles pourront quand même s’épargner la vision de certaines photos de jambon de Bayonne éventrés et de pâtés en croûte tremblotant de gelée la tripe à l’air proprement insoutenables).
En 119 pages (entièrement découennées et dégraissées je vous rassure) déjà une somme pour servir à l’histoire de la couennerie afin que de telles époques ne reviennent jamais.
Les bonnes recettes de Julie l’Anorexique:
La Tarte aux boulons.
-Aujourd’hui Je suis avec Jean-Pierre Taincon de La Gerbouillade à Morzy-Lepreux mon cher Jean-Pierre qu’allez vous nous préparer?
-Alorrrsss pour ce tout de suite nous allons fairrrre ma chèrrre Julie une vieille rrrecette de chez nous: la couenne de porc frite au gras et cuite dans la graisse d’oie avec ses lardons au beurre.
-Aaaaaaaaaaarrggghhhhhhhhhh !!!… Zzzdddooong !
-‘tain con ! Elle s’est évanouie… Oh c’était pour rire… Eh ! Oh ! Shlac ! Shlac ! Là ça va mieux ?
-Oui… oui… enfin je crois… mais arrêtez de me mettre des claques! Et prévenez-moi la prochaine fois que vous faîtes de l’humour Jean-Pierre… Bon alors la recette du jour c’est la Tarte aux boulons avec sa sauce au minium et aux escargots mixés… Euh ça ne risque pas d’être un peu lourd Jean-Pierre tout ça?
-Vous m’avez demandé de fairrre moderrrne et crrréatif ! ‘faudrrrait savoirr ce que vous voulez pourr du molléculairrre c’est du mollécullairrre ça! Maintenant si vous voulez alléger vous mettez du boulon de 12 au lieu du 16 mais il y aurrrra moins de crrroquant forrcément… bon béh passez-moi le masque de soudeurrr que je monte le fond de tarrrte… pendant ce temps occupez-vous quoi… tiens vous avez qu’à repeindrrre la grrrille du studio avec la sauce…
Le courrier des Lecteuses :
Aujourd’hui Nicolette nous écrit :
« En vacances en Libye je suis sortie quelque temps avec un bédouin, nous avons vécu une merveilleuse histoire d’amour, j’ai cru en lui et en son amour, il m’avait promis de m’acheter des Rafales, des centrales nucléaires et des Airbus et il s’est ignoblement moqué de moi, j’ai décidé de me venger, chez moi le glandulaire gouverne tout, depuis six mois avec l’aide de Barack mon chef je le bombarde jour et nuit, je me fous d’avoir l’air d’une conne à bomber (humainement s’entend!) des bouts de désert et des stations services (on est humainement pas à quelques milliers de pompistes et fils de pompistes pauvres bitards de vingt ans près! ) mais voilà depuis je suis devenu boulimique et j’arrête pas de bouffer et à la cantine de l’OTAN toutes mes copines de l‘Alliance et de l’Axdubien se foutent de moi. Quel régime adopter ? Jusqu’à présent je n’ai essayé que le régime policier Flicker-Guéant mais mes collégues zétazuniens me disent le plus grand bien de leur régime pénitentiaire électrifié Rumsfield-Guantanammo.»
La réponse de notre rédacteuse Mary-Keune-Debaze:
« Ma chère Nicolette dans ton cas nous te conseillons le régime Mandelbaum-Gagarine tu avales chaque jour au petit-déjeuner 520 grammes de chlorate de soude, 330 grammes de nitrate de potassium et deux grosses cuillérées à soupe de charbon phosphoré, au bout d’une semaine tu t’introduis un Tampax dans l’anus et tu y mets le feu si tu suis bien le régime normalement tu devrais être idéalement placée en orbite basse pour 2012. »
… à plus les filles !
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2.8.2011 par admin.
17 Août
Notre petit Koonradt est arrivé ce matin, il ne m’a pas reconnu, il faut dire qu’il m’a fallu me raser entiérement la tête poils et sourcils inclus, je ressemblais à une mine marine, ce qui a provoqué quelque étonnement de ma Poupetkë et de toute la famille. J’ai pris la chose avec désinvolture:
-Petite réfôrme morale et physique dis-je en remettant mes lunettes noires, malheureusement il m’a fallu aussi dans l’affaire sacrifier ma moustache de pronunciamentiste en puisssance.
Koonradt a eu une permission de son capitaine, cela ne l’empêche pas d’être en uniforme de colonel de son régiment, il l’a eu à sept ans, son régiment, sept ans l’âge de raison, comme tout prince héritier de la courônne de Nordnmark, son frère cadet mon bon Uurtikrn fut déçu de ne pas en avoir un, de régiment, lui aussi pour son anniversaire l’année suivante. Devant les cris et les disputes et sa déception, j’avais proposé à la Reine, pour qu’il n’y eut point de jaloux, de lui en attribuer un, de gendarmes à pied ou d’assistantes sociales à cheval, n’importe quoi pour amuser l’enfant mais bien entendu l’on ne manqua pas l’occasion de m’humilier une fois encore, depuis mon romantique Uurtikrn déçu dans ses espérances militaires cultive un pacifisme vestimentaire et moral qui m’apparait comme son seul vrai défaut.
Et puis notre Koonradt n’est guère prêteur, il tient ça de sa mère (concédons-le!) et chaque fois que le bon Uurtikrn voulait s’amuser à conduire son régiment au Zoo ou au square, son frère prétextait une sortie ou des manoeuvres pour lui en confisquer le plaisir.
Alors pendant que mon bon Uurtikrn porte son triste uniforme de grunge notre cher Koonradt bien que faisant son temps militaire dans l’aviation arbore plutôt que la tenue d’aspirant de seconde pompe un éclatant costûme de Colonel du 11° régiment de Renkeyser de la reine, le tître est un peu pompeux, d’abord parce que l’on aurait peine à trouver les dix régiments qui le précédent sur le papier et qui sont tous symboliques maintenant et ensuite parce que l’on pourrait traduire ce substantif de “Renkeyser” par conducteur de rennes. Il est gardien de rennes quoi!
J’ai dit l’attachement que le nordmois a pour le bestiau sacré, sans doute parce que pendant des siécles le renne l’a nourri, vêtu et permit de commercer avec les autres sauvages habitants de ces contrées tardivement et incomplétement (constatons-le honnêtement!) civilisées mais cette considération qu’il a pour ces animaux a de nos jours viré à l’idolâtrie et à une manière d’animisme anémié car sans sacrifice humains ni festivités un peu colorées.
Le renne est un ruminant, un animal maussade et fataliste, tout comme le nordmois et il partage avec lui la même qualité dominante et précieuse en ces pays: il n’est pas frileux.
Malgré tout je suis heureux de revoir mon enfant. Un bonheur n’arrivant jamais seul le cher Sir John Branke Strikeman nous rejoint dans l’après-midi, je le découvre dans un champ alors qu’il est en train de replier son parachute:
-Ah tétesse, jieu passais par là par hasard et l’idée m’est véniou de venir vous présenter mes respects amicaux et parachutistes… où est mon chapeau?
Il m’apprend le retour de son chapeau décroché d’un arbre en même temps que celui de son épouse à l’ambassade conjugale.
-Heureuse nouvelle donc!
-Point complétement elle a beaucoup perdu en bourse, sans doute pourquoi son français l’a quitté. A propos de français l’on me dit que vous allez rencontrer the little shit… je veux dire le président français …
-Dîner officiel tout à fait superfétatoire à mon goût.
-Et au mien donc cet homme est d’une goujaterie, lors de son dernier voyage officielle chez nous il n’a cessé de tripoter la reine, enfin a-t-on idée même son époux y a renoncé depuis bien longtemps. Entre nous Altesse, les américains sont très fâchés contre lui suite à de récents bombardements stratégiques aux Pepsico Islands tout à fait hors de propos et il veut se refaire il va essayer de vous vendre des chasseurs-bombardiers tactiques.
-Ah tiens don’ mais nous n’en avons pas l’usage, il me semble. Mais pour bombarder qui nous sommes en paix avec tout le monde?
-Oh pour ça on trouve toujours, regardez les américains, il s’invente des ennemis tous les jours, le jour où ils ne s’en trouveront plus ils tomberont de cheval et on en parlera plous! Et puis votre flotte de chasse dâte quand même des années cinquante.
-Et cela se remplace tous les combien une chasse?
-Mettons qu’il serait temps de vous débarasser de vos avions à pistons.Vos aviateurs y pensent aussi d’ailleurs, vous avez le plus fort taux de perte de l’alliance atlantique.
-Ah quand même nous sommes champion de quelque chose! Mon Dieu et notre Koonradt qui sert dans l’Armée de l’Air.
-Je vous le dis il serait temps de s’en inquiéter. Or une proposition va être faite par le consortium Fairthrope-British Teapot-Aircraft-Drumman Corporation dont je suis le représentant exclusif pour le Nordnmark, mais cela ne doit compter pour rien bien sûr dans vos réflexions, c’est malgré tout un marché de plusieurs milliards de Brelotkë sur quoi mes amis américains insistent pour qu’un pourcentage de 5 % au moins aille abonder vos oeuvres Tétesse en particulier votre Fondation d’Art Post-Contemporain qui les intéresse au plus haut point.
-Ah tiens don’ je ne voyais pas vos texans aussi ouverts à l’Art Post-Contemporain. Mais mon cher vous accordez, je le crains, trop d’importance à mon faible pouvoir d’influence.
-De ce que j’ai compris, tout devrait se jouer lors de la prochaine réunion de l’OTAN à laquelle vous représenterez sa Majesté la Reine. Une déclaration de votre part après une démonstration en vol de notre WC 29 Shootnuns aurait pour nous valeur d’engagement.
-Vous oubliez mon cher John Branke que dans ma poitrîne bat encore un coeur français
-C’est bien cette fidélité à vos principes qui m’inclinent à penser que vous ne pourriez décemment faire prendre des risques à vos jeunes pilotes nordmois dont le jeune prince Koonradt or le nouveau chasseur bombardier français Razfoune à rétro-pédalage furtif et décollage oblique, s’il montre des solutions élégantes sur le papier n’est absolument pas au point et même dangereux d’usage le dernier prototype parti du Bourget s’est crashé sur une sanisette de la campagne de Reims même si l’affaire a été adroitement tenue secréte.
-Nous verrons mon cher John Branke. En attendant nous ferez-vous le plaisir de déjeuner avec nous.
*
Plus étonnant, deux heures après alors que nous venons de raccompagner Sir John Branke au car pour Londres, qu’elle n’est pas notre surprise de voir arriver un second parachutiste, celui-là vise semble-t-il la grande pelouse, deux hectares quand même, et tombe avec grâce au milieu de la piéce d’eau.
C’est avec plaisir que je reconnais… là-dedans ce cher Petcho Larigaïe.
-Je m’ai penché, je m’ai tombé… nous explique-t-il en se débarassant des nénuphars et autres plantes d’eau.
Une fois séché et réconforté avec une vieille prune hors d’âge et alors que nous nous promenons malgré mes douleurs de pied, mes doigts sont toujours dressés et comme sur le qui-vive, dans la campagne sous une petite pluie pas désagréable, passent au dessus de nous trois chasseurs à réaction fort bruyants:
-Oh mais diantre ne serait-ce point de nos nouveaux chasseurs bombardiers tactiques Razfoune, oh Monseigneur voyez quelle belle allure ils ont!
-Je ne vous connaissais pas cette attirance pour les avions de chasse, mon cher, vous un littérateur, un poête, un homme d’esprit et de réflexion!
-C’est justement cela la figure du chasseur-bombardier tactique dans la littérature contemporaine est sous-exploitée Monseigneur, je rêve de faire un grand poême là-dessus.
-Ah tiens don’!
Il ouvre sa musette:
-Voyez Monseigneur j’ai quelque documentation …
Il sort force illustrés en couleurs puis ce qui lui semble être quelques solides arguments de vente:
-… d’autant que le gouvernement français m’a-t-on dit voudrait faire profiter Monseigneur de son offre spéciale tiers-monde: je m’équipe en Avril et je commence à toucher dessus en Mars… plus les mémoires en bandes dessinés de notre président… plus la compil’ discographique de la présidente doublée dans le langage des signes… plus la photo dédicacée… plus le tee-shirt et la casquette coordonnée… plus le bandana…
Bien sûr, son patriotisme excuse son activisme commercial au service des Armes françaises mais j’ai tôt fait de le démonter.
-Je vous arrête tout de suite mon cher je n’ai que peu d’influence dans le traitement de ce genre d’affaires industrielles, j’y prends même assez peu d’intérêt.
-Oh comme je vous comprends Monseigneur… moi-même… pourtant si vous vouliez toucher quelques mots à la Reine…
Il est tout essouflé au dessus de nous les avions font une véritable démonstration, la Reine est sortie sur la terrasse et observe tout cela avec grande attention, soudain deux missîles partent de l’un des aéronefs, l’un va percuter la sanisette sur la place de l’église, l’unique sanisette de Bonpéze de style Jaclang triomphant et classée Monument Hystérique pendant que le second détruit l’abri-bus Jeanclaudedecauxnien tardif à la sortie de la bourgade qui n’était pas même à l’inventaire supplémentaire mais s’avérait fort utile surtout l’hiver.
-C’est… c’est vous l’aurez noté, Monseigneur, actuellement le meilleur chasseur d’abri-bus et de sanisettes en capacité tout-temps du bloc Atlantique!
-Impressionnant en effet autant que bruyant mais je crains que ce genre de divertissements enfantins ne soit plus guère de mon âge… et si nous allions aux champignons!
(à suivre…)
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20.7.2011 par admin.
DSK m’a baiser !
Journal de la France de pendant par François F. soumis.
Chronique du Conquennat . 22. Lofti Benayak.
Mon maître infaillible m’attendait sur un banc à la gare de Differdange au Luxembourg près de la frontière, il avait un béret sur la tête et il s’était laissé pousser la barbe.
-Ben qu’est-ce qu’il y a?
-Oh putain je crois bien que j’ai honte ! C’est la première fois ça m’était jamais arrivé avant ça ! Je savais même pas que ça existait
-Bah c’est pas la première fois qu’on se prend une tremblée, on s’en remettra comme des précédentes.
-Mais aussi tout ça c’est à cause de ce con de Puga mon nouveau chef d’état-major particulier, tu sais ce que c’est son chef d’état-major c’est un peu comme un kleb, on s’attache on lui confie ses problèmes, moi j’aimais bien le soir près du feu lui causer, on lui caressant le képi…
-T’as de la chance moi j’ai hérité du frère à de Villiers, j’ai pas intérêt à lui toucher le képi, un aristo à la con c’est qu’il me mordrait, il me traite comme la concierge de Matignon ah il faut voir comment il garde ses distances… mais tu me disais la Libye…
-J’ui en ai causé, j’ui ai dit les méchancetés qu’il m’avait fait le bédouin et comment chez Dassault y veulent plus rien me donner, et quand même les com’ pour un président ça représente les trois-quarts de la paye c’est pas avec ce que me donne ce con de Bolloré sur ses putes africaines… j’ose même p’us ouvrir mes relevés de compte en Suisse, mon dernier samedi à Paris au Shopi c’est encore Carla qui avait payé, j’avais honte ‘t’imagines pas. Bref je raconte mes malheurs à mon chef d’état-major, un tradi ras du béret et il me dit :
-Mon Président y faut-t- y aller !
-Il faut te dire qu’avec lui y faut-t- y aller tout le temps, y tient pas en place ce garçon c’est un exalté !
-Je t’avais pourtant dit de surtout pas sortir l’armée et qu’on aurait l’air de cons! Dés qu’on leur retire les housses ça rate pas.
-Mais c’est l’autre allumé qu’y me poussait :
« Mon Président avec les ‘tits gars on vous plie ça en 48 heures. Voyez, je prends par les Alpes façon Hannibal, je rabats sur Malte et après y a plus qu’à pousser… vo-yions un peu les états de matériel et d’effectifs… chic aujourd’hui c’est spaghetti à la Bolognaise… non ça c’est le menu de la cantîne des génés…
-Eh la soupe est bonne?
-Formide mon Président grâce à vous, c’était dans le livre blanc, on l’a rénovée entièrement la cantîne des généraux et on lui a ajouté une douzaine de salles c’était pas de trop … bon je disais les états… impeccable on a de dispo deux rafales lanceurs de gaufres et trois chenillettes à friction plus quatre sections d’aides ménagères-parachutistes au complet, ah votre réforme Mon Président ça a été une grande chose, comme toutes vos réformes d’ailleurs, on a fait le ménage dans tous les coins et depuis l’armée française ça brille de partout; c’est petit d’accord mais alors ça sent le frais et bref on est bien chez soi ! »
-Mais mon général il ne serait pas préférable d’être bien chez les autres, c’est pas à çà que ça sert une armée.
« Justement ça Mon Président sur ce coup on va leur montrer qu’on s’exporte. »
-Ah ça pour une démonstration, ça a été une belle démonstration. Écoute, c’est fini, maintenant tu ne vas pas rester là ! Qu’est-ce que tu vas faire ?
-J’y ai pensé je vais monter une radio comme l’aut’grand con en 40… Ça sera pas Radio Londres mais Radio Luxembourg vu que…
-Tu sais je crois que ça existe déjà… écoute j’ai causé avec Mouammar il t’en veut pas, il dit qu’il a jamais autant rigolé, il pense même à nous acheter des avions et des munitions, tellement il a eu honte pour nous, et puis il m’a demandé de lui prêter des hommes pour le défilé, vu qu’y sont pas assez nombreux…
-Le défilé ? Quel défilé ?
-Béh celui de la victoire… enfin pour lui… pour nous ce serait plutôt celui de la défaite … mais enfin reviens tu risques rien les frontières sont pas gardées, ils occupent un minimum, la rue Montaigne, Fauchon, Lasserre et un petit bout du 8° arrondissement d’ailleurs il a eu un joli geste, Mouammar il veut aussi équiper en Toyota nos gendarmes pour qu’y se chargent de l’occupation… ça l’emmerde, y veut pas s’occuper d’occuper. En attendant il nous fait la paie.
-Et tu es prêt à accepter ça; mais t’es un vrai collabo. Je t’ai vu à la télé suisse quand tu es venu plier les genoux devant lui sous l’Arc de Triomphe pendant qu’il préparait son méchoui sur la flamme! Quand je pense qu’avec le coup que j’avais monté, mon opération DSK j’allais être réélu les doigts dans… la braguette.
-Justement tes méthodes de Guéant…gster ça commençait à sentir et même à incommoder, Mouammar, lui il est popote, très attaché aux vraies valeurs: la dune ne ment pas… Razzia, Famille, Tribu… presque traditionaliste…
-Ah ne me parle plus de ces cons-là !… quand même je l’aurais bien niqué le gros Khan…
Il avait repris son sourire vicieux et je n’ai pas tenu devant tant d’injustice, j’ai fondu en larmes.
-Jamais ! Jamais je ne te pardonnerai ce que tu lui as fait !
Et je lui frappais la poitrine de mes petits poings, j’étais hors de moi, presque décoiffé, c’est dire.
-Mais ma parole… mais on dirait…. mais tu l’aimes.
-Oui je l’aime… et même j’attends un enfant de lui… Il est brutal, grossier, cynique, lâche, sans éducation, dominateur, foireux, grotesque tout ce qui me plaisait chez toi je l’ai retrouvé chez lui… je l’aime oh oui je l’aime! Je lui appartiens, il est mon maître!
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23.6.2011 par admin.
16 Août
Ai-je rêvé de cette soirée quelque peu agitée, je me souviens que ce cher Jacky Le Chombard m’a raccompagné tôt le matin dans sa Citroën Méhari orange, mais du reste hormis une forte migraine…
Je m’habille… enfin Pezzolino m’habille:
-Sa Seigneurie a eu une soirée agitée?
-Occupe-toi de tes pizzas veux-tu. Tu as brossé mes cheviottes?
-Oui Monseigneur.
-Eh bien alors sors-moi un costume de velours.
Je descends à presque onze heures, ce qui n’est guère dans mes habitudes, je croise dans l’escalier Urinald Fun Froeben le Grand Chambellan de la Cour:
-Qu’est-ce vous foutez chez moi vous! C’est pas assez de nous emmerder à l’année il faut que vous veniez encore me casser les noix en vacances! Allez donc chambeller ailleurs mon vieux!
-Sa Majesté m’a convoqué. Je défére à ses ordres. Aboie-t-il en claquant des talons.
-Eh bien déférez…. mais sans bruits j’ai un de ces mal de tête!
Ma Poupetkë m’informe que nous avons reçu une invitation du président français il nous convie à un dîner officiel la semaine prôchaine à l’Elysée, la barbe, nous sômmes à Bonpéze en séjour privé quelle mouche le pique? En mesure de rétorsion pour cette invitation mal à propos je me promets de lui apporter quelques bonnes bouteilles de Chateau-Bonpéze.
Etrangement la Reine-Mère m’accueille amicalement et me sert d’autorité deux Alka-Seltzers bien tassés.
-Ah fotre ami avec une gueue de chwal, Jacky vous cherchait dout-à l’heure! M’informe-t-elle.
Jacky Le Chombard ne porte pas une queue de cheval mais une paire de couettes.
Je le regarde elle semble rêveuse comme une jeune mariée… du corps des dragons.
Jacky Chombard est venu au chateau prendre de mes nouvelles et s’entretenir avec moi, c’est un garçon qui gagne à être connu. Hors cette propension qu’il a d’élever des loups en pays d’élevage. Un peu intimidé il s’est d’abord adressé au père Beignalous:
-Le Cagadou? Oh il va bien, aussi couillon qu’il est solide!
C’est dit sans malice et il vaut mieux être tenu pour couillon en ce pays que clairvoyant en bien d’autres contrées.
Il s’en allait avec discrétion quand je suis arrivé:
-Eh bien mon cher vous avez fait forte impression sur la Reine-Mère.
Il rougit, tressaute, perd ses moyens:
-La… la Reine-Mère vous voulez dire que j’ai…
Il est effondré et en même temps comme apaisé:
-Je … je ne sais pas comment cela s’est fait, j’ai vu un jardinier qui taillait ses rosiers…
-Mes rosiers vous voulez dire!
-Je lui ai demandé si vous étiez là… et il s’est jeté sur moi… et j’ai cru qu’il… c’était donc madame votre belle-doche…
-La Reine-Mère en personne ce qui est vous l’avez remarqué assez considérable.
-Ah Dieu quel engin! Quel monument! Quelle… quelle femme! Je ne sais que dire Monseigneur.
-Dîtes Raoul plutôt que Monseigneur et continuez mon garçon, vous avez sur elle une influence toute bienfaisante et apaisante. Décidément l’éleveur de loups montre une attirance étonnante pour les grands carnassiers, réussir à dresser le dragon jusqu’à le faire manger dans sa… braguette voilà qui reléve de l’exploit.
-Mais vous vouliez m’entretenir mon cher Jacky?
-Oui, oui Monseigneur… euh Raoul… l’opération est pour ce soir.
-L’opération quelle opération? On va vous opérer? Vous êtes souffrant?
-Mais non l’opération contre l’émetteur tévé du Mont Pipard, nous agirons ce soir.
-Ah! Dis-je assez laconiquement je le concéde.
Maintenant il me revient le souvenir de quelques serments secrets solennellement prêtés dans la cave du Baltou et aussi de Maître Bourmous se promenant en tutu et montrant ses fesses aux clients de passage venus déranger notre cérémonie clandestine et de ce cher Voualtère Brummeliche (de plus en plus) entonnant quelques chants sonnants et soldatesques en tudesque dans le texte, bref je devine qu’il y eut du mouvement et de l’engagement mais de là à participer à la destruction d’édicules appartenant à l’état français, il y a un pas.
-Et ma participation à l’événement est requise?
Le cher Jacky qui est un romantique recule devant ma possible défection:
-C”est à vous de voir Monseigneur.
Je lui tapôte l’épaule:
-Il ne sera pas dit qu’un Bonpéze revînt jamais sur sa parole!
Son visage s’empourpre, je les connais mes gaulois, l’âme au bleu et le coeur au clair.
(à suivre…)
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2.3.2011 par admin.
15 Aôut
15 Août: Fête nationale de notre vieille France. Fête de l’assomption de la très sainte vierge. Que de souvenirs j’ai de ces processions à travers la campagne de Bonpèze où enfants de choeur nous défilions aux côtés de l’Abbé Pellefigues derrière la statue de notre Sainte-Mère et au milieu des bannières et des chants.
Je retrouve dans une armoire mon vieil uniforme de chef scout, je le mets, j’y rentre encore, le temps a passé je ne suis certes plus ce jeune homme de quinze ans assez étincelant d’après mon souvenir, ou d’après d’autres ce “guenuchon neurasthénique” c’était là mon totem, à l’époque je montais aisément aux arbres (je ne fréquentais point encore les dames) et je traversais de longues périodes d’apathie morale mais ne nous apitoyons pas, le short n’est pas trop short. Je mets les bas de laine aussi et le sifflet et le chapeau et les pataugas et je descends comme ça, très réglementaire sinon tout à fait élégant, sur la terrasse où les enfants, ma Poupetkë et la belle-mère prennent le petit déjeuner et me découvrent en cet étonnante tenue qui marquent de manière éclatante, quoique assez peu confortable cela me sert aux cou…des, la fidélité à mon passé et à ma foi.
-Et où allez-vous ainzi aggoutré mon ami?
-Faire un petit tour ma chérie.
-Moi jé té dis qu’il est gomplétement fondu ce gon-là! Commente la reine-Mère en se resservant en alka-seltzer.
Je rejoins la procession sur la place de l’église. Le curé de Bonpéze le père Prosper-Théobald Obouduban-Oujustandsou un solide congolais, fier buveur et qui posséde une très belle voix de basse, est fort désappointé, l’un de ses enfants de choeur n’est pas là:
-Je crois bien que ce petit saligaud est-t-allé-z-aux putes à Sainte Peyre! Il me manque un porte-bannière, vous marchez avec nous Monseigneur?
-Je suis tout à votre disposition mon père, cela me rappellera ma jeunesse.
La vérité est que j’ai longtemps rêvé de porter bannière mais c’était toujours Jean-Pascal Bourmous, le fils du notaire, le préféré de l’Abbé Pellefigues qui y avait droit.
L’abbé s’adresse à nous avant le départ:
-Et si vous êtes bien sages les enfants vous aurez des pains-z-chocolat au goûter. Et n’oubliez pas on tient la ligne, on lâche rien et l’on ne marche pas sur les aubes.
Je regarde mes collégues enfants de choeur, ils sont comme moi très concentrés, il s’agit de ne pas se louper pour décrocher les pains-z-au chocolat.
Bien entendu on l’aura compris il s’agit là d’une revanche que je prends sur l’élément protestant de notre famille car la procession tourne traditionnellement trois fois autour du château .
Quand nous arrivons en vue de château Bonpéze je hausse le son, les cantiques s’enchaînent et je hisse un peu plus haut nos couleurs sacrées.
Walter Brummiche le patron du Baltou qui est correspondant du Beaufinois Libéré prend des photos.
-Achtung! Bittë On zourit! Dankë!
Premier tour, ça bouge sur la terrasse, les enfants me font des signes, deuxiéme tour la belle-doche monte en ligne et s’agite, troisiéme tour ma Poupetke rappelle tout son monde. Quelle autorité! Qui n’a jamais vu ma Poupetkë commander un demi en terrasse ne sait pas ce que c’est que l’autorité.
Ah ça chiffre tout de suite les processions dans le coin, nous n’avons pas loin de vingt kilométres dans les jambes quand nous nous attablons enfin sur la place de l’église où trêteaux et bancs ont été installés, je régle trois tournées supplémentaires de pains-z-aux chocolats et de chocolat-t-au lait à mes collégues et quelques autres surnuméraires de pastis à tous les autres, le boulanger apporte aussi des Bouffles ce sont des gros pains farcis de cailloux en praslines, dans le temps c’était des vrais cailloux, avec cela que l’on se rendait aux champs, cela vous lestait pour la journée, le Beaufinois était un pays pauvre et les jacqueries se terminaient souvent par des festins païens et assez inconvenants, j’ai eu quelques ancêtres Bonpéze ainsi mis en brôche et dévorés par des paysans sans égards pour les dépositaires de l’autorité qu’ils étaient. Sans compter que d’un simple point de vue diététique cela ne devait pas être bien fameux.
-La Guenuche! Béh mais qu’est-ce tu fous là?
Je me retourne vers le quadragénaire et demi flanqué de deux gamins qui m’apostrophe :
-Bourmous, le fils du notaire, tu me remets pas? Gerboise Indomptable, la 1° Bonpéze .
-Bourmous ça alors! Mais ce n’était pas plutôt Gerboise Honteuse…
Je dois à la vérité historique de ne point celer ce détail, car le cher Bourmous avait gagné ce surnom parce que sitôt repas pris il allait se cacher dans les bois pour “gerber”.
-Non pour les gamins c’est “gerboise indomptable”, je préfére.
-Tu en as combien comme ça?
-Sept .
-Bravo.
-C’est plutôt toi qu’il faudrait féliciter, alors t’es altesse pour de bon. Comment faut-y- t’appeler Monseigneur?
-La Guenuche, ça va bien et ça me rajeunit.
-Alors Monseigneur La Guenuche t’as fini par la décrocher ta bannière, je suis arrivé trop tard, j’avais encore du travail à l’étude.
-Tu as repris l’étude de ton père?
-Qu’est-ce que tu veux, la tradition, je suis la neuviéme génération de Maître Bourmous notaire à Sainte Peyre de Clerc en Beaufinois. Quelques fois j’ai l’impression d’être un portrait de famille, d’être déjà peint.
-Bah bah bah ! Rien de plus honorable que de poursuivre la tradition familiale. Ton fils la continuera, le mien aussi et nous pourrons nous mettre hors du coup et parfaire notre salut au large.
-Tu as sûrement raison et puis j’ai jamais eu trop d’imagination pour m’inventer un destin comme toi Monseigneur La Guenuche.
-Maître Bourmous, je vous le dis, avec la meilleure volonté du monde, l’on ne devient jamais au mieux que des personnages.
“Conversations entre Monseigneur La Guenuche et Maître Bourmous” ce pourrait être le titre du tableau, nous ne sommes que des enfants grimés qui essaient de se faire le plus ressemblant possible à nos rôles. Vanités et fards de l’humaine destinée.
Peu à peu d’autres personnages nous rejoignent sous les quiets tilleuls de la place Césarin Pébre qui semblent bayer au soir, l’abbé Obouduban-Oujustendssou vient de dire sa dernière messe et a fini sa journée, Jacky Le Chombard passait par là et Voualtère Brummeliche a quitté son comptoir et délégué la conduite de son bar à son épouse Marilyne née Cabressous second bien fessue et qui tient ferme au cap.
Est-ce échauffement naturel entre grands mâles, effets de l’alcoolémie ambiante ou influence pernicieuse des exhalaisons mellifiques des tilleuls sus-cités nous en arrivons à la conclusion unanîme que l’époque n’a guère de vertu et qu’il convient de la punir pour son impudente outrecuidance.
-Il faut lui foutre au cul!
Jacky Le Chombard nous montre la place maintenant vide:
-Savez-vous où ils sont tous ? Devant leur foutue télé! Et il est où le lien social? Carbonisé le lien social!
Ce garçon me semble s’exalter un peu vitement, mais l’on aura noté que mes réflexions antèrieures sur l’influence maléfique de la télévision rejoignent d’assez prés ses préoccupations.
Maintenant tout en confiance il m’avoue avoir mené quelques actions symboliques quoiqu’illégales tout à fait dans nos idées, il a même saboté un relais de télévision et revendiqué derechef la paternité de l’attentat au nom d’un groupe activiste: les Joyeux Autonomes du Beaufinois qu’il a monté avec le patron du Baltou et le curé de Bonpéze tous deux opposants à la tévé par vocation sacerdotale.
-Les joyeux autonomes du Beaufinois, ça fait pas un peu société d’aviron? M’interrogeai-je.
-Ah moi ça me plait j’en suis! S’exalte Maître Bourmous, très rutilant en acquittant sa première cotisation.
Je pourrais opposer au principe de mon adhésion secréte à leur association que ma position officielle ne m’autorise pas à m’affilier à un groupe terroriste non reconnu d’utilité publique (commes le sont groupes de pressions, écologistes, féministes ou homosexuels) mais l’attrait de la nouveauté occulte en moi tout souci de prudence et je m’engage à leurs côtés dans les pas de Maître Bourmous
Le cher Voualtère Brummiche réussit même à me placer en supplément une carte de pêche.
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16.2.2011 par admin.
La révolution deux boules 1/1 Lofti Benayak
Journal de la France de pendant par François F. soumis
Quand on est monté en courant dans Air Gland One l’avion de mon futur ex-maître regrettable, ça commençait vraiment à chauffer, aux dernières nouvelles Bayrou avait pris le pouvoir à la tête d’une junte centriste, Villepin venait de se faire couronner empereur des français à Charenton, Boorloo occupait le palais Bourbon, enfin il tenait la buvette et c’était sa tournée, Delanoé s’était réfugié dans une sanisette du Bd Saint Germain avec des troupes fidèles, 150 chargés de mission de la Mairie de Paris fanatisés qui avaient dit qu’il faudrait leur passer sur le corps avant de pouvoir passer sur le corps de leur maître et Ségolène Royal voulait brouter les anglois .
Les enfants dans les rues défilaient avec leurs professeurs en portant de grandes banderoles sur quoi était inscrit : « Raivaulussion mintenon »
Mon maître ex-considérable était lui en pleine extase, je m’interrogeais avec le Père Laridondette qui avait embarqué avec nous, il était de passage à Matignon quand les … « les événements » s’étaient déclenchés :
-Ton ami François me semble avoir pris des substances illicites autant qu’hallucinogènes ? Je t’assure qu’il n’est pas dans son état normal.
-Il n’a pas d’état normal mon père.
J’allais m’asseoir sur un tabouret à côté de lui dans la salle du Trône qu’il avait faite aménager en avant de l’Airbus, de fait il semblait, malgré tout ce qu’il se passait, étrangement transporté (alors que nous n’avions pas mâme encore décollé !).
-Euh ça va bien ?
- Jamais je ne me suis senti aussi bien. Tirer sur la foule ah tu peux pas savoir c’est vraiment un accomplissement pour un homme d’état! Tu connaîtras jamais ça toi ma pauvre Pinouillette! Ah mais ce que c’est bon putain j’en bande encore ! Sauf que la deuxième fois les CRS ont pas voulu.
-C’est tout à leur honneur.
-Mais non ils voulaient qu’on leur paie une prime de carnage et qu’on double les paniers-repas.
-Quand même ça n’a pas arrangé les choses.
-Mais ça n’a rien à voir, les américains voulaient lancer un nouveau produit sur le marché de la démocratie light après la révolution du jasmin, la révolution orange, la révolution deux boules, deux parfums pour pays développé en voie de tiers mondisation et c’est l’ex France qu’ils ont choisi, c’est mon chef de zone de la CIA qui m’a prévenu du début de la révolution vanille-fraise, c’est le nom qu’ils ont trouvé, ce tantôt, d’un côté c’est plutôt flatteur, d’un autre c’est emmerdant au possible j’aurais bien fait un second conquennat moi, bon on va aller à Bruxelles voir mes chefs… non pas ceux-là d’autres… on va prendre les ordres et s’il faut revenir pour re-tirer sur la foule on y retourne.
Cela lui avait vraiment plu et il eut alors ce mot historique :
-Je reviendrai sur les ailes des flics.
Mais arrivé à Bruxelles ils ont pas voulu qu’on atterrisse vu qu’on venait de passer ennemi du peuple, régime honni et tout le reste, fallait voir comment les journalistes de l’ex-télé d’état dont l’Elise Lucet/Sucet (Aspirant Assec dans la résistance) nous savonnaient le portrait, elle se croyait revenue en 2002 au 21 Avril quand sur les barricades montés par le pouvoir en place elle s’illustra comme l’on sait la poitrine offerte au Fachisme.
Après deux heures de vol on a demandé à atterrir en Italie mais Berluscono venait de s’enfuir dans son Boeing (le traître vendu aux américains !) pour Doubaï.
-Pas con ça Doubaï… Cécilia m’a dit que c’était génial pasque les magasins étaient ouverts le Dimanche… en revanche le vendredi ils sont en panne ‘sais pas pourquoi. Tiens ça tombe bien je crois que c’est le Festival Mondial du Shoppingue en ce moment ça va nous détendre. Va pour Doubaï.
On a même fait la course avec Berluscono, son Boeing a gagné il avait deux réacteurs de plus pour nous consoler très sport il a envoyé un message
« L’ex président du conseil Berluscono invite l’ex-président français à une partie de banga-banga sitôt atterri au Sheraton qu’il vient d’acheter.»
Mais il y avait déjà en stand-by les avions de Moubarak, Albert de Monac et la grand duc du Luxembourg qui tournaient depuis une heure, ils ont un parking airport à dictateurs à Doubaï et on a été détourné sur Oman.
Me rappelant soudain que j’étais premier-ministre soit la plus haute autorité après l’autre nain minable, pestilentiel dont je le rappelle j’avais toujours combattu le régime honni, à la tête de mon réseau de résistance Consternation Sud j’avais même saboté son bain à remous au péril de ma vie (quelle châtaigne !) mais je le raconterai plus tard dans mes mémoires de combat.
Je décidai donc de débarquer subrepticement en prétextant l’achat de journaux et de confiseries :
-Prends-moi des Nuts ! Furent les dernières paroles historiques que j’entendis proférer par mon ex-maître excrémentiel.
Je regardais la télé dans le hall arrivals ou departures.
En ex-France les choses évoluaient, la glorieuse révolution des fonctionnaires vivait des heures exaltantes. A l’éducation nationale on discutait ferme pour savoir si les heures de révolution seraient bien payées et les syndicats de lycéens demandaient une suspension des interros zécrites jusqu’à l’aube du jour radieux afférent à la susdite glorieuse révolution, la formation d’un comité de Salut Publique siégeant jour et nuit se heurtait au problèmes des heures de nuit, des repos compensatoires et des 35 heures.
Mélenchon-Tinville nouvel accusateur publique avait mis la main sur une vieille guillotine et en essayant de la faire fonctionner il s’était coupé l’annulaire :
-Cela ne fait rien citoyens il me reste mon pouce à mettre dans le fondement des ci-devant. Commenta-t-il spirituellement.
Il avait fait établir une liste d’aristocrates politiques susceptibles d’amortir par leur légitime décollation la remise en état de sa guillotine par le Mobilier National: Giscard d’Estaing, de Villepin, Chodron de Courcel, Donnedieu de Vabres malheureusement en consultant l’association de la noblesse française on découvrit que pas un n’était authentiquement noble et impossible de mettre la main sur de Villiers qui changeait de bistrots trop souvent.
Alors il avait proposé de guillotiner du ci-devant par ordre alphabétique en prenant le bottin, un exalté ce garçon, quoique heureusement, je le découvrais, fonctionnaire lui aussi.
Je prenais le premier vol de retour pour Vichy où je retrouvais Rachida Dati alias Caporale Pompette dans la résistance:
-Tiens tu as changé de coiffure !
-Ils m’ont tondu les salauds !
Avec quelques complicités essénecéfistes je remontais de manière incognitesque sur Paris où je découvrais sans étonnement excessif que la révolution était … en grève.
Les conditions de travail révolutionnaires, les sous-effectifs révolutionnaires et le problème des RTT révolutionnaires en étaient le .prétexte ainsi que la cantine du comité révolutionnaire (et dix de der !) qui laissait à désirer.
Sur le pont de l’Alma, dans les bras du zouave une fille enroulée à poils dans un drapeau rouge éternuait, je me pensais: les connes s’enrhument c’est bon signe l’hiver revient.
Avec l’aide de deux compagnies de nageurs de combat, tout ce qu’il restait d’opérationnel dans l’armée française, je repris démocratiquement le pouvoir par derrière, cette chère Marianne en avait pris l’habitude, fis noyer Mélenchon et convoquais les français aux urnes.
Jean-Louis Debré après avoir fait et refait ses additions à la main dévoila les résultats que je lui avais communiqués par avance et proclama « plésentement élu Monsieur Laurent Gbagbo », une idée à moi qui résolvait deux problèmes en même temps.
Et derechef (et même un petit peu avant) en tant que représentant de l’ethnie majoritaire Blankoué je me retrouvais premier ministre, en charge du Ministère du Cacao, le plus important selon ce cher Lolo qui se révélait beaucoup plus calme et facile à supporter que son histrionique prédécesseur… honni, sa femme Simone prenant la tête du ministère des Corn-flakes beaucoup plus lucratif car soumis dés le lendemain de sa nomination à un contingentement douanier, pour ma part je n’avais qu’à visiter les plantations de café et de cacao pour veiller sur les récoltes ce qui du moins en France métropolitaine ne me semblait pas représenter une tâche trop écrasante.
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12.2.2011 par admin.
La paix enfin revenue dans notre foyer, belle-maman point encore dessoûlée ronfle dans ses appartements, je me dois de constater que le 49 est bon, en effet, et bien meilleur que la cuvée de l’an dernier, je m’en ouvre au Père Beignalous qui en convient:
-Celui de l’an dernier il est imbuvable tu veux dire.
-Et comment se fait Père Beignalous?
-Aïlle Cagadou y a le terroir qu’a changé, depuis qu’y nous ont installés l’élevage industriel de poulets et après la même chose pour les porcs, et puis les campingues industriels et tous les stalags à parisiens, forcément ça chie tout ce monde-là alors à chaque fois on essayait de corriger les offenses faites à la terre, on remettait du souffre et des polysulfites, et puis il y avait les directives de Bruxelles, il voulait bien donner des subventions mais seulement si c’était hygiénique, interdits les nougats des saisonniers pour presser le raisin, pourtant le jus de panards pas lavés de trois semaines, tu peux me croire ça donne du goût à l’assemblage, mais maintenant y faut tout faire en atmosphère confiné, le pinard aseptique t’avouera, alors on a utilisé le Hexasulfabite de Bromopétagêne et ensuite pour équilibrer le tanin au protoxyde pernodyhidrophosphorique et après… oh c’est bien simple aujourd’hui on pourrait se passer de la vigne pour les vendanges et les faire directement en laboratoire.
-Mais ce n’est pas ce que je veux, je veux au contraire revenir au vrai Chateau Bonpéze?
-Ah ouais, je vois, maintenant… ‘mon avis il faudrait qu’on se trouve deux ou trois tonnes de Tétrafulminate de bétachlorosol pour retrouver le petit goût de noisette mais le problême c’est que c’est classé en armes bactériologiques… tu pourrais peut-être toi avec tes relations…
*
Conversation fort instructive la mentalité elle-même du paysan me semble bien changée, je discutais l’autre jour avec le vieux Pignadous de la Ferme des Brenets, il pleuvait à torrents et nous nous tenions abrités sous l’un de ses antiques noyers:
-Ah et ça va pas s’arranger ils ont dit à la tévé que la sécheresse continuerait comme ça chez nous tout l’été et même que ça s’aggraverait…
Je le regardais en pensant qu’à son âge: 94 ans il commençait à, osons le mot: rouler sur la jante et même: usiner le moyeu, l’herbe était drue et moussue, nous nous enfoncions comme dans de l’éponge saturée d’eau et l’autre vieillard de continuer:
-Les sols sont secs et même que le préfet a commencé les restrictions d’usage comme en 42
Et puis je compris qu’il avait été convaincu d’une autre réalité que celle vérifiable qu’il avait tous les jours sous les yeux, sous ses pas, à portée de main, la réalité de la télévision manipulatrice, politique et maléfique. Il croyait à ce monde de rapport qu’on lui inculquait jour à jour où il fallait serrer les fesses, se contraindre, se restreindre, perdre toutes ses aises et avec elle sa liberté de vivre et d’être.
Je lui désignais une forte colline en face de nous, appelée le Mont Bégou, l’un de ses versants s’était à moitié écroulé:
-Qu’est-ce qu’il est arrivé au Bégou?
-Ah ça c’est à la fonte des neiges! Des torrents, il en giclait de tous les bords, ça lui a tout changé la figure… vouaïlle ça m’inquiéte bien ce réchauffement qu’y cause à la tévé… y faudra aussi que je fasse couper ces foutus noyers, y nous servent plus guère! Aïlle Cagadou!
Et il s’en alla sous “la sécheresse” qui tombait à cordes.
Je dirais que nous vivons là un réel changement civilisationnel, le paysan français a jusque là et depuis des siécles toujours été guidé par un bon sens et une tempérance de jugement, un quant à soi imperturbable, eh bien pour la première fois dans l’histoire du monde le paysan français est en train de devenir con.
(à suivre…)
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21.1.2011 par admin.
Pipôle Emploi
ou la nouvelle vie d’Eric Woerth
1/1 Lofti Benayak
C’était ma première fois, la première fois que je pointais au chômage chez Pôle Emploi, la première fois aussi que je ratais ma vie, moi qui avait toujours été un bon élève, bien noté, docile à tous, suivant la consigne, apprenant le règlement intérieur par coeur, je m’étais fait virer de tout, d’abord du gouvernement puis de mon mandat de député-maire et enfin de celui de mari, ma Florence s’était faite la malle la semaine passée, elle était repartie en Suisse avec notre ultime carte bleue.
Il faut dire aussi que je me rasais plus, je me levais à midi depuis que je couchais dans le clic clac de l’entrée, Florence voulait faire chambre à part,dans un F 1,5 c’est pas commode, elle me traitait de raté, de couille molle, de… de centriste ! Elle avait raison je bandais plus du tout, elle me faisait tellement pitié quand je la voyais partir au petit matin avec son sac prisunic années 70 et ses bas à varices pour prendre son RER, on habitait maintenant au Val Fourré dans les grands ensembles.
Comme tous les politocards français dans la débine, je m’étais pointé à l’ambassade des Ztas-Zunis voir si je pouvais pas y récupérer un p’tit quéque chose, petite pension d’agent dormant de la CIA, emploi protégé à la Banque Mondiale, après tout là aussi j’avais toujours été bien obéissant et serviable mais le troisième adjoint du quatrième conseiller m’avait vite fait comprendre que d’après eux, je n’avais pas beaucoup d’avenir en me refilant un carnet de tickets de métro et une caresse sur la truffe.
En attendant mon tour d’être reçu par le conseiller, avec mon ticket numéroté, j’avais le n° 1256893256356, je me disais que quand même j’avais fait une bonne réforme de l’ANPE en créant le Pôle Emploi, c’était vraiment plus humain depuis qu’on avait mis des plantes vertes et des distributeurs de croquettes et d’eau fraîche pour les chômeurs en fin de droit !
Je me souvenais des suggestions sociales de l’autre nain suprême qui m’avait pris à part après un conseil des ministres pour m’expliquer qu’il valait mieux parquer les chômeurs en sous-sol à cause des odeurs.
Enfin après pas plus d’une demi-douzaine d’heures d’attente et soixante-quatorze changements de fesse ça a été mon tour.
La conseillère (c’était un fonctionnaire femelle je l’ai reconnue aux oreilles qui sont moins rouges et moins développées que chez le mâle et à la cravate tâchée que la femelle ne possède pas!) a vite fait mon bilan d’employabilité en tapant sur son clavier :
-Bon écoutez… taptap…, Monsieur Worth, on vous a déjà proposé deux emplois qui correspondent à vos compétences et vous les avez tous deux refusés… taptap…
-Maître-chien dans un hyper Auchiottes et cariste manutentionnaire chez Shopi(ne), j’ai une agrégation de déconométrie appliquée, un DESS de droit de l’arrivisme et un MBA d’affairiste-comptable,
-Taptap… de toutes les façons on a pas d’emplois dans la finance… taptap…
-J’ai été trésorier de parti politique…
-Oui ben justement, le jonglage alors vous connaissez un peu… taptap… pasque je peux vous proposer un emploi de clown d’ambiance… taptap…
-Clown d’ambiance !
-Je vous rappelle que si vous refusez cette troisième offre vous allez être radié définitivement.
Putain ça aussi c’était dans ma réforme avec les brumisateurs et le kit d’insertion dans la vie professionnelle pour les jeunes employables (une paire de gants jetables et un tube de vaseline !).
-En plus je vous offre un CDI de la Mairie de Paris… taptap… c’est du sérieux ça, sans compter que vous pouvez très bien y faire carrière… taptap… vous z’êtes vraiment pas malien ?
-Ah je vous en prie restez correct.
-Non pas malin, malien, pasque j’aurais pu vous mettre à la Propreté sans quoi… taptap… ramasser les poubelles…
-Je ne suis pas du matin, demandez à Florence mon… épouse … snif ! snif !
-Bon alors vous commencez la semaine prochaine comme adjoint de clown d’ambiance… taptap… vous avez droit à une formation qualifiante de 45 minutes un panier repas… taptap… à une prime de maquillage, les chaussures, le costume et le nez rouge sont fournis.
-Eh ça consiste en quoi clown d’ambiance ?
-Vous êtes chargé de remettre de l’ordre sur les trottoirs envahis par les fumeurs et de leur mettre la pression… taptap…
-Alors si je comprends bien, clown c’est un peu comme flic maintenant ?
-Taptap…
J’ai quitté Mademoiselle Taptap sans regrets et deux jours après j’ai suivi la formation qualifiante, on nous a expliqué que l’idée c’était de faire régresser le sociopathe jusqu’à en faire un gamin pétochard et punissable, que l’on avait délégation d’autorité pour dresser contravention, faire panpan-cucul ou mettre un mot aux parents et que ceux qui rentreraient pas dans le schéma pourraient être mis en garde à vue pour une période de dix ans reconductible dans le cadre de la lutte anti-terroriste au titre de rébellion à clown assermenté dépositaire de la farce publique.
La première fois on est monté au front de l’hygiène morale, un peu crispé, on appréhendait derrière le maquillage on était pas fiers, on craignait Verdun, la Côte 204 remontée boulevard des Batignolles. Vingt années auparavant c’est comme ça que ça serait terminé ces grotesqueries, on se serait fait casser la gueule joyeusement, ils nous auraient déguisé en poupée de bord et défenestrer allégrement les parigots haute époque, là rien, presque pas de protestations quand ils voyaient débarquer la section de nez rouges, quelques meuglements et c’était tout, après on les manoeuvrait comme un troupeau de broutards reniflant le pavé, apeuré et bientôt affolé.
Finalement le boulot me plaisait bien, flic ça a quand même des avantages, c’est comme jeune de banlieue, on prend son pied en voyant la trouille dans les yeux de l’usager et puis il y avait le côté transcendantal, croisé de l’empreinte carbone, nouveau saint Graal .
C’est dans cet état tout proche de l’illumination, que deux mois après je me suis retrouvé avec quelques collègues clowns devant le Fouquet’s où « subséquemment nous avait été signalé un attroupement à caractère fortement fumigène et sonore ».
On a débarqué là-dedans avec nos grands pieds plats, nos nez rouges et nos carnets à souche:
-Alors les p’tits n’enfants on fait du bruit et de la fumée qui fait tousser c’est pas bien du tout ça!
Mais curieusement personne n’a bougé, et tous ces fumeurs de cigare ont continué de téter leurs puros et de parler à haute voix sans même faire attention à nous.
-Y vont rentrer faire dodo les peutits néléfants maintenant ou bien sinon qu’on va se fâcher trés trés fort!
On a insisté mais rien, on se préparait à se mettre en configuration répressive quand une voix que je connaissais bien a retenti du fin fond de la mêlée mondaine:
-Tiens Eric mais qu’est-ce que tu fais déguisé comme ça ?
C’était mon ancien chef, mon président.
-Ben tu vois je….je gagne ma vie… c’est tout ce qu’ils m’ont trouvé à pôle Emploi : clown d’ambiance…
Ils se sont tous tournés vers moi à ce moment et putain qu’est-ce que j’ai eu honte, je les connaissais tous du temps d’avant quand j’étais minisse.
Lui m’a contemplé longuement avec un sourire vicieux avant de me lâcher sa fumée de cigare dans la gueule:
-Tu sais que ça te va pas mal au fond ! Tiens je penserais à toi, depuis que Boorloo est parti on manque de clowns au gouvernement il y a bien Juppé mais il a plutôt un emploi de clown blanc… de clown blanc qui fout le schwartz ! Eh bien tu vois, mon petit Éric, je suis content que tu aies trouvé ta voie et un peu grâce à moi… si, si, reconnais-le si je t’avais pas complètement laisser tomber, qui aurait pu deviner que sous l’alsaco psycho-rigide l’auguste sommeillait. Écoute je vais m’occuper de toi, soit je te fais entrer chez Bouglione soit tu reviens au gouvernement, tu me diras que c’est un peu la même chose… ouais ouais pour la saison 4, ou plutôt non pour ma nouvelle présidence, tu vas voir ce que ça va être munificent poï poï, ça sera Disneyland tous les jours, et chaque semaine on votera en praîme taïme pour savoir qui doit quitter le gouvernement.
Il m’avait pris par l’épaule :
-T’a du en chier non, ça devrait plaire à TF1 et à Paris-Match, je vais te mettre au grand ministère que je veux faire des grands blessés de la vie, je te filerai comme secrétaire d’état des pipoles cassés genre Manaudou, Jean-Luc Lahaye, ou Danielle Gilbert…
-Ministre des has been c’est ça ?
-Ben quoi faut utiliser les compétences et puis c’est toujours mieux que clown d’ambiance pousseur de mégots non ?
C’était vrai, j’étais content, j’avais trouvé un nouvel emploi, au fond quand on cherche un boulot les relations c’est quand même ça le plus important, merci Pipôle Emploi.
Posté dans Journal de la France de pendant par François F. soumis, Feuilletons | Imprimer | Aucun commentaire »
2.1.2011 par admin.
Sextoys:
Laure a essayé
SarkotepineTM un petit bonhomme ridicule avec un gros sexe et qui bouge tout le temps
Au début c’est tout mou et tout mignon tu te l’introduis dans la chatte, c’est lubrifié ça rentre tout seul avec un bruit assez doux et puis à mesure qu’il accélère tout seul tu sais pas ce qui t’arrive, en plus il se met à braire des conneries : « Dehors sâles roms !Dehors sâles roms ! », et là tu te rends compte que tu l’as déjà dans le cul et tu sais pas comment il est arrivé là, ça déchire, ça fait mal, heureusement à force de s’agiter il a les plombs qui pétent ou c’est le court-jus intégral et il se met à fondre et alors tu peux le jeter parce qu’en plus il fout des allergies graves. A oublier donc.
Littérature pétassophone du mois :
On a lu pour vous :
Mal baisée par omission Édition des Femmes. 69 Teuros. L’autobiographie de Marianne Ny procureuse suédoise qu’on cause à la tévé :
Mariée très jeune à un éjaculateur précoce qu’elle inculpe au lendemain de leur nuit de noces pour éjaculation non sollicitée sur rideaux non consentants, dans le même temps où elle exerce dans la magistrature à Upsalla(pe!) elle entre à la C.I.A et là elle nous décrit avec humour et émotion un milieu assez machiste où elle réussit malgré tout à se faire son trou (les autres n’en voulant pas !), elle y côtoie notre futur ex-président qui est en stage permanent parce qu’il ne réussit pas à obtenir ses diplômes et certifications US.Kollab, elle finira d’ailleurs avec de bien meilleures notes que lui et deviendra son supérieur hiérarchique en zone West-Europa (Division Glandularious Sluts and Small Klebs). Très amie de Éva Joly juge d’instruction norvégienne (comme l’omelette mais avec elle il y a pas d’attente on est tout de suite en garde à vue) elle passent leurs vacances ensemble à s’inculper l’une l’autre ce qui nous donne l’occasion de pages pleines de fraîcheur où les deux femmes se roulent dans des champs de bit… de concombres au bord de la mer baltique.
Elle passe son doctorat de tas où elle développe la thèse selon laquelle les sexes doivent se rencontrer le moins souvent possible car leur fréquentation est toujours source de frictions, elle prône l’apartheid sexuel et la non sollicitation réciproque. Non sollicitée elle se remarie avec la machine à café de l’étage où elle travaille à Bruxelles au sein de la commission, elle y est en charge du problème de la mal-baisance, dans lequel elle a acquis une solide réputation avant de rejoindre le parquet de Stockholm où elle expérimente des idées rafraîchissantes et des concepts novateurs tels que l’intromission avec préavis ou le mandat de baise en trois exemplaires avec dépôt préalable au Greffe.
Extrait :
Un monde de rêve
-Humph ! Humph !
-Mais vas-y rentre-là elle va attraper froid qu’est-ce que tu attends !
-D’ac… d’accord mais tu veux bien me signer un papier.
-Aaaoooh Aaaooh ! Comment ça un papier ?… vas-y mets-la moi toute Chérie!
-Eh ben oooaaah comme quoi tu m’autooooooaa… rises à te la mettre au fond tu comprends j’ai pas envie de finir en taule…. ah si le chien pouvait aussi me signer une décharge, tout à l’heure en rentrant je l’ai caressé sur la truffe et peut-être il était pas consentant, il a pas bougé la queue !
-Une décharge ?… décharge! Ooooh ouais vas-y décharge !
-Mon papier d’abord.
Destination de rêve pour le nouvel an !
Béthune-Maubeuge en TGV (Train à Grande Vitesse)
Vivez une aventure merveilleuse ! Quinze jours enfermés dans un TGV crade et mal entretenu avec des contrôleurs et des techniciens syndiqués, multiples arrêts en rase campagne, panne de chauffage et de caténaires incluses, chiottes condamnés, venez uriner au grand air au milieu des congères, vous découvrirez en même temps la vie exaltante de ces hommes et ces femmes qui comme les policiers se dévouent pour la communauté 23 heures 50 par semaine (on passe pas derrière le guichet !) avec pour seul but nous faire chier. Réveillon aux chandelles (prières d’apporter ses bougies) chauffage éteint.
Et le soir du 31Décembre ne ratez pas la grande attraction: le conducteur qui se débine pour aller réveillonner en famille !
Les bonnes recettes de Julie L’anorexique
La choucroute dégarnie
Vous prenez une belle choucroute royale, vous enlevez les Strasbourg que vous mettez au compost, puis le jambonneau au compost itou, même chose pour les saucisses fumées et les tranches de lard, le jambon et toute la garniture vous gardez cinq grammes de chou par personne que vous passez sous l’eau chaude pour enlever les dernières traces de graisse et de pinard (quelle horreur ! Je vais vomir !) Voilà c’est prés vous pouvez servir… les enfants ! Les enfants c’est prêt… mais… mais qu’est-ce que vous faîtes tous autour du tas de compost !
Le courrier des lecteuses :
Linda nous écrit:
Chère Marie Kheune, mon ami est écologiste et il ne veut plus que je péte au lit et depuis quelque temps je trouve qu’il s’occupe beaucoup de l’empreinte carbone de ma meilleure amie. Dois-je rompre ? J’ai peur à mon âge (39 ans et demi (j’ai de bons freins !)) de me retrouver seule à péter au lit les soirs d’hiver.
La réponse de Marcel H. (intérim)
Tu dois rompre, un mec…. hips… qui aime pas qu’on pète-z-aulit c’est pas-t-un homme… c’est hune tarlouze… burp ! éh quoi ton phone… hips… ‘tite salope ? ‘huis mettrais bien une ‘tite cartouche moi à la ‘tite Linda malgré que la photo elle date de sa première communion !
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